Une polémique pour pas grand chose, selon la mairie de Saint-Médard de Guizières

crédit photos: le Huffpost. Saint-Médard-de Guizières, en Gironde.

Jeudi dernier, à Saint- Médard de Guizière (33), un enfant de 7 ans, Wilan Raymond, a été privé de cantine et ramené chez lui par un policier municipal. Cette nouvelle choque. Un enfant paie pour les impayés de sa maman, la méthode de la maire, Mireille Conte-Jaubert a suscité l’indignation de nombreux internautes et medias.

Chirley, la maman de l’enfant n’a pas payé la cantine , selon elle depuis janvier 2020. Pour la mairie c’est 400 repas non honorés. Mais la jeune femme est sans travail. C’est une surprise lorsqu’elle voit son fils arriver chez elle, accompagné par un agent de police municipale.

Une semaine après les faits, la mairie se défend malgré la critique générale.

« Une polémique pour pas grand chose »

crédit: bftmtv. La maire de Saint-Médard de Guizière,MireilleConte-Jaubert défendant sa procédure avec force.

« On fait une polémique pour pas grand chose. Pour comprendre qui est la maman, regardez l’émission de Hanouna », explique une personne de la mairie de Saint-Médardsur Guiziere. Elle ne déclinera à aucun moment son identité. Ce qui est clair pour cette femme, pas très prompt à répondre aux questions, la Maire, Mireille Conte-Jaubert, a bien agi. « Nous avons relancé par plusieurs courriers, et nous avions prévenu que nous allons faire cela, mais nous n’avons pas eu de réponse », continue l’employée de la muncipalité girondine.

« Le téléphone sonne, il y a des gens qui attendent « , s’empresse de conclure l’agent d’accueil. L’interlocutrice, raccroche peu sèchement. Ce qui surprend c’est qu’à aucun moment, le traumatisme de l’enfant n’est pris en compte. Seuls éléments toujours argués: les 900 euros de frais de cantine et les non réponses de Chirley. « Le policier connaissait l’enfant, on a fait les choses correctement », se défend encore l’employée de la commune avant de mettre fin brutalement à l’entretien. La mère confirme la bienveillance de l’agent de police dans l’émission de Cyril Hanouna (TPMP) sur C-8. Toutefois, elle précise que celui-ci était gêné quand il ramène l’enfant chez elle.

« C’est un gentil garçon »

C’est la policemunicipale qui va raccompagner le jeune garçon à cause des impayés de cantine de la mère.

« C’est un gentil garçon », d’après le policier. C’est surtout un enfant de 7 ans, aujourd’hui traumatisé, selon la maman, Chirley. Contrariée, madame Conte-Jaunert s’enflamme sur le plateau d’Apolline de Malherbe:  » Si vous avez des solutions, alors donnez les moi ». Sans remettre en cause la difficulté à gérer une situation d’impayés pour une municipalité, il est intéressant de noter que les mesures sociales d’accompagnement n’ont pas été préconisées.

Il y a à ce jour deux versions qui s’affrontent: une maman qui dit avoir tout fait mais qui s’est laissée débordée par les dettes et celle de madame le Maire, qui défend une actions faite car la maman aurait au contraire pas donner suite aux avertissements et relances. Toutefois,ce qui aurait dû importer dans cette affaire, c’est le bien de l’enfant. Comment peut-on humilier un enfant pour contraindre une maman?

 » L’intérêt de l’enfant doit primer en toute circonstances »

Claire Hédon, actuelle Défenseure des Droits, s »est saisie de la procédure à l’encontre de la

Sur le plateur de TPMP, la jeune maman désarçonne quelque peu notre conscience: elle a un premier fils qu’elle a placé en collège privé alors qu’elle est sans emploi. Ce que l’on retient des propose de Chirley cest que  » l’enfant était très mal ». Ses copains lu auraient dit « en prison, en prison » toujours d’après les propos de la jeune maman.

Cette femme, peut- être dépassée par les dettes accumulées en 20 mois, ne paraît pas ête une mauvaise mère, et elle fait partie des millions de Français, pauvres qui ne parviennent pas toujours à s’en sortir.De toute évidence, ce n’est pas la police municipale qui aurait dû intervenir, selon un certain nombre d’internautes. Envoyer une assistante sociale à domicile n’aurait-il pas été une meilleure solution? La question est posée, à l’heure où la France s’emballe dans le tout répressif. Pour mémoire, le mouvement des Gilets Jaunes ou des personnels soignants, en juin 2020 contestant la politique du gouvernement se sont trouvés éborgnés à l’instar de Manu ou de l’infirmière traînée par les cheveux, Farida.

Claire Hédon, défenseure des Droits s’est saisie du sujet. Et sur le plateau de France Bleue, elle rappelle ceci  » l’intérêt de l’enfant doit primer en toutes circonstances, en aucun cas il ne doit être en otage, humilié, stigmatisé,ça fait partie de la Convention internationale des droits de l’nefant. La France l’a ratifiée et elle doit la repecter ». Et si la maire dit avoir fait lechoix de la solution la moins radicale, pourquoi alors n’a-t-elle pas fait appel aux services sociaux?

La Bonne épouse

Affiche du film la Bonne épouse.

Il existait encore en 1967 , des écoles d aides ménagères, des écoles privées pour préparer les femmes à être de bonnes épouses. Paulette Van der Beck est directrice de l’une d’entre elles. Elle ne s’était jamais posée la question de sa condition d’épouse jusqu’à la mort de son mari. Le retour d’ un amour de jeunesse, les événements de mai 1968 et le désarroi d’une de ses élèves vont bouleverser son quotidien et remettre en cause sa vision de la femme et son mode d’existence. Martin Provost, nous montre à travers ce film doux-amer, une situation 1968, où l’humour et le drame s’entre-mêlent esprit de libeté, l’humour et le drame. Ce film a reçu un césar et quatre nominations.

Le réalisateur Martin Provost s’et inspiré de témoignages et de nombreux documents dépoque pour réaliser ce film bouleversant. Dans la perspective d’une révolution prête à éclore, celle de 1968, le film nous plonge dans l’univers de jeunes filles qu’on force à entrer dans ces écoles. Filles de bonnes filles ou de milieu modestes, les élèves de Paulette aspirent à une autre vie, à plus de liberté, à bousculer les codes et les moeurs. C’est en Alsace que le réalisateur nous amène à rire mais aussi à cogiter sur la situation de ces jeunes femmes qui parviendront à se libérer du carcan traditionnaliste.

Paulette (Juliette Binoche) est une femme mariée et dirige fermement une école réputée d’ aides ménagères. Elle est secondée par sœur Marie- Thérèse(Noémie Lvovsky), ex- résistante et sa belle- soeur Gilberte, fan d’ Adamo. Elle entend de très loin l’esprit révolutionnaire de 1968 et vit paisiblement sa vie de directrice d’école formant des épouses chargées des tâches ménagères pour leur époux. Juliette Binoche campe à merveille cette femme qui ne se pose pas encore beaucoup de questions. Yolande Moreau excelle en belle- sœur fantasque et maternante envers son frère interprété par François Berléand. Ce dernier ne manque pas de charme non plus en mari assez porté sur le sexe et visiblement insatisfait au point de détenir secrètement des revues « légères ». Mais ce qu’il faut retenir, c’est surtout qu’il est un mari machiste

« Mains occupées, mauvaises pensées chassées »

(Paulette)

Enfin Noémie Lvovsky très impressionnante en bonne sœur sévère, décalée en termes d’éducation vis à vis de jeunes filles éprises de liberté. Ainsi, tout semblait aller pour le mieux du monde pour tout ce monde. A tout bon film social, il faut un drame. Et ce drame, cest la mort de Robert ( François Berléand). Paulette va découvrir que de dernier était un bien mauvais gestionnaire, et aussi elle va vite se trouver dans des dettes compliquées à résoudre seules, quand on est une femme dans un monde d’hommes. A ce moment- là , la femme de Robert, devient femme à part entière, va vivre une histoire avec son banquier et amour de jeunesse, André Grunvald ( Edouard Baer). Son mode s’écroule et peu à peu elle se laisse gagner par l’esprit révolutionnaire. Mais elle se laisse aller surtout, à l’envie d’être une femme à part entière qui n’appartient pas à un homme, qui fait ses choix. C’est un chemin long mais qu’elle fera jusqu’à pouvoir avoir son propre carnet de chèque, à pouvoir aimer qui elle veut. Elle doit pour cela accepter qu’elle n’est n’appartient pas à son défunt mari, qu’elle a le droit de vivre pour elle-même.

« La liberté appartient à ceux qui l’ont conquise »

(André Grunvald)

Dans ce film , il n’a y a pas que Juliette Binoche, Yolande Moreau, Noemie Lvovsky, Edouard Bear. Mais de jeunes actrices hors du commun, au jeu impeccable qui n’ont rien à envier à leur aînés.Marie Zabukovec, Lily Taieb, Anamaria Vortolomei et Pauline Briand sont à couper le souffle dans un jeu intense, léger sachant allier humour, drame et passion . Des pensionnaires qui s’interrogent toutes les quatre sur leur avenir et ne voulant pas en vérité de la société ne laissant aucune place aux femmes si ce n’est le ménage et le repassage ou satisfaire le bon vouloir de l’époux. Surtout l’époux campé par François Berléand, machiste vivant aux crochets de sa femmes, incapable de gérer les comptes. Des filles pourtant différentes comme la bourgeoise chez les désargentées, la fille mal aimée car n’étant pas son frère, la rousse discriminée car rousse, ou encore la fille qui veut avoir ses premiers émois sexuels vont dominer ce film qui sait jouer sur les décalages et le mélange des genres.

Elles veulent être également devenir libres, femmes comme elles le désirent, sans contraintes patriarcales. . Certaines déjà rebelles, d’autres vont le devenir . Deux jeunes filles vont apprendre à s’aimer entre elles, ce qui est l’expression d’un début de libération des moeurs.On notera , également, la formidable interprétation dramatique de Lily Taieb( Ziegler) qui fera basculer Juliette Binoche ( Paulette) dans la rupture totale avec son schéma de pensée traditionnelle. Les injonctions vont pousser Ziegler (Lily Taieb) à tenter le suicide, ce qui fait entrer le film dans une séquence tragique alors qu’une émission de télébision est réalisée sur l’école de Paulette. Montrer que l’on dirige et forme bien les jeunes filles était l’obession de la direction mais le drame va changer quelque peu les priorités. La vie des élèves va passer avant les conventions.

Le chemin de l’émancipation

« Vous faites de nous des boniches, comme vous, je veux vivre moi,je veux être libre »

(Annie Fuchs)

Ruinée , au travers de son ancien amour banquier, Paulette va apprendres’émanciper de la tutelle de la société. C’est toutefois qu’après la tentative de la plus vulnérable de ses élèves, qu’elle va vraiment assumer sa transformation. Le banquier aussi évolue sous la passion qu’il éprouve pour sa bien-aimée, puisqu’il se transforme en Roméo, en revivant même la scène du balcon avec beaucoup d’humour. Les sorties aux allures de « fruits défendus », donnent des airs printaniers à ce film au message sérieux . Le changement c’est maintenant pour l’ensemble des personnages qui évoluent tous dans la lutte contre l’adversité. Jusqu’à Gilberte qui finit par s’émanciper de l’adoration qu’elle avait pour son frère, le macho, représentant le monde « ancien ». Sa mort, bien que tragique n’en demeure pas moins drôle: un os de poulet a eu raison de lui, lui représentant pourtant la force de cette osciété en déclin: le mâle, blanc servie par les femmes.

La réalisation est intelligente car elle sait vraiment s’adapter au spectateur qui peut à la fois être dans une humeur printanière et dans un émoi face à la triste condition des femmes avant ce mois de mai 1968, qui arrive. Puis, vient la comédie musicale .Celle-ci vient peut-être trop tardivement. Elle surprend, car elle vient casser le rythme de l’histoire initiale. Elle serait même un brin caricaturale, et pourrait donner à ce film un caractère « bouffe ». Et pourtant, elle vient aussi redonner de la fraicheur à une ambiance progressivement pesante après la tentative de suicide d’une pensionnaire. Elle marque aussi, que la lutte des femmes peut être joyeuse, tout en étant sérieuse. Il faut décerner un satisfecit au film la « Bonne épouse » tant pour la réalisation que pour l’originalité de traiter la lutte pour les droits des femmes, . Ce film certes humoristique à travers Yolande Moreau et Noemie Lvovsky, tendre à travers Juliette Binoche et Edouard Baer, politique à travers le quatuor déjà énoncé predecemment. D’ailleurs cest même les quatre jeunes filles qui portent le film vers sa perfection. Ces actrices sont exceptionnelles, et il est dommage qu’elles n’aient pas reçu les césars pour lesquelles elles ont été nominées.

« En avant femmes unissez-vous » , voilà comment aurait pu aussi s’appeler le film. Mais la route reste longue encore en 1967 et ce film rappelle que tout n’est pas encore en 2021 si différent que cela. Pour rappel à notre mémoire, le salaire et ce malgré la loi, n’est pas encore égale entre les femmes et les hommes, les femmes sont plus victimes de précarité et de pauvreté que les hommes, que 84% des violences dans un couple sont des hommes et en 2019, 146 femmes sont mortes sous les coups de leurs partenaires ou ex-compagnons.

Pour continuer sur le sujet des droits des femmes:

https://www.vie-publique.fr/eclairage/19590-chronologie-des-droits-des-femmes

Matzneff: une affaire de pédophilie « ordinaire ».

Nos confrères du Parisien ont pu joindre ce dimanche 29 septembre, l’auteur Gabriel Metzneff. Alors qu’il a pourtant publiquement tenu des propos pédophiles condamnables, ce dernier a répondu et évoque « des attaques injustes et excessives ».

Vanessa Springora, avait 14 ans , quand le prédateur sexuel auréolé de titre d’écrivain intouchable, a abusé d’elle. Oui nous disons bien abusé d’elle et non séduite comme le font certains nos confrères. Elle n’avait que 14 ans, elle était seule, c’était lors d’un diner parisien, au début des années 80. L’écriivain pédophile fait d’elle son « amoureuse » alors que lui, a déjà la cinquantaine. Pour Bernard Pivot qui a pris hier la parole sur l’affaire « il s’agissait d’une autre époque ».

Des propos douteux

Ces propos ne convainquent pas tout le monde, et notamment pas la toile des réseaux sociaux. Si le Ministre de la Culture Franck Riester a condamné aujourd’hui les moeurs de l’homme accusé, et défend les victimes de ce genre d’individus, pour autant des internautes sont indignés par le fait qu’on découvre ou feint de découvrir ce qui était dans les années 70- 80 assez banal. On ressent une certaine hypocrisie et on demande « justice ».

Le soutien d’un milieu littéraire parisien

On applaudit aussi Vanessa Springora, qui a à travers son livre « Consentement », dénonce l’homme qui ne s’était jamais caché de son appétences pour les mineurs de moins de seize ans, filles et garçons. Dans son livre, elle insiste sur les appuis que l’homme dans le milieu de la littérature parisienne avait. On se souviendra qu’il avait répondu en 1990 à Bernard Pivot, où toute le monde s’était amusé ,et avait été fasciné par les propos du prédateur sexuel hormis, une autre faute courageuse, Denise Bombardier, écrivaine québécoise.

Une pédophilie banalisée

L’homme expliquait une chose perçue sur le plateau comme normal, « une filles de 15 ans ou très jeune est plus gentille » en parlant bien entendu de relation amoureuse. En 1974, Gabriel Metzneff publiait « Les moins de seize ans » ou « Mes amours décomposés » en 1990. Des éditeurs acceptaient de vendre des œuvres ou l’auteur parlait de plaisir avec des enfants de moins de quinze ans.

Une pédophilie enfin dénoncée

Après les révélations d’Adèle Hanenel, une actrice, qui a mis en cause le réalisateur Christophe Ruggia et avant Flavie Flament qui leva le voile sur le photographe David Hamilton, la pédophilie semble enfin ne plus être une chose normale. Les élites, les intouchables , vont devoir rendre des comptes, du moins c’est ce qu’on aimerait . En effet, en France les actes s’étant produit il y a plus de trente ans ne sont plus condamnables par la loi. Mais les réseaux sociaux s’activent et la toute puissance de ces hommes de pouvoirs, s’effondre et on peut s’en réjouir.

Une femme qui peut faire la différence.

Vanessa Springora écrit selon nos confrères de la Dépêche « Depuis tant d’années , mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente comme une évidence: prendre le chasseur à son propre piège, l’enfer dans un livre ». Dans un monde de libertés sexuelles débridées, son livre à paraître (le 2 janvier) fait l’effet d’une bombe dans le microcosme parisien qui s’emballe à l’heure où l’on écrit et les autres victimes de ce prédateur se passant « tout-puissant » vont se manifester . Si son âge et nos lois ne lui permettront pas de passer sa vie en prison, une chose est désormais sûre sa notoriété elle en a pris un coup.

Pour autant comme le dit Denise Bombardier, qui avait aussi dénoncé trente ans plus tôt cet homme en parlant de » petites filles de 14 ou 15 ans qui ont été non seulement séduites mais qui ont aussi subi un abus de pouvoir », les victimes de cet homme sont flétries à vie.

La loi SCHIAPPA est elle amenée à évoluer vers une loi complète anti-pédophilie? Parler de consentement n’est-il pas déjà cautionner la pédophilie dans une certaine mesure? Ces jeunes filles mais et aussi jeunes garçons abusés par ces personnages influents sont-ils consentants ? Il demeure particulier même d’utiliser l’expression de séduction quand il s’agit ni plus ni moins d’abus sexuels sur mineurs de moins de 15 ans.