Affaire Zecici ou l’affaire d’une rafle clermontoise.

C’est le 8 février 2022, à 6h que la police aux frontières vient frapper à la porte de madame Recibe Zecici. Il fait tôt dans notre capitale auvergnate, trop tôt pour se mobiliser.

Belgrade.

Ce n’est malheureusement pas une visite de contrôle. Le service de l’immigration de la préfecture appuyée par une décision du juge des libertés vient expulser cette dame, serbe et rom avec ses deux enfants de 6 et 15 ans. Ces enfants sont scolarisés dans des établissements de Clermont-Ferrand.

Certes, elle était logée en hôtel et habitait avec son mari. Elle n’ a peut-être pas été toujours précise dans ses déclarations. En même temps, elle est étrangère et être écoutée par les autorités ce n’est pas évident.Mais visiblement vouloir stabiliser sa vie dans un pays autre que le sien serait grave. Avoir des enfants bien intégrés, qui ne parlent plus leur langue natal, ce n’est pas suffisant, selon la juge du Tribunal Administratif.

« On criminalise les étrangers »

« Je suis choqué », explique Nica , son mari depuis deux ans. J’ai des enfants et ils s’entendent bien avec ceux de ma femme ». Il poursuit: « quand ils l’ont embarqué je pensais que cela s’arrangerait car je suis en France depuis douze ans. Je suis ressortissant de l’Union européenne ». Mais il n’en est rien.

Ça scandalise Jean, militant aguerri du RESF63.  » On criminalise les étrangers. Aucune charge d’actes répréhensibles n’est retenue contre elle, elle est exclue car Rom. C’est également l’avis de son mari son époux. Et il explique  » c’est parce qu’elle est rom et serbe qu’elle a du fuir la Serbie ». Doit-on rappeler que cette population est chassée, frappée, humiliée à Belgrade, dont les autorités sont minées par le racisme et la discrimination ethnique?

C’est pourtant bien là que la France veut la renvoyer. « La Serbie est gangrainée de néo-nazie », rajoute le militant , fatigué et fracassé par cette expulsion qu’il juge brutale moralement. De plus , comme il précise également: « A Belgrade, pour pouvoir être hébergé, il faut une attestation des autorités locales: mairie, police ». Autant dire qu’après avoir passé quelques jours à l’hôtel avec l’argent que l’État octroie aux personnes expulsées, elle se retrouvera avec ses enfants à la rue avec la confirmation des craintes évoquées par son mari et le militant ses droits humains. *

« C’est une rafle »

« Cest une rafle », affirme le membre de RESF. Ca rappelle de tristes souvenirs » ajoute-t-il. Cette femme avait reçu une OQTF , en novembre dernier mais elle avait fait appel en Cour d’appel de Lyon. Cest un délit de justice et visiblement une volonté claire d’éloigner Mme Zeciri et ses enfants du territoire. D’ailleurs, en plus de l’ OQTF, elle avait également reçu une Interdiction de retourner en France durant 18 mois.

Cette expulsion est assez exceptionnelle par sa brutalité ( réveil dune mère et de ses enfants, mariée à un Europeen qui travaille) , envoi au commissariat sans possibilité d’avoir un avocat, assez vite expédiée sur un tarmac, a l’aéroport d’ Aulnat. Certainement par crainte la mère et ses enfants n’ont opposé aucune résistance.

« Ce genre de procédure est employée en général pour les bandits », s’indigne le militant qui sen veut de s’être réveillé trop tard, cloué par la grippe. Madame Zecici avait tenté de l’appeler se désole l’homme qui milite depuis longtemps au Reseau. Mais qu’est-ce ce que cela aurait changé ?

« Digne du régime de Vichy« 

Cette expulsion inquiète les personnes engagées pour la défense des droits des étrangers mais aussi des parents .

En effet même si la police continue a-t-il, n’utilise pas la violence physique lors dune première interpellation, elle sait utiliser des arguments pour convaincre, et c’est ainsi que la dame de 36 ans malgré la procédure contestable, s’est retrouvé dans l’avion à 11h10. Expéditive et « digne du régime de Vichy »,selon le combattant pour le maintien des droits des exilés.

Vers une mobilisation ?

Pour rappel, Recibe et ses enfants étaient installés depuis 2017, et la famille a bien appris le français. De plus les enfants sont de bons élèves. Une des professeurs de Ljeonite le fils aîné,qui a pu être prévenue malgré la période de vacances, est bouleversée par cette triste nouvelle. Des parents sont également affectés.

Une maman dont l’enfant est dans la classe de l’aîné des enfants de la jeune femme raflée évoque sa colère et s’interroge sur une potentielle mobilisation.

Cela serait enfin une bonne nouvelle dans ce ciel assombri pour les étrangers qui veulent seulement quitter un pays en guerre, ou un pays qui ne respecte pas le droit des minorités. Ce droit fondamental de quitter son lieu afin de garantir une vie nouvelle à sa famille est bafoué par des politiques, des juges, des personnes détentrices dune autorité qui applique froidement des ordres.

Une lettre sera adressée au Préfet.

« Une lettre sera adressée au Préfet pour exposer cette situation inacceptable », termine Jean. Et peut-être au travers l’indignation de parents concernés un réveil des consciences sur la triste condition des exilés dans notre pays et plus précisément à Clermont-Ferrand se fera?

Pour continuer sur le sujet:*

Pas d’amélioration dans l’intégration des Roms en Europe

https://www.undp.org/fr/blog/un-retour-doux-amer-pour-les-roms-vulnerables-dans-les-balkans-occidentaux

https://www.ohchr.org/fr/press-releases/2022/02/experts-committee-economic-social-and-cultural-rights-commend-serbia-its

Une polémique pour pas grand chose, selon la mairie de Saint-Médard de Guizières

crédit photos: le Huffpost. Saint-Médard-de Guizières, en Gironde.

Jeudi dernier, à Saint- Médard de Guizière (33), un enfant de 7 ans, Wilan Raymond, a été privé de cantine et ramené chez lui par un policier municipal. Cette nouvelle choque. Un enfant paie pour les impayés de sa maman, la méthode de la maire, Mireille Conte-Jaubert a suscité l’indignation de nombreux internautes et medias.

Chirley, la maman de l’enfant n’a pas payé la cantine , selon elle depuis janvier 2020. Pour la mairie c’est 400 repas non honorés. Mais la jeune femme est sans travail. C’est une surprise lorsqu’elle voit son fils arriver chez elle, accompagné par un agent de police municipale.

Une semaine après les faits, la mairie se défend malgré la critique générale.

« Une polémique pour pas grand chose »

crédit: bftmtv. La maire de Saint-Médard de Guizière,MireilleConte-Jaubert défendant sa procédure avec force.

« On fait une polémique pour pas grand chose. Pour comprendre qui est la maman, regardez l’émission de Hanouna », explique une personne de la mairie de Saint-Médardsur Guiziere. Elle ne déclinera à aucun moment son identité. Ce qui est clair pour cette femme, pas très prompt à répondre aux questions, la Maire, Mireille Conte-Jaubert, a bien agi. « Nous avons relancé par plusieurs courriers, et nous avions prévenu que nous allons faire cela, mais nous n’avons pas eu de réponse », continue l’employée de la muncipalité girondine.

« Le téléphone sonne, il y a des gens qui attendent « , s’empresse de conclure l’agent d’accueil. L’interlocutrice, raccroche peu sèchement. Ce qui surprend c’est qu’à aucun moment, le traumatisme de l’enfant n’est pris en compte. Seuls éléments toujours argués: les 900 euros de frais de cantine et les non réponses de Chirley. « Le policier connaissait l’enfant, on a fait les choses correctement », se défend encore l’employée de la commune avant de mettre fin brutalement à l’entretien. La mère confirme la bienveillance de l’agent de police dans l’émission de Cyril Hanouna (TPMP) sur C-8. Toutefois, elle précise que celui-ci était gêné quand il ramène l’enfant chez elle.

« C’est un gentil garçon »

C’est la policemunicipale qui va raccompagner le jeune garçon à cause des impayés de cantine de la mère.

« C’est un gentil garçon », d’après le policier. C’est surtout un enfant de 7 ans, aujourd’hui traumatisé, selon la maman, Chirley. Contrariée, madame Conte-Jaunert s’enflamme sur le plateau d’Apolline de Malherbe:  » Si vous avez des solutions, alors donnez les moi ». Sans remettre en cause la difficulté à gérer une situation d’impayés pour une municipalité, il est intéressant de noter que les mesures sociales d’accompagnement n’ont pas été préconisées.

Il y a à ce jour deux versions qui s’affrontent: une maman qui dit avoir tout fait mais qui s’est laissée débordée par les dettes et celle de madame le Maire, qui défend une actions faite car la maman aurait au contraire pas donner suite aux avertissements et relances. Toutefois,ce qui aurait dû importer dans cette affaire, c’est le bien de l’enfant. Comment peut-on humilier un enfant pour contraindre une maman?

 » L’intérêt de l’enfant doit primer en toute circonstances »

Claire Hédon, actuelle Défenseure des Droits, s »est saisie de la procédure à l’encontre de la

Sur le plateur de TPMP, la jeune maman désarçonne quelque peu notre conscience: elle a un premier fils qu’elle a placé en collège privé alors qu’elle est sans emploi. Ce que l’on retient des propose de Chirley cest que  » l’enfant était très mal ». Ses copains lu auraient dit « en prison, en prison » toujours d’après les propos de la jeune maman.

Cette femme, peut- être dépassée par les dettes accumulées en 20 mois, ne paraît pas ête une mauvaise mère, et elle fait partie des millions de Français, pauvres qui ne parviennent pas toujours à s’en sortir.De toute évidence, ce n’est pas la police municipale qui aurait dû intervenir, selon un certain nombre d’internautes. Envoyer une assistante sociale à domicile n’aurait-il pas été une meilleure solution? La question est posée, à l’heure où la France s’emballe dans le tout répressif. Pour mémoire, le mouvement des Gilets Jaunes ou des personnels soignants, en juin 2020 contestant la politique du gouvernement se sont trouvés éborgnés à l’instar de Manu ou de l’infirmière traînée par les cheveux, Farida.

Claire Hédon, défenseure des Droits s’est saisie du sujet. Et sur le plateau de France Bleue, elle rappelle ceci  » l’intérêt de l’enfant doit primer en toutes circonstances, en aucun cas il ne doit être en otage, humilié, stigmatisé,ça fait partie de la Convention internationale des droits de l’nefant. La France l’a ratifiée et elle doit la repecter ». Et si la maire dit avoir fait lechoix de la solution la moins radicale, pourquoi alors n’a-t-elle pas fait appel aux services sociaux?

La Bonne épouse

Affiche du film la Bonne épouse.

Il existait encore en 1967 , des écoles d aides ménagères, des écoles privées pour préparer les femmes à être de bonnes épouses. Paulette Van der Beck est directrice de l’une d’entre elles. Elle ne s’était jamais posée la question de sa condition d’épouse jusqu’à la mort de son mari. Le retour d’ un amour de jeunesse, les événements de mai 1968 et le désarroi d’une de ses élèves vont bouleverser son quotidien et remettre en cause sa vision de la femme et son mode d’existence. Martin Provost, nous montre à travers ce film doux-amer, une situation 1968, où l’humour et le drame s’entre-mêlent esprit de libeté, l’humour et le drame. Ce film a reçu un césar et quatre nominations.

Le réalisateur Martin Provost s’et inspiré de témoignages et de nombreux documents dépoque pour réaliser ce film bouleversant. Dans la perspective d’une révolution prête à éclore, celle de 1968, le film nous plonge dans l’univers de jeunes filles qu’on force à entrer dans ces écoles. Filles de bonnes filles ou de milieu modestes, les élèves de Paulette aspirent à une autre vie, à plus de liberté, à bousculer les codes et les moeurs. C’est en Alsace que le réalisateur nous amène à rire mais aussi à cogiter sur la situation de ces jeunes femmes qui parviendront à se libérer du carcan traditionnaliste.

Paulette (Juliette Binoche) est une femme mariée et dirige fermement une école réputée d’ aides ménagères. Elle est secondée par sœur Marie- Thérèse(Noémie Lvovsky), ex- résistante et sa belle- soeur Gilberte, fan d’ Adamo. Elle entend de très loin l’esprit révolutionnaire de 1968 et vit paisiblement sa vie de directrice d’école formant des épouses chargées des tâches ménagères pour leur époux. Juliette Binoche campe à merveille cette femme qui ne se pose pas encore beaucoup de questions. Yolande Moreau excelle en belle- sœur fantasque et maternante envers son frère interprété par François Berléand. Ce dernier ne manque pas de charme non plus en mari assez porté sur le sexe et visiblement insatisfait au point de détenir secrètement des revues « légères ». Mais ce qu’il faut retenir, c’est surtout qu’il est un mari machiste

« Mains occupées, mauvaises pensées chassées »

(Paulette)

Enfin Noémie Lvovsky très impressionnante en bonne sœur sévère, décalée en termes d’éducation vis à vis de jeunes filles éprises de liberté. Ainsi, tout semblait aller pour le mieux du monde pour tout ce monde. A tout bon film social, il faut un drame. Et ce drame, cest la mort de Robert ( François Berléand). Paulette va découvrir que de dernier était un bien mauvais gestionnaire, et aussi elle va vite se trouver dans des dettes compliquées à résoudre seules, quand on est une femme dans un monde d’hommes. A ce moment- là , la femme de Robert, devient femme à part entière, va vivre une histoire avec son banquier et amour de jeunesse, André Grunvald ( Edouard Baer). Son mode s’écroule et peu à peu elle se laisse gagner par l’esprit révolutionnaire. Mais elle se laisse aller surtout, à l’envie d’être une femme à part entière qui n’appartient pas à un homme, qui fait ses choix. C’est un chemin long mais qu’elle fera jusqu’à pouvoir avoir son propre carnet de chèque, à pouvoir aimer qui elle veut. Elle doit pour cela accepter qu’elle n’est n’appartient pas à son défunt mari, qu’elle a le droit de vivre pour elle-même.

« La liberté appartient à ceux qui l’ont conquise »

(André Grunvald)

Dans ce film , il n’a y a pas que Juliette Binoche, Yolande Moreau, Noemie Lvovsky, Edouard Bear. Mais de jeunes actrices hors du commun, au jeu impeccable qui n’ont rien à envier à leur aînés.Marie Zabukovec, Lily Taieb, Anamaria Vortolomei et Pauline Briand sont à couper le souffle dans un jeu intense, léger sachant allier humour, drame et passion . Des pensionnaires qui s’interrogent toutes les quatre sur leur avenir et ne voulant pas en vérité de la société ne laissant aucune place aux femmes si ce n’est le ménage et le repassage ou satisfaire le bon vouloir de l’époux. Surtout l’époux campé par François Berléand, machiste vivant aux crochets de sa femmes, incapable de gérer les comptes. Des filles pourtant différentes comme la bourgeoise chez les désargentées, la fille mal aimée car n’étant pas son frère, la rousse discriminée car rousse, ou encore la fille qui veut avoir ses premiers émois sexuels vont dominer ce film qui sait jouer sur les décalages et le mélange des genres.

Elles veulent être également devenir libres, femmes comme elles le désirent, sans contraintes patriarcales. . Certaines déjà rebelles, d’autres vont le devenir . Deux jeunes filles vont apprendre à s’aimer entre elles, ce qui est l’expression d’un début de libération des moeurs.On notera , également, la formidable interprétation dramatique de Lily Taieb( Ziegler) qui fera basculer Juliette Binoche ( Paulette) dans la rupture totale avec son schéma de pensée traditionnelle. Les injonctions vont pousser Ziegler (Lily Taieb) à tenter le suicide, ce qui fait entrer le film dans une séquence tragique alors qu’une émission de télébision est réalisée sur l’école de Paulette. Montrer que l’on dirige et forme bien les jeunes filles était l’obession de la direction mais le drame va changer quelque peu les priorités. La vie des élèves va passer avant les conventions.

Le chemin de l’émancipation

« Vous faites de nous des boniches, comme vous, je veux vivre moi,je veux être libre »

(Annie Fuchs)

Ruinée , au travers de son ancien amour banquier, Paulette va apprendres’émanciper de la tutelle de la société. C’est toutefois qu’après la tentative de la plus vulnérable de ses élèves, qu’elle va vraiment assumer sa transformation. Le banquier aussi évolue sous la passion qu’il éprouve pour sa bien-aimée, puisqu’il se transforme en Roméo, en revivant même la scène du balcon avec beaucoup d’humour. Les sorties aux allures de « fruits défendus », donnent des airs printaniers à ce film au message sérieux . Le changement c’est maintenant pour l’ensemble des personnages qui évoluent tous dans la lutte contre l’adversité. Jusqu’à Gilberte qui finit par s’émanciper de l’adoration qu’elle avait pour son frère, le macho, représentant le monde « ancien ». Sa mort, bien que tragique n’en demeure pas moins drôle: un os de poulet a eu raison de lui, lui représentant pourtant la force de cette osciété en déclin: le mâle, blanc servie par les femmes.

La réalisation est intelligente car elle sait vraiment s’adapter au spectateur qui peut à la fois être dans une humeur printanière et dans un émoi face à la triste condition des femmes avant ce mois de mai 1968, qui arrive. Puis, vient la comédie musicale .Celle-ci vient peut-être trop tardivement. Elle surprend, car elle vient casser le rythme de l’histoire initiale. Elle serait même un brin caricaturale, et pourrait donner à ce film un caractère « bouffe ». Et pourtant, elle vient aussi redonner de la fraicheur à une ambiance progressivement pesante après la tentative de suicide d’une pensionnaire. Elle marque aussi, que la lutte des femmes peut être joyeuse, tout en étant sérieuse. Il faut décerner un satisfecit au film la « Bonne épouse » tant pour la réalisation que pour l’originalité de traiter la lutte pour les droits des femmes, . Ce film certes humoristique à travers Yolande Moreau et Noemie Lvovsky, tendre à travers Juliette Binoche et Edouard Baer, politique à travers le quatuor déjà énoncé predecemment. D’ailleurs cest même les quatre jeunes filles qui portent le film vers sa perfection. Ces actrices sont exceptionnelles, et il est dommage qu’elles n’aient pas reçu les césars pour lesquelles elles ont été nominées.

« En avant femmes unissez-vous » , voilà comment aurait pu aussi s’appeler le film. Mais la route reste longue encore en 1967 et ce film rappelle que tout n’est pas encore en 2021 si différent que cela. Pour rappel à notre mémoire, le salaire et ce malgré la loi, n’est pas encore égale entre les femmes et les hommes, les femmes sont plus victimes de précarité et de pauvreté que les hommes, que 84% des violences dans un couple sont des hommes et en 2019, 146 femmes sont mortes sous les coups de leurs partenaires ou ex-compagnons.

Pour continuer sur le sujet des droits des femmes:

https://www.vie-publique.fr/eclairage/19590-chronologie-des-droits-des-femmes

Luxfer: la lutte ne meurt pas.

Quelques uns des salariés motivés sur le site de Gerzat

Seize mois et maintes péripéties plus tard, des salariés syndiqués de Luxfer tiennent encore vigoureusement l’usine gerzatoise, anciennement Péchiney . Elles et ils se battent pour le maintien de leur activité mondialement reconnue.

Luxfer est une entreprise britannique qui produit tous types de bouteilles de gaz pour les hôpitaux, les pompiers sur le territoire et à l’international. Son site français , situé sur la commune de Gerza était composé de 136 salariés, avant sa fermeture, en mai dernier.

Durant la visite de l’usine. Avec Axel et Adrien.

Axel , Phil et Adrien, ex- salariés expliquent  » l’entreprise faisait du chiffres, avait un carnet de commandes rempli, nous sommes la seule usine à faire ces produits, la fermeture n’ a pas de sens ». La réponse face à cela des patrons dUne concurrence ? On est en droit de s’interroger. Luxfer est de loin le premier en terme de concurrence dans toute l’Europe. En fait d’après les salariés, c’est toujours la question de faire plus de bénéfices.

« C’est la qualité du produit qui rsique d’en pâtir »

« C’est la qualité du produit qui risque de pâtir de l’arrêt de l’usine » comme l’explique Axel Peronczyk. En effet, « des clients iront ailleurs. Mais ils ne trouveront pas, ils iront de nouveau à Luxfer mais à l usine de Nottingham qui leur proposera des produits de moins bonne qualité plus cher. À Gerzat, les produits sont adaptés à la clientèle tant au niveau du poids, des alliages, de la praticité » . Adrien et Axel disent aussi » les produits qui seront faits dans l’autre usine seront plus lourds, de moins longue autonomie et à bas coûts de production ».

En vérité, nous apprenons également que de fait les personnes handicapées, âgées ne pourront plus manier ces bouteilles, par exemple appareils pour la respiration. Quant aux pompiers , avec des bouteilles plus lourdes ils auront eux aussi un réel problème pour leurs interventions. Les risques de défauts de fabrication seront accrus. On vendra des produits de mauvaise qualité mais personne n’y pourra rien. Luxfer restera seul sur le marché.

Tout cela inquiète les salariés restant sur le site. Ce n’est pas seulement pour leurs propres situations que les occupants jour et nuit de l’usine se battent. Il sont solidaires des Ascoval, Vallourec, Aubert et Duval, Trelleborg et bien d’autres. Les salariés tiennent bon et ne baissent pas leur garde depuis ces 16 derniers mois. Ils en ont connu des péripéties depuis fin novembre 2018 où la direction britannique annonce au 136 salariés la fermeture pour mai de l’entreprise en France.

« L’incompréhension a été totale »explique Axel Peronczyk . « Si l’entreprise avait des difficultés financières, on aurait mieux accepté, poursuit le représentant CGT. »le cahier des commandes était rempli et le chiffre d’affaires est là », déplore le syndicaliste. Une envie de faire encore plus de bénéfices est confirmée tout au long des échanges .

Une fermeture qui prend de cours
Des bouteilles d’oxygène stockées sur un iste à l’arrêt peut-être définitif

Axel et Adrien ainsi que Phil et d’autres salariés nous expliquent comment cette direction a présenté cette fermeture sans crier gare. Luxfer travaille l’aluminium et en France depuis que le groupe a racheté le Français Péchiney, le site de Gerzat est la seule usine a produire les bouteilles de gaz, les cylindres et appareils pour l’armée. Au niveau concurrentiel, Luxfer est sans égale elle fabrique des outils de qualité reconnu de tous et permettant à nos hôpitaux et à nos pompiers d’être ravitaillés . Luxfer participe donc à ce que les patients en insuffisance respiratoire soit soigné grâce aux bouteilles à oxygène.

Quand un matin de fin novembre, la direction arrive pour annoncer que le site allait fermer le motif n’est pas très clair. Il est barraguiné un prétexte de concurrence, selon les salariés restant pour garder le site. Les représentants CGT et CFDT comprennent vite que les actions en bourses du groupe britannique n ont pas permis aux patrons britanniques basés à Nottingham de faire autant de bénéfices qu’ils voulaient. L’ennui en revanche c’est que le motif économique ne peut être invoqué compte tenu les millions de chiffres d’affaires et le carnet de commandes totalement plein. A partir de là les 136 salariés vont se battre avec Axel Peronczyk à leur tête.

L’inspection du travail en janvier 2019 leur donnera raison. Ils vont connaître une belle victoire mais cela ne sera que le début d’ une longue bataille.

Le combat se met en marche
Jean-Luc Mélenchon (leader LFI) en personne sur le site l’usine.

L’usine employait 136 salariés avec des personnes avec plus de 25 ans de boîte. Le désarroi est là: comment pour les plus anciens retrouver du travail? Les salariés se pourvoient aux Prudhommes alors que la direction fera de la pression, des menaces et des insultes aux salariés lors des premières occupations de L’usine. Le manager de transition délégué par la direction est un homme aux dires des salariés occupants le site »qui prend plaisir à virer des salariés ». Des plans peu avantageux pour les salariés sont proposés tandis que un certain nombre d’entre eux proposent un projet de reprise en Scop( entreprise coopérative) validée par les professionnels du secteur mais rejeté par la direction et l’ État.

Alors que l’ Inspection et la Direction du Travail cassent la décision des patrons de licenciements pour raison économique du fait d’ une compétitivité avérée de l’entreprise, le cabinet du ministère du Travail ne suivra pas. Les 14 salariés protégés occupent l’usine depuis le 20 janvier pour empêcher la direction de venir détruire le matériel . Les patrons n ont pas hésité à venir au matin du 20 janvier avec des bulldozers prêts à tout détruire arrêtés dans leur élan par les salariés. Ce site pourtant est un site contenant du matériel dangereux qui en cas d explosion pourrait faire quasiment autant dégâts qu’ AZF . Les liquides étant susceptibles de s’écouler dans le ruisseau alentour.

Les dirigeants voulaient tout détruire afin que les occupants ne puissent refaire partir. Cette direction qui n’ a pas hésité à espionner , à humilier les ouvriers défendant l’entreprise qui se battant pour retrouver des repreneurs. Il y a eu des repreneurs. Mais, ils ont dû décliner à cause d’une mauvaise santé financière. Au début de l’accoupation, seulement, 15% des ouvriers ont retrouvé du travail. Les représentants syndicaux se déplacent encore régulièrement pour démarcher de potentiels entreprises pour reprendre le site.

Une direction devenue illégitime

Le projet de Scop aurait permis de garantir 55 emplois. Mais la direction britannique au lieu de s’en intéresser , n’a tenu ses engagements de reclassement et a passé son temps à insulter et harceler les 14 représentants. Selon les salariés interrogés, elle aurait même provoquer un risque environnemental, sanitaire et sécuritaire, évité par les salariés.

 » Les patrons ne connaissent eux mêmes pas les composants toxiques présents sur le site et sont parfaitement incompétents », explique, Axel Peronczyk. « En voulant placer en bourses l’ entreprise a voulu jouer dans la cour des plus gros qu’ eux ». Et les résultats ne sont pas ceux escomptés, soulignent les salariés présents. Pour autant le site de Gerzat est le seul en Europe qui produit ces produits. Et les décisions des britanniques peut mettre en péril tout le secteur médical en péril. C’est aussi la perte de ce marché au profit d’autres et rendre la France et l’Europe dépendant des Chinois ou des Américains. Ce choix est jugé irresponsable par les ouvriers résistants.

.L’Etat semblait ouvert à la revitalisation du site . Mais à ce jour, il ne donne pas de nouvelles. Le covid – 19 suspens toute avancée dans le dossier. Quant à la direction elle refuse d’acter les propositions de l’accord pourtant signé en février 2019. Mieux, elle impose de nouvelles tout à fait inacceptables:

– Elle interdit 90% d’ une production sur le marché même si c’est pas Luxfer qui produit

– Elle veut vendre ou détruire le matériel .

– elle veut revendre le terrain à un sans payer le coût d’assainissement dû à la pollution.

En définitive, les responsables, selon les représentants syndicaux, refusent toute possibilité de reprise du site des salariés mais même de repreneurs potentiels. Toutefois, les salariés restants y croient encore et leur lutte ne meurt pas.

Les « Luxfer » se sentent abandonnés par l’Etat.

L’usine gerzatoise en lutte est-elle vouée à fermer définitivement? La décision de l’Etat de soutenir la décision de la direction semble le faire craindre.

Luxfer, employait 136 salariés à Gerzat et malgré les bénéfices records, la direction britannique a décidé de procéder à une fermeture pour licenciement économique. C’est un coup de massue qui s’est abattu le 26 novembre 2018 pour les 136 salariés de l’usine. Ces derniers apprennent aussi que l Air Liquid et Linde, les deux plus gros clients de l’entreprise vont fermer en juin. A ce moment là la direction publie un communiqué de presse en invoquant »l’environnement dégradé et la concurrence ».

« Les extincteurs distribués aux pompiers de Paris et de Marseille ne seront plus fabriqués par Luxfer mais par des entreprises étrangères employant à des coûts plus bas », s’inquièttent es représentants CGT et CFDT. L’ État semble ne pas s’en intéresser et ne propose pas d’intervention. Là préfecture se contente de demander la délégation d’experts pour la dangerosité des matériaux contenus sur le site.

En verite c’est une délocalisation qui ne dit à peine son nom selon les salariés protégés qui défendent le site gerzatois.  » Dans la missive de la direction on pouvait y lire aussi »la nécessité de simplifier son outil industriel en reorganisant son activité » sur ses deux sites américain et britannique », racontent les représentants syndicaux.

Comme le rapportait nos confrères de Libération « c’était froid, sans aucune délicatesse  » , d’après un des 136 salariés de Luxfer. Pourtant le carnet de commandes était bien rempli confiait un autre salarié au service approvisonnements. La nouvelle a été si terrible que ce dernier a du être arrêté par son médecin qui voulait le soigner pour dépression.

De nombreux arrêts maladies avaient été signés. « Il faut les comprendre. Il y a un minimum de respect à avoir quand on veut virer les gens qui vont font gagner de l’argent pendant des années. Là ça juste été du mépris »s’indigne Axel Peronczyk, représentant CGT.

C’était il y a 14 mois. Les salariés ont continué de se battre et sont sur un projet de Scop avec les salariés restants protégés par leur statut syndical.

L’occupation de l’usine.

Alors que rien n’avançait du côté gouvernemental, 10 salariés protégés ont occupé le site de Gerzat à partir du lundi 20 janvier pour défendre leur outil de travail menacé de destruction par leur direction. Ainsi, ils parvinrent à faire partir les entreprises et ainsi à préserver le site d’ un risque sanitaire et écologique.

Les Renseignements généraux ont prévenu la Préfecture tandis que la direction a porté plainte contre les salariés. Les salariés restant sur le site portent un projet de reprise d’activité en Scop avec pour objectif de monter l’ effectif de 10 à 55 salariés. Ce projet avait été présenté avant noël , il était reconnu viable par les différents spécialistes . Pour se faire l’entreprise devait se diviser entre production de gaz et développement armement et aeronautique et les salariés vendre le site.

L’ensemble du mouvement social contre la réforme ainsi que les étudiants mobilisés ont soutenu les salariés de Luxfer, des courriers ont été envoyés à madame la Préfète ainsi qu’ au ministère du Travail. L’ Inspection du Travail a aussi invalidé les licenciements . Tout était bien partie selon m Borie pour obtenir une solution positive.

Pourtant, le gouvernement n’a pas suivi.

L’Etat abandonna Luxfer au profit des patrons anglais.

Le 10 février , le Ministère donne une réponse au courrier du 6 février aux salariés de Luxfer mobilisés pour leur droit et leur projet de rachat de l’entreprise.

Cette réponse n’est pas satisfaisante pour les salariés en lutte. » L’ Inspection du Travail avait donné un avis défavorable envers la direction britannique » expliquent ces derniers. Mais l’ État ne semble pas tenir compte de cela et ce malgré son engagement de réindustrialiser le pays.C’est l’incompréhension sur le site où quelques salariés sont mobilisés. « Alors que Luxfer était en situation de monopole et dégageait un excédent de 10 millions d’euros », s’indigne Axel. « L’ exécutif de notre pays a fait une fleur à une direction qui avait largement bénéficié déjà du CiCe », précise le répresentant syndical.

Malgré la décision défavorable des hautes instances, les représentants syndicaux continuent à se battre pour sauver l’emploi de l’entreprise en cherchant des repreneurs potentiels. Des salariés doivent aussi trouver un autre employeur.

Plus d’articles sur le sujet chez nos confrères:

https://industrie.usinenouvelle.com/fiche/etablissement/luxfer-gas-cylinders-sas-67610764

https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/04/18/coronavirus-luxfer-une-lutte-dans-l-air-du-temps_6036999_3234.html

https://region-aura.latribune.fr/strategie/2020-03-25/industrie-l-usine-de-bouteilles-d-oxygene-luxfer-peut-elle-renaitre-843263.html

Cédric Chouviat: un contrôle qui conduit à la mort.

 Cédric Chouviat, habitant de Levallois-Perret, est décédé après un contrôle de police à Paris.
Cédric Chouviat, 42 ans, tué par des policiers

Vendredi 3 janvier à Paris dans le 15 è arrodissement, Cédric Chouviat, un livreur en scoot est interpellé par la police. Il a un téléphone en main. Mais à l’issu de ce contrôle, il mourra à l’hôpital Pompidou 48 heures plus tard d’une asphyxie. La cause serait un étranglement effectué par les agents. Ses derniers mots sont  » J’étouffe ».

La victime était un homme de quarante-deux ans et père de cinq enfants. Ce jour-là, il faisait une livraison, et il téléphonait. Il a été violemment plaqué au sol par quatre policiers. « Il s’est montré irrespctueux et agressif », indique la Préfecture de Paris. « Si on s’oppose aux policiers, ils vont faire usage de la force et si on fait usage de violences en leur encontre, ils vont aavoir raison parce que c’est le principe démocratique: force doit rester à la loi », explique Laurent-Franck Liénart, un des avocats des policiers.

Avant son interpellation, Cédric Chouviat aurait commis des outrage et crier  » violence policière » à chaque fois que les forces de l’ordre tentaient de mettre de la distance. Cette explication des conseils des agents de police ne convainc pas sa famille. Celle-ci a décidé de porter plainte et de se constituer partie civile.

Le Parquet de Paris a ouvert une enquête pour homicide involontaire de la part de personnes dépositaires de l’autorité publique. Hier Jacques Toubon, Défenseur des droits, s’est chargé de ce cas tragique et a ouvert une enquête pour déterminer la responsabilités des 4 agents impliqués.

A ce jour la famille demande que justice soit rendue et remet formellement en cause les conclusions d’un expert sur une supposée cardiaque et se montre malgré la douleur empathique envers la police, comme le souligne le Huffpost. « J’ai confiance en la justice, en mon avocat. Je ne veux pas en revanche que la police soit plus détestée qu’elle ne l’est déjà », explique Doria, l’épouse du défunt ». Celle-ci précise à nos confrères de également que ce n’est pas la première fois que son mari avait été contrôlé de manière violente.

Matzneff: une affaire de pédophilie « ordinaire ».

Nos confrères du Parisien ont pu joindre ce dimanche 29 septembre, l’auteur Gabriel Metzneff. Alors qu’il a pourtant publiquement tenu des propos pédophiles condamnables, ce dernier a répondu et évoque « des attaques injustes et excessives ».

Vanessa Springora, avait 14 ans , quand le prédateur sexuel auréolé de titre d’écrivain intouchable, a abusé d’elle. Oui nous disons bien abusé d’elle et non séduite comme le font certains nos confrères. Elle n’avait que 14 ans, elle était seule, c’était lors d’un diner parisien, au début des années 80. L’écriivain pédophile fait d’elle son « amoureuse » alors que lui, a déjà la cinquantaine. Pour Bernard Pivot qui a pris hier la parole sur l’affaire « il s’agissait d’une autre époque ».

Des propos douteux

Ces propos ne convainquent pas tout le monde, et notamment pas la toile des réseaux sociaux. Si le Ministre de la Culture Franck Riester a condamné aujourd’hui les moeurs de l’homme accusé, et défend les victimes de ce genre d’individus, pour autant des internautes sont indignés par le fait qu’on découvre ou feint de découvrir ce qui était dans les années 70- 80 assez banal. On ressent une certaine hypocrisie et on demande « justice ».

Le soutien d’un milieu littéraire parisien

On applaudit aussi Vanessa Springora, qui a à travers son livre « Consentement », dénonce l’homme qui ne s’était jamais caché de son appétences pour les mineurs de moins de seize ans, filles et garçons. Dans son livre, elle insiste sur les appuis que l’homme dans le milieu de la littérature parisienne avait. On se souviendra qu’il avait répondu en 1990 à Bernard Pivot, où toute le monde s’était amusé ,et avait été fasciné par les propos du prédateur sexuel hormis, une autre faute courageuse, Denise Bombardier, écrivaine québécoise.

Une pédophilie banalisée

L’homme expliquait une chose perçue sur le plateau comme normal, « une filles de 15 ans ou très jeune est plus gentille » en parlant bien entendu de relation amoureuse. En 1974, Gabriel Metzneff publiait « Les moins de seize ans » ou « Mes amours décomposés » en 1990. Des éditeurs acceptaient de vendre des œuvres ou l’auteur parlait de plaisir avec des enfants de moins de quinze ans.

Une pédophilie enfin dénoncée

Après les révélations d’Adèle Hanenel, une actrice, qui a mis en cause le réalisateur Christophe Ruggia et avant Flavie Flament qui leva le voile sur le photographe David Hamilton, la pédophilie semble enfin ne plus être une chose normale. Les élites, les intouchables , vont devoir rendre des comptes, du moins c’est ce qu’on aimerait . En effet, en France les actes s’étant produit il y a plus de trente ans ne sont plus condamnables par la loi. Mais les réseaux sociaux s’activent et la toute puissance de ces hommes de pouvoirs, s’effondre et on peut s’en réjouir.

Une femme qui peut faire la différence.

Vanessa Springora écrit selon nos confrères de la Dépêche « Depuis tant d’années , mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente comme une évidence: prendre le chasseur à son propre piège, l’enfer dans un livre ». Dans un monde de libertés sexuelles débridées, son livre à paraître (le 2 janvier) fait l’effet d’une bombe dans le microcosme parisien qui s’emballe à l’heure où l’on écrit et les autres victimes de ce prédateur se passant « tout-puissant » vont se manifester . Si son âge et nos lois ne lui permettront pas de passer sa vie en prison, une chose est désormais sûre sa notoriété elle en a pris un coup.

Pour autant comme le dit Denise Bombardier, qui avait aussi dénoncé trente ans plus tôt cet homme en parlant de » petites filles de 14 ou 15 ans qui ont été non seulement séduites mais qui ont aussi subi un abus de pouvoir », les victimes de cet homme sont flétries à vie.

La loi SCHIAPPA est elle amenée à évoluer vers une loi complète anti-pédophilie? Parler de consentement n’est-il pas déjà cautionner la pédophilie dans une certaine mesure? Ces jeunes filles mais et aussi jeunes garçons abusés par ces personnages influents sont-ils consentants ? Il demeure particulier même d’utiliser l’expression de séduction quand il s’agit ni plus ni moins d’abus sexuels sur mineurs de moins de 15 ans.

Clermont-Ferrand: fortement mobilisé pour plus de justice sociale

Le froid matinal n’aura pas eu raison de l’exaspération des Français . Ils étaient près de 1,5 million dans les rues pour dire non à ce projet de réformes des retraites . La propagande de cette réforme a été vaincue par ce nombre impressionnant de personnes .

A Clermont-Ferrand, ce sont pas moins de 30 000 femmes et hommes, de tout âge et de catégories socio-professionnelles, qui se sont donné rendez-vous place du 1er mai à 10h. Le cortège s’est vite étoffé , au point de que l’on n’a pu entendre parfois « j’avais pas vu une mobilisation aussi important depuis 1995 ».

Au départ de la fac de lettres et sciences humaines, rien ne pouvait prédire un tel nombre; en effet, le cortège de l’UNEF ( une des organisations syndicales étudiantes) n’était parti qu’à une trentaine de membres, l’inquiétude était palpable.

« Pour une meilleure répartition pour que chacun vive dignement en France »

« Je suis là pour la défense des retraites et du système qui a été mis en place en 1945. Toutes les retraites devraient être au moins à 1000 euros afin de ne pas tomber dans la précarité, et une meilleure répartition pour que chacun vive dignement en France » explique Pierre Hemelin, du Collectif Citoyen 63. Des étudiants sont venus rejoindre leurs aînés au fur et à mesure de la manifestation.

Rudy, membre de l’association Cocon pense qu’il faut « un gouvernement plus populaire, avec des lois qui ne passent pas par quelques élus ». Il y a dans l’air un désir de plus de démocratie selon les propos recueillis de différents propos de manifestants.

« Des gens qu’on n’a pas l’habitude de voir »

Ce qui frappe en effet, c’est la présence de personnes non habituées à manifester. Elles sont nombreuses, et font le gros du cortège. Les organisateurs se réjouissent. « C’est dynamique On voit des gens qu’on n’a pas l’habitude de voir ,on crée un rapport de force », s’extasie un membre de Sud-étudiant.

« Je suis là pour défendre le statut des salariés, des retraités. En tant que professeurs on est là aussi pour les générations à venir. On a envie de se battre contre une réforme qui malheureusement va encore plus diviser et qui va contrairement à ce qui est dit faire encore plus d’inégalités », témoigne Sara, jeune professeur en collège lycée .

« C’est un système qui tend à suprimer le principe de répartition »

« C’est un système qui tend à supprimer le principe de répartition » aux dires de nombreux manifestants.

Les personnes interrogées ont compris que derrière l’argument d’après eux, fallacieux, d’être plus juste , cette réforme est la porte ouverte possible à la vente de notre système au secteur privé qui ne lorgnerait pas sur les 450 000 000 d’euros que rapporte ce système de retraites actuel.

Selon, Henri Sterdyniak (membre des économistes atterrés), « aucun pays n’a en vérité un système unique de retraite ». Cette réforme créerait un précédent.

La lutte contre la précarité étudiante s’organise à Clermont-Ferrand.

Anas K, un étudiant lyonnais et précaire, a tenté de mettre fin à ses jours par immolation le 8 novembre dernier. Par cet acte extrême , il a voulu interpeller les personnes sur la dégradation des conditions de vie étudiante. Il n’est plus un cas isolé . En effet, un autre étudiant, a été retrouvé mort à Clermont-Ferrand, dans sa résidence du Clos Saint-Jacques. Décrit sans problème financier apparent par les autorités compétentes, ce dernier était un étudiant rwandais, n’ayant pas le droit aux bourses,. Il était redoublant en biologie ,avec un visa en voie d’expiration.Selon les enquêteurs, il s’agirait aussi d’un suicide.Suite à ces tragédies, Solidaires, la Fage et l’Unef (principales organisations syndicales étudiantes) ont appelé à la tenue d’une l’assemblée générale sous le porsche du site universitaire Gergovia.. Cet évènement appelé la veille, n’a rassemblé qu’une quarantaine de participants. Toutefois ces derniers se sont organisés pour la mobilisation à venir.

« Il y a plus de logements vides à Clermont-Ferrand que de chambres au Crous », explique Aldric, un étudiant en économie. « Avec les 6000 logements vides on pourrait loger tout le monde , étudiants et sans domicile fixe », expliquent des étudiants syndiqués. Le manque de place en cités universitaires (4000 alors qu’il y a 40 000 étudiants) et l’augmentation des loyers dans le public et le privé sont manifestement des facteurs de la pauvreté étudiante.

Mais, il y a d’autres problématiques qui viennent s’ajouter: comme l’augmentation du prix de restauration universitaire CROUS. La cause en est, selon les participants, la mise à jour d’un système à points . Celui ci remplace le tarif par repas. L’ambiance est pesante, des étudiants racontent leur situation, la précarité chez les jeunes, ce n’est pas une fiction.

Et viennent s’ajouter aux différentes galère: l’augmentation du coût des transport, le doublement des frais d’inscription pour les étudiants étrangers, ou le baisse de moyens alloués au service de santé ou au service social universitaire.

« Etudier correctement, ça passe par vivre dignement »

Un chiffre frappe: 60% des étudiants sont exclus des bourses en France. Beaucoup d’étudiants n’ont pas de ressources. « J’ai dû arrêter mes études pour me salarier », explique Cassandra. Xavier a lui aussi dû arrêter ses études . Cet étudiant explique: « c’est extrêmement frustrant. Des personnes de talents qui ont des masters ont des emplois précaires parfois à MacDo, avec des mauvaises conditions de vie ». Angèle quant à elle reprend des études à 33ans. Mais il y a une limite d’âge aux bourses (25 ans) et donc elle n’y a plus droit. Mais en plus de cela, comme elle est étudiante, elle n’a pas non plus droit à l’assurance chômage et à la prime d’activités »Etudier correctement, ça passe par vivre dignement », affirme Ana, syndiquée à l’UNEF.

A l’issue de discussions sur les solutions à apporter à cette crise, l’ AG vote l’instauration d’un revenu rémunéré au SMIC, permettant donc de cotiser pour les retraites.

Nous avons gagné le gel des loyers en cité universitaire

En effet les retraites sont dans les discussions lors de cette AG. La jeunesse pense à son avenir. Les participants votent donc la tenue d’un cortège étudiant pour la manifestation du 5 décembre contre la réforme décidée par le gouvernement qui vise à détruire le système par répartition.

« Nous avons gagné le gel des loyers en cités universitaires pour l’année prochaine, grâce à la mobilisation du 26 novembre », déclare Ana, présidente de l’UNEF. Elle croit qu’en se ressemblant avec leurs ainés, la jeunesse pourra obtenir une retraite minimal au niveau du SMIC, à la prise en compte des stages et des années d’étude dans le calcul des pensions. Malgré leur nombre faible, les jeunes sous le porsche de la faculté de Lettres, sont déterminés, déterminés à peser sur l’issue de la réforme des retraites.

Durant deux mois de janvier à mars 2006, les étudiants ont manifesté en France et sont parvenus à obtenir le retrait du Contrat Première Embauche. Rappelons que celui-ci devait instaurer une très longue période d’essai et semblait précariser la jeunesse. Ce président saura-t-il se souvenir de de l’évènement qui a marqué une défaite majeure pour le premier ministre D Villepin qui a dû enterrer son projet phare?

Autre article sur ce thème:

« La France veut-elle encore de ses étudiants » ?

Mort d’un étudiant rwandais en cité universitaire à Clermont-Ferrand

Etudiant en biologie, on l’a retrouvé mort mercredi 27 novembre. Il avait 25 ans. Ses parents s’étaient inquiétés de ne plus avoir de ses nouvelles.

D’après les derniers éléments de l’enquête, le jeune homme , originaire du Rwanda, se serait donné la mort. Il a été retrouvé sans vie, avec sur la tête deux sacs plastique.

C’est la gardienne du Clos Saint Jaques qui a découvert le corps inanimé de l’étudiant .

Depuis plusieurs jours, il n’avait plus donné de nouvelles à ses proches. Ces derniers avaient donné l’alerte.

Deux sacs plastique, une bouteille d’hélium et des écouteurs

« La victime était habillée dans son lit avec deux sacs plastiques reliés à une bouteille d’hélium et des écouteurs dans les oreilles » explique le NewAuvergne.com. Eric Maillaud, procureur de Clermont-Ferrand a demandé une autopsie pour confirmer ce qui parait être un suicide. Toutefois, il reste à expliquer le pourquoi de son geste . Aucune lettre n’a été retrouvée. En charge de l’affaire, celui-ci veut en interrogeant son entourage écarter l’hypothèse d’un jeu sexuel qui aurait mal tourné.

Un étudiant en souffrance

Le jeune homme décrit comme non assidu en cours semblait pour autant en situation difficile comme beaucoup d’étudiants étrangers: risque d’expulsion. L’université lui aurait refusé un redoublement en 3e année et de surcroit son visa arrivait visiblement à expiration. Sa mort ne serait-elle pas le reflet de la condition dans laquelle on place nos étudiants étrangers?

A ce stade de l’enquête, des zones d’ombre demeurent, mais ce geste si il est confirmé, doit interroger deux semaines après l’immolation d’Anas, étudiant lyonnais qui dénonçait ses conditions de vie et la situation de précarisation étudiante en générale.