Manouchian, ces héros: une certaine hypocrisie politique mais un bel hommage

Le 21 février dernier, Clermont-Ferrand comme l’ensemble des villes de France rendait hommage à Mélinée et Missak Manouchian, orphelins du génocide de 1915 en Arménie.. A Paris, ce couple arménien rentrait au Panthéon. Dans la mythologie romaine, c’était la plus haute distinction des12 principaux dieux ,et le lieu dédié à ces derniers.

« Un caractère hypocrite »

Le Panthéon signifie donc quelque chose d’important : une poignée de personnes, illustres y entrent . Et en ce jour particulier, on célébrait les 80 ans de l’exécution de Missak au Mont Valérien. Le couple arménien sont les premiers étrangers à entrer dans cette glorieuse institution fondée quelque temps après la Révolution en 1791.

A Paris, le Président a fait un discours qui a ému même parmi ses opposants. C’est Winnie Picard, à Clermont-Ferrand qui rend hommage à Missak,le résistant communiste arménien, et l’époux amoureux, à travers la très attachante lecture de sa dernière lettre à sa bien aimée Mélinée. Moment intense fort, accompagné de solennité . Sous préfet, élus, militaires, citoyens et militants du PCF ont rendu rendu témoignage à la mémoire de ce couple, illustre dans la grande résistance française..

C’est la réjouissance de voir ce couple enfin panthéonisé aux côtés des 81 autres personnalités . Des étrangers qui sont reconnus c’est quelque chose et pourtant ça un caractère « hypocrite » comme il été souligné par certains . Oui hypocrite car n’a-ton pas fait voté le 11 décembre dernier une loi anti-immigration? Une loi votée avec le total soutien d’une extrême-droite galvanisée des députés LR euphoriques? Certes amendées par la censure du Conseil Constitutionnel le 26 janvier 2024, il n’en reste pas moins, que cette loi questionne quant à notre réel amour pour les exilés, ces personnes venants de loin comme Missak et Mélinée.

Alors qu’on célébrait ce 21 février ces étrangers morts pour la République française, on expulsait également des migrants au même moment. Morts pour la République? Tout au long de la cérémonie c’est ce que les officiels ont dit. Et pourtant, doit-on leur rappeler que cette République n’était plus? Pour ne pas froisser les vichyssois ,on a parlé du gouvernement de Pétain et pourtant il serait bon de rappeler ce que tout historien parle, le gouvernement de Vichy. Oui ce gouvernement qui a fait tomber la3 e République par l’entrevue de Montoire, d’ une politique xénophobe et violente à l’égard des opposants qui s’en suivie.

« Ils ne sont pas morts pour la République mais pour la liberté »

« Non, ils ne sont pas morts pour République, mais pour la liberté », s’indigne une élue. Au-delà de la disparition de cette notion tant galvaudée au mépris de la justice sociale, c’est bien la liberté qu’avait en tête ces héros étrangers! Morts pour la France, morts pour la Liberté!

« Paris évoquait en lui tout un univers de choses possibles, d’espérances vécues, de reves réalisables, Centre de la culture de l’humanité entière, capitale de la Révolution », expliquait Mélinée au sujet de son compagnon mort en février 1944( selon le livre « Missak et Mélinée Manouchian, un couple de résistance », de Gérard Streiff).. Oui la France pour ces étrangers quittant les dictatures et exactions en tous genres, c’était le pays des délivrances, de l’espoir, du renouveau!

Mais avec 17 000 expulsions d’étrangers l’an dernier et, à Trégastel ,Niort, Chalon sur Saône, Mialet , des familles arméniennes menacées d’expulsion, l’idéal du résistant Manouchian, mort en martyr, tend à se fendre, voire à voler en éclat. La France de demain n’ expulserait -t-elle pas celui qu’elle adule aujourd’hui, celui qui a été fusillé avec 22 de ses camarades au Mont Valérien, le 21 février 1944?

« C’est émouvant »

« C’est émouvant », se sont émerveillés des participants. Alors finalement qu’importe à cet instant les critiques . La dernière lettre de Missak, laissée à sa bien aimée impressionne, force le respect. Tous trouvent cet homme qui pardonne, qui aime sa femme et lui demande de refaire sa vie ,incroyable. Et de plus ce n’est pas qu’un résistant mais aussi un de nos grands poètes, reconnu par Pierre Seghers, qui publiera trois de ses poèmes dans son anthologie  » La résistance et ses poètes »

Une centaine de personnes se sont déplacées et malgré le mauvais temps. Des citoyens clermontois sont venus nombreux dans ce petit parc et ont eu du mal à entrer dans la salle allouée par la suite pour les prises de paroles plus politiques. Cela n’ a pas désempli, de l’hommage de la gerbe au parc en passant par le gymnase Verlaguet, quelles beaux moments, historiques et inoubliables. Et chacun a pu découvrir durant le buffet les spécialités arméniennes, se rappelant ainsi que aujourd’hui aussi se joue une guerre où des Arméniens sont encore déplacés, tués, 109 ans après le génocide perpétué par l’Empire ottoman.

Pour aller plus loin:

CLERMONT-FERRAND: « LES QUARTIERS NORD SONT DYNAMIQUES »

Il y a un plus de deux mois, Clermont-Ferrand comme l’ensemble des villes françaises a connu quelques jours d’émeutes, suite à la mort de Nahel , jeune garçon de 17 ans tué par un policier. Pour autant, ce samedi 16 janvier, la galerie marchande de Auchan ( Croix de Neyrat) a invité quelques associations à présenter leur activité.

 » Ils s’en sont pris à des écoles »

 » On ne comprend pas. Je pense que personne comprend », se désolent Françoise et Eve, choristes dans l’association Joie en Choeur, association musicale qui fait découvrir le répertoire de la chanson française à travers leur ensemble vocal. Ces femmes parlent des émeutes qui ont causé la perte de la maison de quartier de Croix de Neyrat.  » Ils s’en sont pris aussi à des écoles, c’est fou, jamais j’avais vu cela », rajoute Eve. Dans les quartiers nord clermontois, la violence a surpris et a questionné des associatifs. Cette maison de quartier qui a été incendiée lors de la révolte des quartier, cet été, était le lieu qui recevait un certain nombre d’acteurs socio-culturels notamment la chorale et le centre de théâtre.

Ce qui toutefois est à noter, c’est que cela ne freine par les associatifs. « Les personnes se donnent à fond », se réjouissent les deux choristes. Et malgré l’angoisse de savoir si elles vont retrouver un lieu, elles sont parvenus à faire de nouvelles recrues pour chanter.

 » Les quartiers nord sont dynamiques »

Ce forum, c’est aussi l’occasion de rencontrer des acteurs socio-culturels mais aussi des associations qui oeuvrent pour le droit des usagers et le soutien pour les personnes handicapés.

Zwissetcompagnie, est une compagnie de théâtre qui propose des ateliers payants adaptés aux familles et aux statuts (salariés, étudiants et chômeurs) d’expression scénique aux plus jeunes et moins jeunes.

« Les quartiers nord sont dynamiques, s’organisent et sont vivants », explique Aurélie Collin,ex-bénévole de cette association. En effet, les différentes associations permettent aux quartiers d’avoir une vie sociale riche: théâtre, musique, sport, défense de droits des citoyens. Derrière la violence, les trafics, les agressions, les quartiers ce sont aussi des personnes qui s’investissent beaucoup pour apporter un peu plus de soleil dans un quotidien pas toujours évident.

Problème de logements, question sur l’environnement et la santé : le CLCV63 est là.

Le logement est une questions cruciale.En France c’est quelques 2,3 millions de ménages qui n’ont pas accès à un logement social. A Clermont aussi, c’est difficile de se loger. Des personnes peuvent être confrontées à des arnaqueurs, des marchands de sommeil.

Depuis près de cinquante ans, la CLCV vient en soutien à des personnes qui peuvent se faire abuser par des propriétaires, qui ont des problèmes de logement ou qui a besoin d’aide en matière de santé ou des questionnements en terme d’environnement.

« Vous avez des bouchons , ne les jetez plus »

« Vous avez des bouchons? Ne les jetez plus », interpellent les bénévoles. Les Bouchons63 vous les reprend et les vend à une usine qui les recycle. Le bénéfice de cette vente permet d’acheter des fauteuils , aménagement et véhicules adaptés pour les personnes .

Cette association est partenaire de structures spécialisés. « Nous travaillons avec le foyer Andalhone( Riom) », explique un bénévole soixantenaire.

Pour continuer.

CLCV

ZWISSETCOMPAGNIE

BOUCHONS63

Affaire Zecici ou l’affaire d’une rafle clermontoise.

C’est le 8 février 2022, à 6h que la police aux frontières vient frapper à la porte de madame Recibe Zecici. Il fait tôt dans notre capitale auvergnate, trop tôt pour se mobiliser.

Belgrade.

Ce n’est malheureusement pas une visite de contrôle. Le service de l’immigration de la préfecture appuyée par une décision du juge des libertés vient expulser cette dame, serbe et rom avec ses deux enfants de 6 et 15 ans. Ces enfants sont scolarisés dans des établissements de Clermont-Ferrand.

Certes, elle était logée en hôtel et habitait avec son mari. Elle n’ a peut-être pas été toujours précise dans ses déclarations. En même temps, elle est étrangère et être écoutée par les autorités ce n’est pas évident.Mais visiblement vouloir stabiliser sa vie dans un pays autre que le sien serait grave. Avoir des enfants bien intégrés, qui ne parlent plus leur langue natal, ce n’est pas suffisant, selon la juge du Tribunal Administratif.

« On criminalise les étrangers »

« Je suis choqué », explique Nica , son mari depuis deux ans. J’ai des enfants et ils s’entendent bien avec ceux de ma femme ». Il poursuit: « quand ils l’ont embarqué je pensais que cela s’arrangerait car je suis en France depuis douze ans. Je suis ressortissant de l’Union européenne ». Mais il n’en est rien.

Ça scandalise Jean, militant aguerri du RESF63.  » On criminalise les étrangers. Aucune charge d’actes répréhensibles n’est retenue contre elle, elle est exclue car Rom. C’est également l’avis de son mari son époux. Et il explique  » c’est parce qu’elle est rom et serbe qu’elle a du fuir la Serbie ». Doit-on rappeler que cette population est chassée, frappée, humiliée à Belgrade, dont les autorités sont minées par le racisme et la discrimination ethnique?

C’est pourtant bien là que la France veut la renvoyer. « La Serbie est gangrainée de néo-nazie », rajoute le militant , fatigué et fracassé par cette expulsion qu’il juge brutale moralement. De plus , comme il précise également: « A Belgrade, pour pouvoir être hébergé, il faut une attestation des autorités locales: mairie, police ». Autant dire qu’après avoir passé quelques jours à l’hôtel avec l’argent que l’État octroie aux personnes expulsées, elle se retrouvera avec ses enfants à la rue avec la confirmation des craintes évoquées par son mari et le militant ses droits humains. *

« C’est une rafle »

« Cest une rafle », affirme le membre de RESF. Ca rappelle de tristes souvenirs » ajoute-t-il. Cette femme avait reçu une OQTF , en novembre dernier mais elle avait fait appel en Cour d’appel de Lyon. Cest un délit de justice et visiblement une volonté claire d’éloigner Mme Zeciri et ses enfants du territoire. D’ailleurs, en plus de l’ OQTF, elle avait également reçu une Interdiction de retourner en France durant 18 mois.

Cette expulsion est assez exceptionnelle par sa brutalité ( réveil dune mère et de ses enfants, mariée à un Europeen qui travaille) , envoi au commissariat sans possibilité d’avoir un avocat, assez vite expédiée sur un tarmac, a l’aéroport d’ Aulnat. Certainement par crainte la mère et ses enfants n’ont opposé aucune résistance.

« Ce genre de procédure est employée en général pour les bandits », s’indigne le militant qui sen veut de s’être réveillé trop tard, cloué par la grippe. Madame Zecici avait tenté de l’appeler se désole l’homme qui milite depuis longtemps au Reseau. Mais qu’est-ce ce que cela aurait changé ?

« Digne du régime de Vichy« 

Cette expulsion inquiète les personnes engagées pour la défense des droits des étrangers mais aussi des parents .

En effet même si la police continue a-t-il, n’utilise pas la violence physique lors dune première interpellation, elle sait utiliser des arguments pour convaincre, et c’est ainsi que la dame de 36 ans malgré la procédure contestable, s’est retrouvé dans l’avion à 11h10. Expéditive et « digne du régime de Vichy »,selon le combattant pour le maintien des droits des exilés.

Vers une mobilisation ?

Pour rappel, Recibe et ses enfants étaient installés depuis 2017, et la famille a bien appris le français. De plus les enfants sont de bons élèves. Une des professeurs de Ljeonite le fils aîné,qui a pu être prévenue malgré la période de vacances, est bouleversée par cette triste nouvelle. Des parents sont également affectés.

Une maman dont l’enfant est dans la classe de l’aîné des enfants de la jeune femme raflée évoque sa colère et s’interroge sur une potentielle mobilisation.

Cela serait enfin une bonne nouvelle dans ce ciel assombri pour les étrangers qui veulent seulement quitter un pays en guerre, ou un pays qui ne respecte pas le droit des minorités. Ce droit fondamental de quitter son lieu afin de garantir une vie nouvelle à sa famille est bafoué par des politiques, des juges, des personnes détentrices dune autorité qui applique froidement des ordres.

Une lettre sera adressée au Préfet.

« Une lettre sera adressée au Préfet pour exposer cette situation inacceptable », termine Jean. Et peut-être au travers l’indignation de parents concernés un réveil des consciences sur la triste condition des exilés dans notre pays et plus précisément à Clermont-Ferrand se fera?

Pour continuer sur le sujet:*

Pas d’amélioration dans l’intégration des Roms en Europe

https://www.undp.org/fr/blog/un-retour-doux-amer-pour-les-roms-vulnerables-dans-les-balkans-occidentaux

https://www.ohchr.org/fr/press-releases/2022/02/experts-committee-economic-social-and-cultural-rights-commend-serbia-its

La trêve hivernale finie: le Dal63 se mobilise contre la reprise des expulsions locatives

Le DAL63 (droit au logement 63) est mobilisé comme chaque année pour sensibiliser les clermontois sur la reprise des expulsions locatives.

A Clermont-Ferrand, ce samedi 2 avril, une bonne trentaine de personnes se sont rassemblées place de Jaude, pour dénoncer la retour des expulsions locatives, après la fin de la trêve hivernale au 31 mars dernier. Mais ils ont tenu également à interpeller les différents candidats à l’élection présidentielle, notamment ce lui qui ne « sait même pas ce qu’est la trêve hivernale ». C’est deux ans après le terrible hiver, durant lequel l’abbé Pierre fit son appel, que nait en 1956 , la trêve hivernal. A cette époque, une dizaine d’années après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Français découvrent que des centaines de milliers de personnes ont froid, ont faim et qu’ils n’ont pas de toit.

La trêve hivernale permet à personnes logées dans des conditions difficiles et à des familles précaires de ne pas se faire expulser de leur habitation durant de novembre à fin mars. Elle permet aussi aux services d’hébergements de mettre plus de moyens à disposition en direction de personnes à la rue.

« Il y a 2,2 millions qui attendent un logement social en France »

Alain Bidet (membre et trésorier du DAL 63) s’exprime dénonce le nombre de logements vides alors qu’il y ait tant de personnes à la rue.

« Il y a en France, 2,2 millions de personnes dans la rue », rappelle Robin Correia, membre du Dal63. Ce chiffre est énorme, c’est posé: l’association clermontoise qui suit actuellement une vingtaine de personnes actuellement, veut interpeller les consciences. Et pour enfoncer le clou, le militant précise que 2023 sera « une année noire » en France. En effet, il explique que « seulement 82 000 projets de logements sociaux n’ont été déposés par l’Etat alors qu’il en faudrait 150 000 rien que pour cette année.

L’heure n’est donc pas à la rigolade. « C’est un scandale qu’il y ait des logements vides alors que des personnes se retrouvent à la rue », dénonce Alain Bidet, trésorier de l’association. Lui et ses camarades ont recensé 1200 logements non occupés alors que pourtant le DAL63 suit une grosse vingtaine de personnes qui désormais ne sont plus protégées par ce moratoire qui leur permettait de ne pas être expulser du 2 novembre au 31 mars. Ces personnes ne sont pas de mauvaise foi mais ne parviennent plus à payer leurs loyers. Et pourtant, un candidat n’a pas hésité dernièrement à affirmer que « si elles ne paient pas leur loyers, c’est normal qu’elles soient expulsées ».

« Faisons simplement appliquer la loi »

Parmi les revendications demandées par les militants du droit au logement, figure la réquisition des logements vides. « C’est la loi », souligne Fatima, une des fondatrice du DAL63. C’est ainsi qu’Alain Bidet renchérit : « Faisons simplement aplliquer la loi. Pour comprendre à quoi font références les deux militants, il faut savoir qu’il s’agit de la loi sur la réquisition par le préfet de logements vides pour loger celles et ceux qui ne sont pas logés. Instaurée dans les ordonnances de 1945, le dispositif de réquisition sera complété par différentes lois, dont celle de 1956, faisant suite à l’hiver 54.

Lorsque le logement social est saturé et que le nombre de personnes dans le mal-logement est manifeste , le Préfet peut réquisitionner des logements vacants et le maire mettre à disposition aussi des logements en cas d’insalubrité. Aujourd’hui, les militants dénoncent donc des autorités qui ne font pas assez à leurs yeux et exigences plus de logements sociaux.

La trêve hivernale finie, ce sont quelques vingt familles suivies par l’association qui risquent donc l’ expulsion locative.

Clermont-Ferrand: et si on déconfinait trop vite?

Terrasse des Beaux-Arts

Enfin les salles rouvrent: clients de cafés et de restaurant peuvent de nouveau entrer pour consommer.

Le Kervan Saray, un des meilleurs kebabs de Clermont-Ferrand a fait peau neuve. Il fait beau, les tables sont sortis, c’est le grand jour: les restaurants, cafés et cinéma sont ouverts sans restrictions , ce soir le couvre-feu passe à 23h. Un air de liberté envahit le pays, en ce mercredi 9 mai. Mais n’est-ce pas un peu prématuré?

Alain la cinquantaine est assis en terrasse Il a fini son café, il porte son masque noir. Un homme, plus âgé est à sa droit, lui aussi masqué. Parmi les personnes dehors, ils sont les seuls à porter ce masque, qui empêche de respirer. Tous deux discutent, et semblent partager la même idée sur la situation.

« Ce que je ressens? C’est la peur », affirme Alain. Tiens c’est curieux, personne jusqu’à présent n’avait tenu ce genre de discours. Cela détonne aec l’ambiance générale. Sans parler, la personne sur l’autre table acquièce .Tout le monde ne se réjouit pas de ce déconfinement.

Aux autres terrasses, les rires, la paix et l’insouciance sont présentes. Au Château Rouge, les gens ne portent pas le masque, bien que certaines aient le masque à portée. Il fait beau et chaud, on pourrait croire que la crise sanitaire n’existe pas.

Mais, au Kervan Saray, les deux clients paraîssent moins démonstratifs. Eux, n’oublient pas le virus. « C’est trop tôt pour tout ouvrir. Il n’y a pas encore de recul sur l’efficacité des vaccins », déplore Alain. La personne plus âgée reste silencieuse, mais ses yeux confirment. Il est d’accord, cela ne laisse nul doute. Il rappelle un fait de société parfois oublié par certaisn grands medias. « Les personnes âgés, ne sont pasc toutes vaccinées, c’est pour elle que la situation m’inquiète ».

Pourtant, l’homme au maque noir se réjouit quand même, et reconnait facilement que cela fait du biend’être libre. Mais ce qui est intéressant dans cet échange bref, c’est le rappel que pour certains, on déconfine peut-être un peu vite. Peut-on les blâmer? Aujourd’hui, dans les rues et sur les terrasses, le virus semble avoir disparu et pourtant chaque jour des gens meurent encore.

Cette liberté retrouvée est appréciée mais comme le pensent Alain et son acolyte, ne va-t-on pas en payer le prix à travers une quatrième vague? C’est ce que pense le professeur Jean-François Delfraissy, Président du Conseil Scientifique du gouvernement.

Plus d’actualités sur la situation sanitaire:

https://sante.journaldesfemmes.fr/fiches-maladies/2605417-covid-19-france-chiffres-nombre-cas-deces-mort-direct-bilan-du-jour-vaccin-pass-sanitaire/

Des manifestations contre la réforme des retraites en images.

Les manifestations contre la réforme des retraites ont mobilisé , des centaines de milliers de personnes, à travers toute la France. entre décembre 2019 et février 2020. Les rues clermontoises ,elles aussi, ont accueillu des personnes en colère, contre cette réforme et la politique du gouvernement. Voici quelques unes des images de ce mouvement .


Le 11 janvier

Les retraites aux flambeaux nocturnes partant de Chamalières comme les manifestations en journées ont fortement rassemblé contre une réforme jugée hostile aux Français par des centaines voire des milliers de Clermontois.

La réforme a été suspendue pour cause de crise sanitaire, elle doit toutefois revenir pour l’été 2021. En période de déconfinement saura-t-elle mobiliser autant de personnes contre elle que par le passé?

Bienvenue à Laprugne

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Le Bourbonnais a des idées. Surtout à Laprugne (03).  Cette petite commune alliéroise n’a pas de services publics, mais elle a un  couple  de restaurateurs avec le sourire et énergique.

Autrefois, on aurait pu voir un bureau de poste, une coiffeuse, un restaurant, un dépôt de pain, des pompiers circulant avec le gyrophare allumé avec un son ressemblant à « tiens bon, tiens bon »… Un taxi amenait aussi les personnes qui le désiraient à la ville. Fermez les yeux, ouvrez les oreilles: la mémoire travaillant, un village vivant, parfois bruyant…

Cette petite localité a été également peuplée par 1400 âmes. C’était l’époque de la mine d’uranium  .Mais comme beaucoup de lieux ruraux en France, Laprugne connaît la désertification.

C’est aujourd’hui un village silencieux. Heureusement, il ya le sourire de quelques âmes , 342 pour être précis, pour vous accueillir. Sinon pour les services faut oublier. Sur ces 342 habitants, un bon tiers a plus de 60 ans d’après nos confrères de la Montagne.

Jérémy Bouvier et son épouse Céline, font comme ils peuvent vivre cette petite commune. Ils sont propriétaires d’un bar-restaurant en face de la mairie. Ils sont jeunes et dynamiques, souriants et sont en quelques sortes à eux seuls le service .

Leur bar-restaurant est bien plus que cela. Il est aussi un lieu de vente de poissons, de viande fraiche , une fois par semaine et aussi un lieu de vente de journaux. D’avril en novembre, Jérémy et Céline organisent aussi un marché de producteurs locaux.

Pour le reste? Et bien il faut voyager un peu sur 15 km, au Mayet ou à Saint-Just-Chevalet. Donc ne soyez pas malade ou ayez de l’argent sur vous car il n’y a pas sur place de médecin, de pharmaciens ou de distributeur de billets.

Bernadette et son mari Jacques se souviennent avec nostalgie »de l’entraide, du coup de main ». Et comme un certain nombre de personnes à Laprugne, ils ne sont pas entrer à l’ère du numérique et préfèrent se tourner vers la secrétaire de mairie, Françoise qui va oeuvre bien au-delà de ses attributions. Sans CCAS, la commune s’appuie également  sur elle comme assistante sociale.

Une école? Oui! Il y en a une et donc des familles qui restent  mais « les enfants grandissent »expliquent nos confrères de la Montagne.

Si la relève ne suit pas, l’école pourrait fermer , les dernières familles et  le couple de restaurateurs polyvalents partiront. Laprugne illustre la problématique des inégalités territoriale au profit des villes.

Clermont-Ferrand: un décret qui pourrait empêcher des étudiants étrangers d’étudier?

Publié le 21 avril dernier au journal officiel, ce nouveau décret risque d’alourdir fortement les frais d’inscriptions pour les étudiants étrangers, hors Union européenne. Ces derniers pourraient payer jusqu’à dix fois plus leur entrer en université .

Jusqu’à présent l’université de Clermont-Ferrand avait  refusé d’appliquer ce décret. Mais à la rentrée 2020, les étudiants étrangers verront leurs frais d’ inscription augmenter du double.

Une décision prise à cause d’un manque de moyens financiers

L’Union nationale des Etudiants de France (UNEF), présente en Conseil d’administration était parvenue l’an dernier avec l’accord de la Présidence de l’université à obtenir la non augmentation des frais d’inscriptions des étudiants étrangers décidée par l’Etat. L’université d’Auvergne était alors devenue la première université à refuser cette mesure qu’elle qualifiait elle-même d’ injuste. Mais la baisse des dotations pour l’enseignement supérieure a fait changer d’avis Matthias Bernard et son équipe. Le responsable désigné directement: le manque de moyens alloués aux universités qui ne permet donc pas à Clermont-Ferrand de lutter convenablement contre cette hausse abusive dénoncée par l’UNEF et Sud Etudiants. Mais une autre contrainte existe comme nous le rappelle PB, membre de l’UNEF « l’impossibilité d’exonorer plus de 10% de ses étudiants, les étudiants étrangers compris.

Une décision qui fragilise encore plus les étudiants étrangers.

La crise du logement est réelle, et l’urgence sociale frappe de plein fouet les étudiants et particulièrement les étudiants étrangers..En effet, le nombre de place dans les logements aux Crous, rend toujours plus complexe les conditions d’existence des jeunes étrangers venus étudier à Clermont-Ferrand. « Il y a seulement 4000 logements pour un ensemble de 40 000. Une quarantaine d’étudiants étrangers  dorment dehors à Clermont-Ferrand », rappelle Paco, membre du syndicat étudiant.

« En plus de l’obligation de réussir leurs études sous peine d’expulsion, ces étudiants seront encore plus précarisés avec ce projet », souligne le militant. Sur la question du logement, le syndicaliste aguerri, propose « la réquisition des 7009 logements vides ou vacants »  dans l’agglomérationclermontoises. Mais une question  se pose, quant à l’augmentation des frais d’inscription, jusqu’à dix fois :  comment ces étudiants  pourront les payer? Cette décision pose d’autres problèmes également selon, Paco.

« Une décision clairement raciste et xénophobe »

Pour le syndicaliste, cette décision d’augmenter les frais d’inscriptions du simple au double (plus de dix fois supérieur à ceux d’aujourd’hui) est clairement raciste et xénophobe.  Ce décret gouvernemental publié au Journal officiel, le 21 avril dernier, et validé par le Conseil d’Etat en mai dernier, est selon les constitutionnaliste contraire aux principes de la Constitution française qui interdit la discrimination.

Ce qui inquiète l’UNEF est donc que cette mesure va renforcer le principe de division entre les étudiants français et les étudiants étrangers. Les valeurs de la République seraient fortement remises en cause. Un vote RN pourrait aussi être conforté pour les élections municipales.

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Dans ce ciel sombre une bonne nouvelle

Alors qu’en 2019,  le coût de la vie étudiante augmente de 2,83% selon l’UNEF, les loyers du Crous n’augmenteront pas de manière automatique comme il était initialement prévu. C’est une nouvelle saluée par le syndicat étudiant. C’est également une victoire de la mobilisation clermontoise ,suite dela tentative de suicide par immolation d’Anas, un étudiant lyonnais. La mobilisation continue toutefois, notamment contre la suppression de l’augmentation des frais pour les étudiants étrangers. Rappelons que dans d’autres villes de France, la hausse sera plus élevée.

La réalité étudiane en chiffres:

1/4 des étudiants ne mangent pas à leur faim

20% des étudiants vivent sous le seuil de pauvreté

24% des milieux populaires ont du mal financièrement

revenu moyen: 834 euros/mois

734 euros/mois pour les étudiants issus de milieu populaire

(Chiffres nationaux)

Auvergne: 40% étudiants boursiers

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Pour aller plus loin sur les frais d’inscriptions des étudiants étrangers:

https://www.letudiant.fr/educpros/actualite/le-conseil-d-etat-enterine-les-frais-d-inscription-differencies-pour-les-etudiants-internationaux.html

Clermont-Ferrand: fortement mobilisé pour plus de justice sociale

Le froid matinal n’aura pas eu raison de l’exaspération des Français . Ils étaient près de 1,5 million dans les rues pour dire non à ce projet de réformes des retraites . La propagande de cette réforme a été vaincue par ce nombre impressionnant de personnes .

A Clermont-Ferrand, ce sont pas moins de 30 000 femmes et hommes, de tout âge et de catégories socio-professionnelles, qui se sont donné rendez-vous place du 1er mai à 10h. Le cortège s’est vite étoffé , au point de que l’on n’a pu entendre parfois « j’avais pas vu une mobilisation aussi important depuis 1995 ».

Au départ de la fac de lettres et sciences humaines, rien ne pouvait prédire un tel nombre; en effet, le cortège de l’UNEF ( une des organisations syndicales étudiantes) n’était parti qu’à une trentaine de membres, l’inquiétude était palpable.

« Pour une meilleure répartition pour que chacun vive dignement en France »

« Je suis là pour la défense des retraites et du système qui a été mis en place en 1945. Toutes les retraites devraient être au moins à 1000 euros afin de ne pas tomber dans la précarité, et une meilleure répartition pour que chacun vive dignement en France » explique Pierre Hemelin, du Collectif Citoyen 63. Des étudiants sont venus rejoindre leurs aînés au fur et à mesure de la manifestation.

Rudy, membre de l’association Cocon pense qu’il faut « un gouvernement plus populaire, avec des lois qui ne passent pas par quelques élus ». Il y a dans l’air un désir de plus de démocratie selon les propos recueillis de différents propos de manifestants.

« Des gens qu’on n’a pas l’habitude de voir »

Ce qui frappe en effet, c’est la présence de personnes non habituées à manifester. Elles sont nombreuses, et font le gros du cortège. Les organisateurs se réjouissent. « C’est dynamique On voit des gens qu’on n’a pas l’habitude de voir ,on crée un rapport de force », s’extasie un membre de Sud-étudiant.

« Je suis là pour défendre le statut des salariés, des retraités. En tant que professeurs on est là aussi pour les générations à venir. On a envie de se battre contre une réforme qui malheureusement va encore plus diviser et qui va contrairement à ce qui est dit faire encore plus d’inégalités », témoigne Sara, jeune professeur en collège lycée .

« C’est un système qui tend à suprimer le principe de répartition »

« C’est un système qui tend à supprimer le principe de répartition » aux dires de nombreux manifestants.

Les personnes interrogées ont compris que derrière l’argument d’après eux, fallacieux, d’être plus juste , cette réforme est la porte ouverte possible à la vente de notre système au secteur privé qui ne lorgnerait pas sur les 450 000 000 d’euros que rapporte ce système de retraites actuel.

Selon, Henri Sterdyniak (membre des économistes atterrés), « aucun pays n’a en vérité un système unique de retraite ». Cette réforme créerait un précédent.

Une forte mobilisation à Clermont-Ferrand pour dire non au patriarcat et aux violences contre les femmes.

Ce lundi, 25 novembre, à Clermont-Ferrand 300 personnes se sont réunies, place de la Victoire, à l’appel du Collectif 8 mars, pour commémorer la « Journée internationale pour éliminer les violences faites aux femmes ». Ce rassemblement fait également écho au Grenelle contre les violences faites aux femmes, qui s’est tenu plus tôt dans la matinée à Matignon. Les personnes mobilisées sont partie en marche et ont fini à 800 à l’issue de la manifestation.

Ce sont des féministes, des citoyennes et des citoyens qui se sont mobilisés afin de dénoncer les violences faites aux femmes. Les mesures du gouvernement comme la création de places de centres d’hébergement supplémentaires vont de l’avis des personnes présentes dans le bon sens. Mais elles ne sont pas suffisantes de l’avis générale. « Je pense qu’on pourrait aussi demander à des propriétaires de mettre leur camping-car, utilisés que deux mois par an, à disposition des femmes victimes d’agressions », propose Anne-Lise, une jeune militante.

Ainsi les femmes victimes de violences conjugales pourront aller à leurs rendez vous (tribunaux, hôpital, refuge) en sécurité sans avoir a dépenser d’argent.

Des mesures dérisoires

Toutefois ces mesures paraissent dérisoires et l’investissement financier pour ces mesures fait grincer des dents. On peut lire sur un panneau « nous méritons 1 milliard »!

De plus, malgré des mesures concrètes , il semble que les femmes n’ont pas été entendues .

Les discussions dans les réunions politiques sont insoutenables pour certaines, et le chiffre de 137 femmes mortes sous le coup de leur conjoint, ne semble pas avoir trouvé vraiment de réponse pour d’autres.

Certes une prises en charge du compagnon violent semble être un bon début, car on a, cette impression que la toute puissance de l’intimité familiale, semble voler en éclat .

Toutefois ce que l’on retient surtout c’est l’absence de mesures préventives, mais aussi de mesures éducatives d’envergure et le nombre assez restreints de personnels formés par les nouvelles mesures.

Des mesures qui vont dans le bon sens quant à l’hébergement.

Anne-Lise, une militante propose pourtant d’aller plus loin en proposant à des propriétaires : » Il faudrait leur permettre d’avoir accès à des camping , à des cars utilisés souvent que deux mois par an à disposition pour les femmes battues ou les femmes à la rue victimes anonymes des violences à leur encontre » . Elle explique que cela serait un moyen de les loger.

La non réquisition des bâtiments vacants municipaux de Clermont-Ferrand, n’est pas abordée par la municipalité clermontoise. Ni par l’ État à l’échelon national.

Du personnel sera formé et mis en place . Une militante témoigne qu’une amie à elle a été mal reçue par les agents médico-légaux qui lui ont demande »mais que faisiez vous à cet endroit toute seule »?

Ainsi le Grenelle ne semble pas avoir pris en compte la formation de ce personnel que rencontre la femme victime de violences sexuelles ou physiques.

D’autres femmes rappellent aussi que malgré les mesures prises, on peut noter la baisse de dotations pour le Planning familial. Alors que doit-on retenir au final de ce ce Grenelle et de sa trentaine de mesures?

Une première étape mais surtout un blabla pour les personnes mobilisées. Le gouvernement ne remet pas directement en cause ce qui a été vivement scandé « le patriarcat ». Dans les faibles mesures éducatives comme la formation des enseignants et l’instauration d’un conseil de la vie collégienne (ou lycéenne), on note pas vraiment de mesures comme l’ABCD de l’égalité.

Les hommes et femmes engagées durant cette marche nocturne, ont pu montrer leur envie d’aller plus loin, de remettre en cause les consciences, la société qui ne permet pas aux femmes d’avoir le même salaire que les hommes, que les femmes restent toujours victimes de stéréotypes mais aussi de rappeler que la « route est encore longue » afin d’obtenir une société plus juste et égalitaire.

Il s’agit, d’après les mobilisés, de créer une révolution des consciences, qui prendrait pour des militants, la forme d’une remise totale du modèle néo-libéral et de recréer des solidarités populaires et citoyennes.

Une mobilisation en hausse

Karine Plassard, chargée de mission Egalité des droits

Huit cent personnes est un nombre qui fait plaisir. Karine Plassard, chargée de mission à la mairie de Clermont-Ferrand , souligne sa joie en et se souvient:  » J’ai fait des manifestations par le passé à vingt personnes ». Cette mobilisation est une belle mobilisation, dans laquelle des personnes habituées ont été présentes, mais aussi des personnes qui en ont moins l’habitude.

Des hommes comme Paul ou Simon se disent « concernés, féministes, et engagés pour l’égalité » et Manon explique  » je suis en accord avec les panneaux et les slogans ».

Le patriarcat ,les inégalités, les manifestants n’en veulent plus et l’ont exprimé dans la bonne humeur, le pacifisme et l’espoir d’une société meilleure. Les chants étaient rythmés, divers et variés, très frais, porteurs d’une colère mais d’un message positif de vivre ensemble.

Pour aller plus loin.

Aujourd’hui 137 femmes ont été tuées par un conjoint ou ex conjoint en France.

100% des femmes et jeunes filles ont, en France, subi harcèlements, violences, discriminations, insultes, des gestes déplacés ou des regards insistants dans les transports (l’Express).

93 000 femmes violées en 2018 de 18 à 75 ans (Libé, janvier 2019).

85% des femmes qui se prostituent sont des femmes et 38% d’entre elles ont subi au moins un viol dans leur vie. (Haut Conseil égalité)

En 2018, une étude dans le Parisien rappelle que 12% des femmes ont été violées au moins une fois.

Sur l’ensemble des femmes violées ou agressées, seulement 10% seulement portent plainte.