Discerner ce qui n’était pas perceptible avec Jérémie Corbeau

Le béton ça n’a pas la côte

Clermont-Ferrand. Du 27 mai au 1er juin, on parle de géants de béton.

Et le  béton ça n’a pas la côte, ça enferme, c’est froid! Les critiques foisonnent envers ce béton qui est partout en ville, qui habille les immeubles que nos yeux contemplent. D’ailleurs , les édiles sont bien souvent attaqués pour leur politique urbaine faisant la promotion de ces masses granitiques.

Jérémie Corbeau pourtant, au 106 avenue Edouard Michelin , expose une cinquantaine de photographies envoûtantes qui parviennent à nous donner une autre vision sur nos immeubles bétonnés.

Un autre regard

Un autre regard , c’est bien ce que le photographe très qualifié nous propose dans l’église baptiste de Clermont-Ferrand. Le noir et blanc émotionne nos coeurs, et interroge notre esprit. Jouant tant sur les ombres, reflets que sur une prise de vue originale , l’artiste chrétien nous donne à remettre en cause notre perception première de ces géants de matériau non naturel .

Les travaux dans notre ville qui durent, qui durent, qui durent ici se reposent. Et à  travers une cinquantaine de clichés pris à Clermont-Ferrand, Paris et Orléans, ces bâtiments immenses s’ humanisent. L’ oeil a cette impression particulière et singulière, de découvrir tout à fait d’autres immeubles. 

Mais aussi de ne voir que des oeuvres splendides, esthétiques qui rendent ainsi ces constructions utiles et nous donnent une réhabilitation de ces immensités tant décriées.

Discerner ce qui n’était pas perceptible

Après avoir vu l’exposition il y a de fortes chances que les personnes voient le béton comme nécessaire. En effet on revoit les logements qui donnent un toit, des lieux de vie qui accueillent des gens divers et variés, des espaces de rassemblement et c’est bien ce que confirme Jérémie Corbeau lorsqu’on l’interroge. C’est donner à voir autrement ce qui habituellement nous agace, nous dérange.

Et dans une église finalement n’est ce pas une belle perspective : apprendre à discerner ce qui n’était pas perceptible au premier abord?  Un pari difficile en ces temps troublés par les conflits dans notre monde; et voir un delà, n’est-ce  pas ce l’on est en droit de chercher? A travers ces oeuvres photographiques, c’est un havre de paix momentané qui vous est offert.

Il vous reste encore aujourd’hui et demain pour visiter les oeuvres de 12h30 à 17h.

Indication: c’est au 106 avenue E Michelin, église Baptiste de Clermont-Ferrand.

THE BATMAN: QUAND L’ENNUI L’EMPORTE SUR L’ESTHETIQUE.

The Batman , film réalisé par Matt Reeves ( La Planète des Singes (2014), Cloverfield (2008), est actuellement dans les salles. A travers cette nouvelle adaptation de l’Homme chauve-souris, sur grand écran, le scénariste et réalisateur américain signe là un film apparemment sombre, et plutôt dépressif, qui a ravi une grande partie du public français dans les salles depuis le 2 mars. Toutefois, malgré tout ce film rencontre au cours de ces dernières semaines, des avis plus nuancés, voire critiques.

Si, un premier césar doit-être décerné, c’est assurément pour la BO. Michael Giacchino, est un compositeur remarquable. Il l’a déjà démontré par le passé. En effet, on lui doit d’autres BO de films réputés:  » La Planète des Singes: l’affrontement  » (2014) et « La Planète des singes: Suprémacie », (2017). Si on se souvient du fabuleux travail artistique de Hans Zimmer accompagné par Lisa Gerrard, pour le film « Gladiator », on n’oubliera certainement pas non plus d’acclamer, Giacchino pour « The Batman »! Et c’est important de parler de la BO, car c’est l’un des rares éléments qui fait la quasi-unanimité pour ce film, souvent décrit comme sombre, original mais aussi comme long, voire même ennuyeux.

C’est bien le thème , « Something in the Way », de Nirvana qui aura certainement marqué le plus le spectateur. C’est celui qui donne le ton: sombre, psychédélique et à travers l’ensemble musical, on avance dans ce film assez troublant, parfois extasique et jouissif.Oui, Nirvana comme fond est là une riche idée de Matt Reeves. Ce côté « planant », illustre bien une ambiance assez décalée par rapport aux autres oeuvres cinématographiques sur le justicier tout de noir vêtu. C’est tellement fort, qu’on est hypnotisé presque par les sons qui captent notre esprit durant ces 3Heures de découverte d’un Gotham, ominprésent.

Et si on devait décerner un autre césar, c’est pour le choix visuel, très esthétique, très épuré des effets spéciaux redondants habituels qui assourdissent les yeux. Là, c’est le décor qui domine, le visuel gothique, romantique gris, et jouant sur le clair obscur: les ombres des immeubles de Gotham et les lumières vives à certains instants qui éclairent furtivement les bâtiments, sales, témoignant d’une ville à l’abandon, dévorée par la pauvreté et le crime.

Ce Gotham devient le personnage principal,grâce à une camera semblable à une loupe, une focale perpétuelle sur les rues, les appartements, les chambres, la vie inquiétante de personnages paumés, fricotant allègrement avec la pègre, juste pour survivre. Cette camera, en fait le regard désabusé du Batman qui scrute, dans l’ombre, chaque scène de perdition d’une ville sans espoir où le crime et la corruption règnent en maître. Robert Pattinson, qu’on attend au tournant, après la grande interprétation de Christian Bale, se fait le détective, novice mais persévérant qui permet à travers sa prestance de retrouver le climax des comics de notre enfance. Dire que sa prestation du chevalier noir, n’étant sur le terrain que depuis deux ans, et ne parvenant pas à se remettre de la mort brutale de ses parents 20 ans plus tôt, est époustouflante, est un faible mot! C’est vraiment the Batman, il vit le personnage et nous fait rêver, avec ses phrases laconiques, ses phases de déprimes et ses maladresses. Il est un humain, un héros et pas encore un super-héros! Parfois ça fait du bien: le spectateur peut s’identifier à lui.

Et ça c’est le troisième césar qu’on peut décerner au film: un choix scénaristique original. En effet le héros est sobre en terme d’actes, ressemblant un peu à Eric Draven, le charismatique personnage rock , revenu de la mort pour venger la mort de sa petite amie. On revoit un Brandon Lee tant le choix de Matte Reeves de rendre Batman , névrosé et en perdition de repères est réussi. Ce film est un polar orienté psycho drame, à la limite de l’opéra rock pour sa photographie et son graphisme. L’action durant les deux premières heures laisse place à une enquête compliquée pour le héros, voire éprouvante.

Et c’est bien cette enquête qui est la trame principale du film. DC veut dire, et on l’avait oublié durant ces dernières décennies, détective comics. Et donc le choix de Matt Reeves semble d’être revenu aux sources. Et pour le moins qu’on puisse dire, ça déstabilise le spectateur, et rend le film très lent, pas toujours dynamique et parfois trop visuel, trop voyeuriste. Tout y est montré à la loupe, car Batman scrute tout, et c’est à travers ses yeux qu’on comprend le film.

Et finalement c’est ce regard qui va prendre le pas sur la beauté des scènes, et donc sur l’esthétisme. Et ce regard pendant deux heures trente c’est long, très long voire trop long.

Un Batman qui scrute trop

Robert Pattinson donne une excellente interprétation scénique et l’ensemble des critiques s’accordent sur ce point. On est bluffé, et on oublie sincèrement assez vite Christian Bale qui pourtant a interprété une trilogie restée mythique: Batman begins, the Dark night, et the Dark Knight rises. Christopher Nolan avait su en sont temps capter son public et en faisant le choix d’un Bruce Wayne présent, assez pue empathique, marqué autant par son passé dans la Ligue des Ombres avec son mentor Ras-al Ghul que par l’assassinat de ses parents. Si Bruce Wayne avait une consistance forte, Batman était trop classique. Ici, on assiste à un renversement: Batman est consistant car ne sachant vraiment être le symbole qu’il doit être. Il est maladroit,tout en étant malgré tout fort et valeureux. Et pour le coup, c’est Bruce Wayne qui devient plus fade, tellement torturé qu’il agit avec peu de coffre. D’ailleurs il apparait peu car il passe son temps à scruter, en justicier, en vengeur, en Batman.

Et la trop grande présence de Batman, rend le film assez peu dynamique: il y a qu’un regard, celui du chevalier noir. Il observe, assiste son fidèle ami, le commissaire Gordon, seul allié qu’il ait dans sa croisade contre le crime. Mais voilà, son enquête n’a du sens que parce qu’il y a un méchant, qui joue avec lui et la police de Gotham sous forme d’énigme. Et pour assumer ce rôle de Riddler, on a fait le choix de Paul Dano. Les cinéphiles aguerris ont pu voir cet acteur dans Little Miss Sunshine ou The prisoner. Bien entendu quand il porte son masque de Riddler, l’acteur n’est pas forcément mauvais . Mais à la fin, lorsque le masque tombe, on découvre un jeune homme plutôt sympathique, légèrement joufflu. Le charisme en terme physique n’y est pas.

On a du mal à ce moment là, à croire que c’est cet homme qui paraît presque inoffensif puisse avoir donné tant de fil à retordre à Batman et au fin limier, le commissaire Gordon. Car il faut le rappeler, ce film est avant tout un polar sombre, avec une enquête menée par un chevalier noir au début de sa carrière, et un célèbre commissaire de l’univers DC qui ne l’est pas encore. Et le spectateur découvre l’intrigue à travers cette caméra voyeuriste qui ne change jamais d’angle, qui paraît fixe et donne au film réaliste diront certains. En vérité, cela dérange plus que cela ne fait avancer ce film assez lisse malgré tout: ni Bruce Wayne, Ni Batman sortent du cadre: ils sont juste paumés et inexpérimentés, mais très loin d’être « dark ». C’est un film sobre , qui axe beaucoup trop sur le visuel, sur la focale du héros et on plonge assez vite dans le cinéma indépendant de bas étage assez brouillon.

Un film qui se cherche sans jamais se trouver

Il pleut à Gotham

C’est un film qui raconte que Batman a pris le costume depuis deux ans et qu’il voit Gotham, ville emblématique américaine, métropole fictive américaine se dégrader: meurtres, corruptions, violences gratuites. Il observe et frappe telle une proie les gangsters et malfrats. Ici, on reprend un arc narratif intéressant, le héros enquêteur persévérant, peu aimé de ses alliés du célébre GCPD (police de Gotham). Il erre dans cette ville, en racontant comment il voit lui même les choses. Mais voilà, le travail immense de l’équipe de décors, du directeur musical et de Robert Pattinson ne parviennent pas à faire oublier une ficelle revue et revue au cinéma et dans Batman même (même celui de Nolan): tous pourris. Cela ne constitue pas un scénario complet, et même l’énigme autour d’un Riddler facétieux qui mène le justicier vengeur sur une piste aussi tordue qu’insipide ne parvient pas à captiver très longtemps.

Et pourtant ses références au somptueux film Seven du talentueux David Ficher auraient pu faire de ce film un grand film: ses couches de noirceurs, la scénographie sombre et dépressive , le tueur psychopathe, vengeur et méthodique. C’était un polar a succès garanti par sa sobriété, son réalisme et sa maitrise des contrastes ombres et lumière. Ses dialogues épurés et le climat constant d’incertitudes quant à la résolution de l’énigme sont autant de bons points pour soutenir ce film. Mais voilà encore, entre la scène grandiose où Batman fait son entrée en sauvant un homme d’une agression par un gang peinturluré , au sortir du métro dans un Gotham sordide et la rencontre de l’homme chauve-souris avec l’intrigant Oswald Cobblepot, il y a des scènes assez inconsistantes comme l’arrivée d’une jolie Selina Kyle dans sa chambre, dans son bouge qu’elle partage avec une jeune fille de l’Est. Si Zoe Kravitz est ravissante à souhait, elle est assez insipide à l’image générale du film: une belle femme qui veut venger la disparition de son amie ou finalement se venger de son père. Ce qui rend le film assez confus: quels sont les vrais buts des antagonistes? Le film ne tranche pas assez sur sa finalité. Et on a l’impression que c’est la raison pour laquelle il insiste tant sur la photographie .

Cette photographie aux allures pop rock, assistée d’une BO , punk , gothique, alternative et lancinante, très travaillée, est malheureusement un subterfuge grossier pour masquer un film qui n’a pas trouvé son chemin: le polar ou le film d’action. Il oscille entre les deux, sans parvenir à avoir du coffre, de l’audace, du rythme et une direction qui permettrait de rompre l’ennui qui s’installe après la première heure. Et rappelons que cette oeuvre cinématographique dure 2h45.

Et 2H45 c’est long quand on suit cette enquête pas follement intéressante en vérité. Un individu tue des personnes corrompues, et laisse comme le Zodiac, des indices aux enquêteurs. On plonge dans l’univers d’un jeune Bruce Wayne qui peine à incarner un justicier pourtant nécessaire pour une ville qui se meurt d’une délinquance croissante. L’histoire paraissant originale au départ, devient au fur et à mesure classique et ne raconte rien de nouveau. Batman contre le Pingouin et la pègre locale, du déjà vu avec Burton. Il y a certes en plus, l’ennemi secret qui décide de jouer avec lui. Cet ennemi est intelligent, solitaire et connait assez bien le justicier masqué, du moins ses faiblesses. C’est une traque. Une traque qui pourrait être sympathique si le réalisateur n’y avait pas mélangé l’aspect film d’action. Voulant faire croire à un film d’auteur, Matt Reeves, ne parvient pas à rester sur ce chemin , car les scènes où Gotham est voué à la vengeance du Reedler qui met le feu et déverse les eaux sur la cité, rappellent le film d’action et de super héros. Et le spectateur a quand même une certaine impression de se faire manipuler,et avoir. D’autant plus que beaucoup de ces scènes d’action ne sont pas sans rappeler la trilogie de Nolan (The Dark Knight) ou la Snyder’s Cut (les scènes post-génériques) .

Et c’est aussi ce qui fait de ce film un film qui ne trouve pas sa voie. Vendu comme un film original, et noir, au final, le réalisateur y met quand même des éléments déjà vus, déjà servis dans l’ensemble des Batman (vengeance, folie, destruction de Gotham) et dans l’ensemble du cinéma hollywoodien, en général. Le tous pourris n’est plus porteur. Des Incorruptibles( Brian de Palma, 1987) en pensant par les Infiltrés (Martin Scorses, 2006), on nous a servi trop de fois cette rengaine. C’est assez plaisant pour un réalisateur qui n’a pas beaucoup d’idées sur le plan scénaristique, mais cela ne tient pas dans un film aussi long.

Un Batman paumé

Un film long, long, long…

The Batman dure quand même 2h45., il est important de le rappeler.Pour mémoire, Batman:Begins (2005), avait une durée de 2h20. Le format était déjà long en soi, bien que plus court. Toutefois, le choix photographique de Chris Nolan avait été l’alternance de scènes, afin de donner toujours du rythme. Bruce Wayne était déjà un personnage torturé, obnubilé par la mort de ses parents,brutalement assassinés sous ses yeux d’enfants. Il était un jeune homme arrogant et en soif de vengeance. Mais le film n’avait pas focalisé que sur ces éléments. Il avait tenu à donner de l’ampleur aux personnages secondaires comme: Alfred (Michael Caine), Lucius Fox (Morgan Freeman), Katie Holmes ( Rachel Dawes) et Gary Oldman (le commissaire James Gordon). Des alliés de poids avec une personnalité marquée pour Bruce Wayne et Batman.Et du coup, le film était vivant, malgré un arrière plan déjà sombre.

Ici dans the Batman, tout tourne sur Batman et Gotham. Les personnages secondaires, comme Selina Kyle alias Catwoman (Zoe Kravitz) ou Jeffrey Wright (commissaire Gordon) ou Andy Serkis (Alfred) ne sont pas très profond et restent assez en retrait, et ce malgré leur présence scénique. Ainsi, ce film fait d’eux des prétextes pour habiller l’histoire vide et n’investit pas sur leur charisme. Pourquoi insister sur l’appartement de Selina et de sa colocataire qui va être enlevée, puis tuée par Don Falcone (le patron du Pingouin, interprété par un John Turturro plutôt à côté de ses pompes), si on ne creuse pas plus sur Selina? Là encore, le réalisateur ne sait pas vraiment quoi montrer. Et pourtant, il montre: l’entrée de l’héroine, sa relation sororale avec la future victime, les courbes sublimes de Zoe Kravitz quand cette dernière se change pour revêtir le costume de Catwoman). Et cette scène voyeuriste semble ne jamais avoir de fin.

Oui, la caméra focalise sur plein d’éléments sans grande importance: le regard de Batman intrigant sur le jeune gangster initié qui prendra la fuite après ses collègues qui se sont fait mettre à l’amende par le vengeur masqué, la scène où le justicier se retrouve avec le procureur attaché avec une bombe fromentée par le Riddler, la séquence où Batman coupe le filon de corde pour se retrouver dans l’eau pour conduire les rescapés de la folie de l’antagoniste principal…Ces scènes sont longues, et font décrocher le public qui aurait peut-être aimé plus de dialogues, plus d’action que des plans séquences en mode caméra embarquée.

Sous forme de chronique, l’histoire est racontée par un Batman débutant qui est paumé, ne se remet pas de la mort de ses parents mais ne parvient pas à comprendre la violence de la ville qu’il aime mais qui a sombré dans le crime. Il n’a au départ plus d’espoir, il est désabusé et se laisse souvent avoir par les plans par son adversaire: Edward Nashton , l’Homme-Mystère (ou Riddler). Celui-ci a grandi dans un orphelinat et considère que tous les notables de la ville sont corrompus. Ce qui n’est pas faux, mais ce dernier se venge. L’intrigue mise en place par ce dernier, autour du El Ratta est assez niaise, et par sa redondance, donne une image au film simpliste.

Et ce simplisme passe mal après presque 3 heures passées dans les fauteuils des salles obscures. Rien n’est bien construit, et le visuel est prétexte pour combler ce vide. Comme par exemple l’intrigue autour des parents de Bruce Wayne. L’absence de rupture dans les séquences et les intrigues comme celle-ci, qui s’allie à la vacuité d’un certain nombre d’images, ne permettent pas d’avoir une dynamique positive, et une opinion favorable sur l’ensemble du film.La ficelle de la sobriété dans le brossage des personnages et de l’action, couvert d’une esthétique à couper le souffle, ne tient pas en haleine suffisamment, et ce malgré la dernière demi-heure explosive mais assez brouillonne. En effet, beaucoup de scènes inutiles, lentes et interminables ainsi que des références à d’autres films de la franchise nuisent vraiment à l’oeuvre de Matt Reeves.

The Batman, est donc agréable d’un point de vue visuel. Il ‘est intéressant de le voir au moins une fois au cinéma.Cependant, parvenir à ne pas s’endormir est difficile car l’ennui l’emporte sur l’esthétique bien souvent dans le film. Si la prestation subliminale du justicier vengeur de Robert Pattinson est exceptionnelle et de loin la meilleure de toutes les versions sur grand écran , elle ne parvient pas pour autant à faire oublier que l’univers de cette icône ne séduit plus. Matt Reeves ne parvient pas à redonner du souffle à un personnage qui s’est fourvoyé dans les clichés racoleurs du tous pourris et de la nécessité d’un super héros pour défendre une ville qui se meurt. Même le symbole d’espoir que l’homme chauve-souris représente à la fin du film est daté et les spectateurs lui préféreront plutôt des héros ordinaires comme Bill Costigan dans les Infiltrés. Si the Batman se prépare déjà à être le succès commercial, on n’oubliera pas que le décor ne peut sauver toute l’oeuvre assez monotone et insipide.

Festival international du Court-métrages de Clermont-Ferrand: 100 000 personnes malgré la crise sanitaire

Le 44e festival du Court-Métrage de Clermont-Ferrand, qui s’est déroulé du 28 janvier au 5 février s’est achevé samedi dernier sur note positive. Laure Thomasset, l’organisatrice confirme aux micros de nos confrères de France Bleue: « On est particulièrement content d’avoir pu faire 100 000 entrées »

Souvenez -vous, en 2021, le festival est confiné, c’est la crise sanitaire.Le numérique remplace les visites de salles illustres comme Cocteau, Vian ou l’amphi Varda. C’est monotone, voire triste…Et en 2022, c’est, aussi la crise sanitaire, mais voilà, le festival retrouve ses festivaliers.

Cette année, pas de couvre-feu, et ce malgré une épidémie bien présente encore dans notre pays. Oui présente, mais heureusement pas suffisante pour tout mettre à l’arrêt. La vie malgré les masques bleus, blancs ou noirs est bien là, et quelques 100 000 personnes et plus ont participé à ce grand évènement et c’est tant mieux.

Une autre ambiance

Pourtant on peut noter que tout n’est pas comme les autres années et notamment 2020. Le bruit des rues bondées, les senteurs de saucisses provenant des vendeurs ambulants et les jeunes parfois agités par trop d’alcool semblent avoir cédé la place à file d’attente menant au nouveau lieu: la Comédie, où l’on peut voir l’effervescence de personnes plus guindées profitant d’une bière ou d’un plat aux Grandes Tables. Les longues files pour les séances de Cocteau ou Vian ont fortement diminué . Mais les festivaliers ont pu découvrir deux nouvelles salles: les Possibles et Horizon avec des séances pleines.

« Horizon c’est une belle salle très confortable », explique Moise, jeune homme d’une trentaine d’années. Spacieuse, à l’architecture boisée, la senteur est véritablement troublante. Plus petite que sa voisine, celle-ci suscite des émotions aux festivaliers. Quant à l’autre, plus classieuse, elle a son avantage: elle est plus pratique d’accès pour les personnes ayant un handicap moteur. Toutes les deux reçoivent un satisfecit. « Je viens pour les salles », affirme une habituée qui semble avoir changé ses habitudes. En effet, cette année, beaucoup sont venus pour découvrir et s’émerveiller du nouveau bâtiment et ce qui est sûr c’est que la Comédie a réussi son premier festival.

Effervescence malgré la crise sanitaire

Malgré les contrôles du passe vaccinal pour accéder aux séances, les gens ne perdent pas leur sourire et leur joie de vivre. A l’intérieur ou en terrasse, les tables sont pleines. Il est difficile de pouvoir trouver une chaise disponible, ce qui est confirme le succès de l’évènement.

Mais si la Comédie et ses tablées sont dans l’effervescence, la Maison de la Culture et les salles Cocteau et Vian n’affluent pas tant que les autres années. Des choses peut-être dissuasives pour certains ont fait leur apparition: le billet numérique, l’absence d’horaires sur les pages de présentation des fils dans le programme.

Pas toujours simple de connaitre les horaires

« Quoi la séance est à 18H30?, mais sur le programme c’est marqué 18 h », s’étonnent quelques personnes. Les bénévoles de la Comédie reconnaissent que nouveau système n’est pas aisé à comprendre. D’ailleurs certains renvoient même à leurs collègues situés à la Maison de la Culture. Il faut donc être concentré pour bien déchiffrer les horaires.

Malgré ces quelques petits tracas, le festival a quand même ramené pas moins d’une grosse centaine de milliers de visiteurs. Faut dire que les films présentés n’ont pas pu laisser indifférents car chargés des émotions, à l’image de notre époque aux heures d’une pandémie.. « Ah le film russe, dans la neige, qu’est-ce qu’il était bon », s’émerveillent deux jeunes hommes d’une trentaine d’années.  » . Les yeux brillent à la sortie de ce courts-métrage dont l’histoire se situe dans un coin reculé de la Russie. Des policiers qui doivent ramener un corps d’homme mort à cause du fruit. L’humour russe fait mouche.

Des films qui touchent

La poésie, l’espoir, les pleurs ou le rire ont animé la séance ESP4, dans la salle Varda (fac de Lettres). Si ces deux films ne font pas partie du palmarès, ils auraient gagné à l’être. En effet, Background, film à la fois drôle, touchant et poétique où danse , images et anecdotes s’entre-mêlent pour mettre l’accent sur un couple, une histoire dans une histoire plus importante. El Corredor , l’histoire d’un ancien patron qui a tout perdu qui rencontre son ancien chauffeur qui ruse pour l’amener à travers une course à retrouver un travail. Très fin, et superbement interprété, ce film est un des films qui a apporté vraiment beaucoup de plaisir aux spectateurs.

Et pour finir, une des choses qui a pu ravir aussi les participants cette année, c’est la discussion ouverte avec les réalisateur en fin de séances dans les salles Possibles et Horizon. L’équipe de Sauve qui peut le court a su très certainement pallier à la crise sanitaire, en jouant la carte de l’interaction et des rencontres, des petits temps en tables, dans de nouveaux locaux .Ce festival a témoigné qu’on peut vivre de grands moment de cinéma quelque soit la situation alentour.

Pour continuer:

https://www.cnc.fr/cinema/actualites/le-palmares-du-festival-de-clermontferrand-2022-devoile_1624585

https://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=&cad=rja&uact=8&ved=2ahUKEwj69e233u71AhUJQfEDHchnCgEQFnoECBwQAQ&url=https%3A%2F%2Fwww.francebleu.fr%2Finfos%2Fculture-loisirs%2Fle-44e-festival-du-court-metrage-de-clermont-ferrand-se-termine-avec-plus-de-100-000-entrees-1644166503&usg=AOvVaw35yhi-Jrttz-u6MGy1rBNZ

https://clermont-filmfest.org/

https://clermont-filmfest.org/

Le roi des gags s’en est allé.

Jean Yves Lafesse ou l’homme à l’auriculaire

Le Roi du gag s’en est allé. Le 22 juillet 2021 à Vannes, Jean-Yves Lafesse, de son vrai nom Jean Yves Lambert, s’est éteint des suites de la maladie de Charcot à l’âge de 64 ans. Selon ses proches, son état de santé s’était brutalement dégradé ces dernières vingt-quatre heures.

L’humoriste avait créé le piège sous forme de canulars radiophoniques (exemple à l’hôpital psychiatrique) ou de caméras cachées (dans les rues). « Pourvu que ça dure », une série de sketchs montrant des passants piégés, l’avait rendu célèbre de tous les Français dans les années 80. Mais pourvu que ça dure, c’est également ce que disait Letizia Bonaparte, la maman de l’empereur à chaque victoire de son fils. C’est ce que l’artiste a découvert par la suite.

extrait de la serie de caméras cachées de Pourvu que ça dure.

« J’ai passé 43 ans à Paris mais la Bretagne me manquait. Ma relation avec la région est naturelle et très forte », disait celui qui nous a quitté hier. C’est avec une certaine émotion que nous faisons cet hommage à un grand parmi les humoristes. Et fidèlement à ses premiers gags, malgré la maladie, il a « duré » puisque la veille, il publiait encore des videos drôles sur son post, selon un utilisateur de facebook anéanti par la nouvelle de osn décès.

Le déconneur

Il n’était pas passé inaperçu durant le confinement de mars 2020. « J’ai joué mon rôle, celui de déconneur professionnel. J’ai mis régulièrement des videos en ligne sur ma page facebook. Je suis passé de 180 à 300 000 abonnés durant le confinement. La preuve que le rire reste indispensable en toutes circonstances ». Ces propos sont rapportés par nos confrères de JV2.

Et oui, rire en ces temps difficiles n’est pas une masse à faire, mais lui a su le faire. Et les Français le connaissaient bien, pour son goût de la provocation sympathique à travers des caméras cachées ou des canulars à la radio ou là a télévision.

C’est en 1981 que Jean Yves Lafesse débute ,en tant qu’animateur sur des radios libres Carbone 14, Kiss FM et Nova. Nous parlons d’un autre temps, où la subversivité à l’intar de Coluche ou Balavoine était acceptée sur les ondes et les antennes. Un temps, où les milliardaires ne viraient pas leurs salariés à cause d’une blague (cf Canteloup évincé de Europe 1 . En 1985, TF1 ,France 2, Paris Première et la RTS, il poursuit sa carrière dans Lafestival. C’est bien entendu, Radio Carotte sur France 3 qui marque le plus les esprits. L’artiste interviewait en tenant une carotte à la main en guise de micro, des personnes inconnues.

Le punk et l’auriculaire

Son signe distinctif particulier, son auriculaire comme micro succéde à la carotte. Et il pratique cette gestuelle durant une dizaine d’années. Mais c’est un homme qui avait également publié deux livres: Les grandes impostures téléphoniques EN 1992 et Le petit précis de l’imposture en 1994.

Le défunt voit le jour à Pontivy dans le Morbihan en 1957. Il quitte sa chère Bretagne en 1974. Sa vie sera entrecoupée de quatre ans de périples de Paris à Djibouti en passant par l’Italie et en Angleterre, où il est punk en 1976. C’est d’ailleurs bien ce style qu’on retrouve dans son humour décalé, hors normes, toujours en provocation. Mais le punk passe quand même son bac de lettres et cinéma de 1978 à 1981. Le regretté humoriste et homme de spectacle laisse derrière lui deux filles, dont la comédienne Jeanne Lambert et deux fils (nés de son union avec Marie-Eve Schoetl, fille du conseiller d’Etat Jean-Eric Schoetl.

La punk est monté sur scène la première fois en 2014 au Palais des congrès de Pontivy devant un public conquis de 700 personnes et livre aussi sa première répétition de « Lafesse en repet », son spectacle qu’il tourne de 2014 à 2015. Il est Pierre Dac dans La Guerre des ondes, un téléfilm de Laurent Jaoui et produit par Capa Drama. C’était donc un artiste complet qui a sûrement fait des émules comme un certain Greg Guillotin. On a pu écouter Jean-Yves Lafesse dans des livres audio adapté de Frédéric Dard « La rate au courbouillon » et « Voutez Bérurier ». Il y incarne le commissaire mythique San Antonio.

En 2000, c’est dans un camion, « Uniqueaumonde.com » qu’il s’est réfugié pour travailler ses pièges aux passants, invités à découvrir le lieu insolite, où trône sa majesté Internet mais sans modem mais avec cinq caméras connectées.Il se faisait appeler Jo Quartz.

Après un silence médiatique, l’artiste s’ installe à Saint-Germain en Laye puis à Poissy en 2019. Radio France Bleu Breizh le recrute par la suite de 2019 à 2020.

Grâce à se présence sur les reésaux sociaux, il était resté connu du grand public. Et pour conclure, pourvu que ça dure.

Playlist

Sophie vient d’une banlieue, c’est une fille de 28 ans, un peu paumée qui aimerait devenir dessinatrice mais qui est surtout serveuse, avant de se faire embaucher comme chargée de communication dans une célèbre une boite d’édition de BD. La musique, elle l’aime, de toute sa peau! Et par dessus, tout le rockeur Daniel Johnston. Il parle de l’amour vrai dans ses textes. Mais elle se demande si cet amour arrivera dans sa vie.

« L’amour c’est pas simplement se faire baiser dans les chiottes »

Nine Antico, elle est une illustratice et auteure qui a réussi, mais comme Julie, elle a galéré avant d’être là où elle en est. Elle a déjà publié des BD comme Le goût du paradis et Il était une fois2Arthur qui sont deux succès.Elle a aussi réalisé un court-métrage auparavant Tronite C’est la réalisatrice de cette comédie douce-amère, drôle et fraîche. C’est aussi la scénariste. Pour son premier film, la trentenaire s’est inspirée de sa vie. Elle s’est entourée de personnes qu’elle aime pour son premier film. Sara Forestier donne vie avec talent à son personnage, elle joue à merveille la jeune fille décalée en quête d’amour dans un univers d’hommes cherchant plus les plans baise que la romance. Et parmi eux, il y a Jean (Pierre Lotin), son collègue au restaurant. Elle croit à cette histoire, ça fait un an qu’ils sont ensemble. Du moins qu’ils ont des relations sexuelles hard entre adultes consentant. Comme lui rappelle Julia, son amie fantasque (interprétée parLaetita Dosch)  » L’amour c’est pas simplement se faire baiser dans les chiottes ».

Et pourtant Sophie rêve du grand amour, comme en parle son idole musical, Daniel Johnston. Elle veut rencontrer son compagnon pour la vie et veut également réussir sa carrière professionnelle. Et enfin, elle y parvient pour un temps: elle décroche un CDD dans une prestigieuse maison d’édition. Et l’entretien se révèle cocasse. « Mais alors, par contre,, je dois te prévenir, je suis un vrai connard », explique le patron campé par Grégoire Colin; Une phrase qui met mal à l’aise les conducteurs de l’embauche et la jeune femme. Doivent-ils rire?Et finalement tout le monde va finir par en rire entraînant l’adhésion du spectateur. Mais , il y a clairement un malaise durant cette séquence! Si seulement ce n’était pas vrai. Si seulement Jean-Luc nétait pas un vrai connard. Mais c’est malheureusement, bel et ment bien la vérité. C’est un homme macho, qui n’assume pas ses désirs et traite ses salariées comme des choses. Sophie en paiera les frais et ce malgré une certaine tension sexuelle entre eux. Pour l’anecdote, Jean-Luc s’appelle en fait…Patrick!

« Je n’ai pas dit je t’aime, mais j’éteins »

L’héroine change souvent d’avis, et de mecs et colle bien à notre époque avec des trentenaires, souvent désoeuvrés,qui veulent entrer sur le marché de l’emploi Sophie n’a pas réussi ses concours d’art, du coup elle ne s’éapnouit pas: elle partage un appartement naze, avec une surdouée, qui boxe bien: Louise (sublimée par Inas Chati). Sophie en plus d’aimer la musique, de rêver être dessinatrice et de vouloir le grand amour, veut savoir donner des coups de boule! Rien que ça! Mais elle n’est décidement pas faite pour cela.  » Tu vois j’tavais dit de prendre plus d’élan », dit Louise, sa coloc. Et l’héroine finit à terre. Pourtant la scène n’est pas drôle puisqu’une jeune femme se fait maltraiter par un homme violen. Mais Nine Antico sait rendre drôles des situations tragiques. Comme au moment où Jean avoue ne pas vouloir s’investir dans leur relation: « Je n’ai pas dit je t’aime, mais j’éteins »! Alors là c’est drôle mais pas pour Sophie qui se trouve désarçonnée.

Cette oeuvre cinématographique tournée en noir et blanc est assez simple, peut-être facile diront certains: une jeune femme immâture en recherche de son âme soeur et de reconnaissance sociale Mais l’utilisation du noir et blanc permet de rendre les scènes plus réalistes. Oui c’est bien ce qui frappe: le réalisme! Tout semble être du vécu et ça marche. Le temps passe sans qu’on se rende compte et c’est excellent, savoureux . Les acteurs sont grandioses, surtout Laetitia Dosch, qui vole presque la vedette à Sara Forestier. Notamment, dans la séquence, où toutes les deux s’incrivent dans un cours de secourisme . Julia, qui veut devenir actrice, surjoue le rôle de témoin d’un accident grave. Eplorée sur le mannequin symbolisant la victime, Julia nous fait rire. C’est une comédie rythmée par de la musique

« La musique c’est mon premier facteur d’émancipation »

Nine Antico explique à nos confrères de Society: « La musique c’est mon premier facteur d’émancipation. Tu nais dans un milieu social et culturel. Et c’est ta première canne à pêche. Le truc qui dit, je veux aller vers ça ». Et ce film de quantre-vingt-dix minutes est rythmé par la musique, et à ce titre il porte bien son nom. Les musiciens sont présents: la voix off est celle de Bertrand Belin, rockeur breton nostalgique. Celui-ci parle de philosophie de la vie, d’amour de manière psychédélique et fait planer agréablement le spectateur. Lescop, autre rockeur français, lui joue le patron connard. C’est dans son jeu tout en finesse, un brin inquiétant qu’il donne à son personnage manipulateur, macho et particulièrement pervers, l’intensité du connard, qu’il reconnait lui-même être. On s’y croit lorsqu’il apprend à Sophie à utiliser la machine à relier les pages de revue: le patron qui aime humilier les femmes. « C’est pourtant pas compliqué », lui dit il à Sophie lorsqu’elle rate quelque fois la tâche aux apparences faciles, mais combien fastidieuses. N’est-ce pas la triste réalité de beaucoup de femmes au travail face à des patrons ?

Tout fonctionne dans ce film underground, vivant, cadrant bien avec son époque de désoeuvrement et de recherche désespérée d’un amour et d’un travail qui permettra l’insertion sociale, l’épanouissement personnel. On y voit les déboires mais parfois aussi les satisfactions d’une jeune femme qui cherche simplement à trouver sa place dans un monde complexe. Même les gros plans répétitifs qui montrent le visage et le nom du potentiel petit copain fonctionnent. En effet, sous la mode BD, le film se déroule et introduit celui qui fera partie de sa vie ou celui qui en sera rejeté. N’est-ce pas ce qu’on a tous vécu à un moment de nos vies: les gros plans sur nos vies, nos rencontres? La dessinatrice, lectrice de Haute fidélité, de Nick Hornby, romancier évoquant souvent la musique, filme ainsi son film: des succsessions d’évènements en musique, donnant à ses séquences l’authenticité qui déasarçonne à certains instants. Et celle-ci a pris du plaisir à faire ce film, et c’est une bonne chose. A quoi sert-il de créer sans passion? Et ce que l’on peut affirmer c’est qu’elle est parvenue à nous transmettre ces émotions: la douceur, la force, la soif de liberté…

Le Seigneur des Anneaux: la Trilogie.

Affiche de la Communauté de l’ Anneau.

Tout le monde se souvient- il de cette trilogie réalisé par Peter Jackson il y a désormais vingt ans? Le génialissime réalisateur néo-zélandais de Créatures célestes en 1994? En 2001, le réalisateur de Bad Taste s’attaque à l ‘ oeuvre du célèbre et talentueux J R R Tolkien et recevra pas moins de 11 oscars . Philippa Boyens et Fran Walsh, oubliées par les medias, sont pourtant les grandes artisanes de ce succès. C’est leur scénario haletant qui a subjugué les spectateurs et ce malgré quelques entorses à l’oeuvre originale.

Tout n’était pas gagné d’avance. En vérité la famille de l’illustre l’auteur de l’ouvrage le plus traduit après la Bible était réticente à son adaptation. L’ex producteur, récemment condamné pour viol, Harvey Wenstein, ne voulait pas de Peter Jackson.En effet, Quantin Tarantino devait réaliser ce film qui n’aurait pas été une trilogie. Heureusement Wenstein n’obtint pas gain de cause. Le film vit le jour en dépit des mauvais oracles. Si on se remémore le dessin animé assez fade de1979 , on peut remercier Peter Jackson, de s’être attelé à fournir avec son équipe, un film formidable, tant par sa scénarisation , son montage et son interprétation. Des stars prestigieuses comme les excellents Christopher Lee, Ian McKellen ou John Rhyes-Davis, en Saroumane, Gandalf et Gimli, ont contribué à l’immense succès et 11 nominations aux Oscars. Parfois critiquée , la prestation de Elijah Wood, n’en demeure pas moins fascinante mais c’est bien celles de Sean Astin en Sam Sagace( ou Gamegie) ou Viggo Mortensen( Aragorn) ou Cate Blanchett ( Galadriel) qui interpellent le plus . En effet ces 3 acteurs ont investi comme Ian MacKellen complétement le caractère dramatique de leurs rôles.

Mais revenons au film lui même. L’histoire de Frodo Baggins ( Frodon Sacquet) , jeune hobbit de la Comté, qui doit porter l’Anneau malefique du Seigneur des Ténèbres Sauron au Mordor dans les flammes de la Montagne du Destin. Ce dernier, l’Anneau unique, forgé par Sauron, l’ennemi de toute vie veut retrouver son maître. De retour, le Seigneur maléfique veut de nouveau soumettre les peuples de la Terre du Milieu. Frodo Baggins le héros à cause d’une interprétation assez mélo-dramatique de Elijah Wood semble fade et sans saveur au premier abord. On préfère en général le personne de Sam Gamegie, son jardinier, timide hobbit , un peu maladroit mais à l’héroïsme à tout épreuve dans l’adversité. Sam Gamegie est un héros consistant et bien campé par Sean Astin. Pourtant en deuxième lecture, Elijah Wood s’avère être un acteur complet sachant exprimer la joie, la tristesse, la peur par lequel son personnage est habité tout au long de la trilogie. De plus, sa personnalité de son personnage est certainement la plus fidèle au roman.

Frodon scrutant l’arrivée du magicien gris.

Aragorn, un des personnages les plus lumineux et ce malgré sa part d’ombres interprété par Viggo Mortensen crève l’écran peut être trop .En effet, on se souvient d’ un Aragorn plus discret dans le roman. Le héros par excellence, c’est bien Aragorn qui à l’écran est courageux, sage, ayant de l’humour, de l’humilité, de la force et le charme. L’ héritier d’Isildur, dernier roi du Gondor qui chuta. Alors que celui ci pouvait se débarrasser de l’anneau maléfique ,forgé par le seigneur des Ténèbres, pour toujours, le garda pour lui. Il se fit trahir par ce dernier qui avait sa volonté propre. Aragorn dans sa tragédie est marqué, tourmenté par le sang d’ Isildur qui coule en lui et ainsi préfère l’exil au trône qui lui revient. De loin l’un des meilleurs parmi les meilleurs, Aragorn n’ en reste pas moins fragilisé par ce fardeau familial mais aussi par l’amour qu’il porte à une dame elfe Arwen, fille d’ un des derniers grands seigneurs elfes, Elrond. Cette dernière qui choisit de renoncer à son immortalité pour celui qu’elle aime.

L’héroique Aragorn se préparant à un affrontement contre des orcs.

Il ne faut pas moins de trois épisodes : la Communauté de l’Anneau, les Deux Tours et le Retour du Roi, pour faire parvenir l’histoire à sa fin, conformément au roman original. Et pourtant, Peter Jackson s’affranchira d’éléments indispensables comme le nettoyage de la Comté après le retour de Saroumane, la rencontre avec Tom Bombadil ou les dernières années de Frodo en Terres du Milieu durant lesquelesl ses souffrances dûes à la perte de son doigt arraché par la créature Gollum sur la montagne du Destin. C’est ce qui explique à ses yeux, qu’il ne soit pas vraiment le grande vainqueur, qui eut le courage de jeter l’Anneau dans les flammes du Mordor. Ces moments otés dans le scénario de Philippa Boyen et Fran Walsh ont quelque chose de frustrant et d’inachevé. Le départ de Frodon pour les Terres Immortelles avec Gandalf, Galadriel, Elrond, et ses fils ( d’ailleurs absents à l écran) paraît assez incompréhensible sans ces scènes .

En cela et pour cela Christopher Tolkien refusa longtemps à Peter Jackson d’adapter le livre de son grand père. Pour la famille Tolkien le film n’est pas fidèle au romans. La présence accrue d’Arwen à l écran au point de combattre avec les cinq des neufs serviteurs de Sauron ( nazguls), la présence moins prégnante à l’inverse de Saroumane ( qui meurt assez bêtement dans le film sans le panache des romans) sont des points négatifs du film sans compter un Gandalf bien moins prestigieux que dans les 3 romans.

Toutefois, Ian MacKellen assure sa difficile mission: camper Gandalf, sûrement le plus illustre personnage du « Seigneur des Anneaux ». Surtout que ce cernier n’avait pas lu l’eouvre orginale, à la différence de Christopher Lee alias Saroumane. Certes on note souvent l’habileté au combat d’Aragon et son courage mais on oublie trop souvent l’importance primordiale de Gandalf (au départ Maison Grise). Gandalf est l’archétype du mage puissant, sage , fort et généreux. Il ne méprise aucune des différentes races de la Terre du Milieu( à l’instar d’ Aragorn), il est ami avec les Hobbits ( que peu de gens connaissent en dehors de lui) et depuis plus de trente vie d’hommes, il parcourt la Terre du Milieu, défend les royaumes de cette terre, pousse les peuples à résister, conseille les princes et les rois… c’est lui qui 70 ans ,auparavant, poussa Bilbo à accompagner Thorin Écu de Chêne et ses cousins pour reprendre l’Erebor et combattre le dragon Smaug. On pourrait lui reprocher d’avoir un but toujours secret, de manipuler les personnes. Mais en vérité, il pousse ces dernières à développer leurs talents et il ne les abandonne jamais à leur sort.

Le noble magicien affrontant une créature de l’ancien monde: le terrible Balrog.

« Vous ne passerez pas! Je suis un serviteur du Feu secret, détenteur de la flamme d’Andun »

( phrase culte de Gandalf face au terrifiant Balrog dans les mines de la Moria, Communauté de l’Anneau)

C’est sûrement cela qui poussa les puissances d’ Arda ( les divinités de l’univers de Tolkien) à ramener à la vie, le dernier des Istari arrivés en Terre du Milieu et à lui conférer un nouveau statut, Maison Blanche. Gandalf le Gris devient Gandalf le Blanc au début des Deux Tours. Mort à la fin de la Communauté de l’Anneau après avoir vaincu le balrog dans les mines des nains de la Moria, celui qu’on appelle aussi Mithrandir( le Gris- Pelerin) reçoit une vie encore plus glorieuse afin d’ achever sa mission. Le plus sage des Maiar du Valanquante ( autre récit de Tolkien issu du Silmarillion), Olorin devint le magicien ou istar Gandalf. Cirdan, le plus haut Seigneur Elfe de la Terre du Milieu avait été le seul à percevoir sa véritable nature et lui avait confié l’anneau de feu Narya. Souvent comparé à Merlin , il n’en reste pas moins qu’à la différence de ce dernier il n’est pas lié aux ténèbres. Maiar le plus sage, il fut envoyé au tout début du Dernier Âge par Manwe ( le Grand roi des puissances d’ Arda ou Valorin) pour accompagner les habitants de la Terre du Milieu dans leur lutte contre les Ombres.

Gandalf le Gris devenu le puissant Gandalf le Blanc.

Nous allons faire un bref point sur la quête très bien exposée à l’écran par des effets spéciaux et prouesses technologiques impressionnants.

D’ une soirée paisible à un départ vers l’aventure incertaine.

Le 111 è anniversaire de Bilbo: la fête bat son plein.

Tout commence, dans la verte Comtée, par une belle jou durant laquelle on participe à la préparation de l’anniversaire au cent- onzième anniversaire de Bilbo( Ian Holm). La fête bat son plein et personne n’imagine encore le plein retour de Sauron, le Seigneur des Ténèbres.

Bilbo facétieux, semi-homme (ou hobbit), utilise l’anneau maléfique qu’il trouva, lors de ses précédentes aventures, dans la grotte, où vivait l’ancienne créature Gollum, rendue folle par l’anneau traitre. Puis nous le voyons discuter avec Gandalf le Gris et organiser son départ pour Fontcombe où vit le Seigneur Elrond .

Alors que Bilbo est parti en lui laissant l’anneau unique , Gandalf voit des inscriptions. Sur une intuition il part faire des recherches et à son retour, il annonce à Frodo qui se doutait , le départ de son oncle Bilbo. Il lui explique l histoire de l anneau et après que le magicien ait fait rougir celui-ci dans la cheminée, nous découvrons que l’anneau est bien l’ Anneau unique pour tous les lier au Mordor.

Le ton change. On passe dans quelque chose de plus intense, inquiétant , les images lumineuses disparaissent et des couleurs sombres se dessinent. On apprend que Gollum la créature, qui possédait avant Bilbo, le précieux anneau a été relâchée par le Mordor lui même et que dans la souffrance des tortures , il a donné l’adresse de Frodo, le hobbit. Le danger est là, la musique de fond le souligne.

Gandalf charge Frodo de sortir l anneau en dehors de la Comté , jusqu’ à Bree. Il devait le rejoindre mais cela n’arrivera pas: après avoir demandé conseil auprès de son supérieur, ce dernier Saroumane se révèle être un agent de Sauron. Aussi on participera à un combat perdu par Gandalf. Emprisonné Gandalf laisse donc Frodo et ses cousins qui l’ont rejoint seuls à la taverne de Bree.

La Taverne du Poney Fringant à Bree: les hobbits attendent Gandalf.

Une rencontre inattendue qui va bouleverser le cours de l’histoire du héros et de ses compagnons

Alors qu’il devait partir seul, Frodo reçoit la compagnie de son jardinier Sam Gamegie puis tous deux seront rejoints par les cousins un peu gaffeurs de Frodo, Peregrin Touque et Meriadoc Brandbouc surnommés Pippin et Merry. Ils vont très vite être poursuivis par des mystérieux noirs . Plus tard on découvrira qu’il s’agit des Neuf anciens rois qui tombèrent sous la coupe de Sauron et devinrent des nazguls.

A l’auberge du Poney Fringant, à Bree:pas de Gandalf . Un mystérieux homme dans un coin à l’allure inquiétante. Frodo demande à l aubergiste qui il est. C’est un rôdeur. Ces derniers sont jugés dangereux et donc les amis seront sur leurs gardes. Quand pour sortir d’une situation périlleuse dans laquelle le benêt Pippin l’a mise , Frodo utilise l’Anneau pour disparaître. Voyant des choses inquiétantes il le remet et à ce moment il est tiré ainsi que ses compagnons dans un endroit plus retiré de l’auberge.

On découvre Grand- Pas. Un des rodeurs dunedains(ancien peuple liés aux légendes). D’abord effrayés, Frodo et les siens devront apprendre à lui faire confiance . Il semble connaître Gandalf. Plus tard on apprendra que Grand- Pas est un allié de qualité: il défend les hobbit des Nazguls . Mais il ne parviendra pas à guérir la blessure faite par la lame noire du Roi sorcier d’Angmar et c’est ainsi que Aragorn prend la décision d’amener au plus vite le Semi homme à Fontcombe( decision prise déjà auparavant mais la blessure exige une célérité particuliere). Arwen intervient. On découvre la charismatique Liv Tyler en princesse elfe, montant à merveille un cheval féerique. Frodo est amené à Fontcombe, demeure seigneuriale d’Elrond, père de la lumineuse Arwen.

Arwen Undomiel, en direction de Fontcombe, pour que Frondon soit soigné chez son père, le Seigneur Elrond.

C’est à Fontcombe qu’on comprend de la bouche de Gandalf pourquoi ce dernier ne les a pas rejoint. Un Conseil va se tenir et il y sera décidé de briser l’ Anneau. Et c’est vraiment à cet instant que commencera l’histoire: Frodon doit détruire l’ Anneau. Aragorn est dépeint par Peter Jackson avec plus de panache, d’héroïsme que Tolkien précédemment dans son oeuvre. Et on comprend que beaucoup de choses dépendent de lui. Au départ sa loyauté envers Frodo avant leur séparation sur le territoire de l’Anduin est essentielle au sein de la Compagnie. Le simple rôdeur deviendra par la suite un meneur d’hommes exceptionnel après la chute de Gandalf dans le gouffre de la Moria face à un Balrog (démon ancien). Et enfin Aragorn est le capitaine de l’Ouest noble, fougueux et humble qui sait ne pas succomber au pouvoir de l’anneau maléfique de Sauron. Il est également le futur grand roi du Gondor dont les royaumes libres de Terres du Milieu ont besoin. Comme Gandalf, il détermine le sort des habitants qui combattent Sauron et Saroumane.

« Si par ma vie ou ma mort, je peux vous protéger je le ferai! Mon épée est vôtre! »

(valeureux discours tenu par Aragorn à Fontcombe qui va sceller la Commuanuté de l’Anneau)

Christopher Lee est bien entendu brillant dans son interprétation du chef du Conseil Blanc qui trahit les siens. Il était l’un des rares à connaître le roman de JRR Tolkien et s’est merveilleusement glissé dans ce rôle de malicieux et sournois magicien. Comme Gandalf, Saroumane est venu en Terres du Milieu au début du 3e Age et il fut le premier des Istari à fouler le sol des mortels. Au départ Christopher Lee voulait le rôle de Gandalf qui finalement sera donné à sir Ian McKellen. Et on y perd pas au change car autant que pour Ian Holm en Bilbo, ce rôle secondaire n’en demeure pas moins exceptionnel. Il campe à merveille le traitre qui veut régner avec le Seigneur des Ténèbres, Sauron.

Chacun joue sa partition et rend la trilogie exaltante.

Des aventures épiques et une fin glorieuse

La musique composée par Howard Shore, le maître d’oeuvre symphonique de toute la trilogie contribue largement au succès de ce monument du cinéma . Le Canadien chef d’orchestre de son état est un virtuose . Il avait déjà composé des musiques pour des films marquants comme  » La mouche »( 1986) « Le silence des Agneaux » ( 1991), « Le festin nu »( 1992) ou encore « Philadelphia » ( 1993) ou « Madame Doubtfire » ( 1993). Il fallait une musique forte, symphonique, pour conter une somme d’ aventures épiques aussi haletantes et parfois dramatiques aux dénouements heureux mais mélancoliques.

Bilbo avait l’habitude des aventures mais l’oncle de Frodo a connu lui aussi un départ de la Comté de manière assez inattendu comme on le découvre dans le prequel littéraire ou le prequel cinématographique du même réalisateur. Frodo, nest qu’un paisible et timide hobbit décrit comme intelligent comme son oncle. Recueilli par ce dernier quand il devient orphelin , il aime beaucoup celui – ci. Frodo n’a, à ce moment là, jamais quitté la Comté verdoyante des Semi- Hommes. Il vit avec ses cousins Merry et Pippin, plus écervelés et facétieux. Il se doute que son oncle préparait quelque chose comme son départ. Rêvant d’aventures, toutefois, il ne se doute pas qu’il devra vivre tant de péripéties.

Porter l’Anneau hors de l’ Eriador, n’est pas mince à faire. Il va être la proie des Nazguls qu’il doit fuir, puis sera transpercé d’une lame noire, recevra la vie des eldars à travers le don d’Arwen fille d’ Elrond de Fontcomb. Guéri par la science de ce dernier, il se dévoue pour détruire l’Anneau de pouvoir . Et là encore il reçoit une lame, une lame de Trolls des cavernes. Mais protégé par la cotte de mithril de son oncle, il témoignera encore de sa force de survivre. Des aventures il y en a entre le départ de la Comté poursuivis par des Nazguls, lui et ses compagnons vivront encore bien des frayeurs à Bree, puis au Mont Venteux, la séparation de la Communauté, où une partie sera faite prisonniers par des Orques à la solde de Saroumane; l’autre partira pour la Porte Noire pour détruire l’Anneau unique, tandis qu’une dernière ira délivrer la première . On suivra trois destinees: Pippin et Merry enlevés par les Orques puis s’échappant grâce à l intervention des hommes du Riddermark de Rohan; Aragorn , Legolas et Gimli se lançant à la poursuite des Orques Urukai pour délivrer leurs compagnons. Frodo et Sam eux ,qui poursuivent leurs périples dans des terres maléfique, accompagnés du mystérieux Gollum.

Bien d’autres épisodes que nous ne compterons pas ici, marquent le rythme haletant de cette trilogie avec des moments tragiques ou dramatiques comme la mort de Boromir, la condition des femmes obligées de rester en retrait dans les périodes de guerre à travers le merveilleux personnage de Dame Eowyn campé par la talentueuse Miranda Otto. Un oncle, le roi Theoden du Rohan ( Bernard Hill) qui l’aime comme sa fille mais qui est d’un autre temps et qui doit faire face en même temps au monde qui s’effondre devant Sauron et Saroumane … Hugo Weaving interpréte le Grand Elrond, un père devant se résigner à laisser sa fille à un mortel certes illustre mais n’ayant pas la vie des Eldars. Et Arwen ( Liv Tyler) , la belle dame elfe qui reonce à ses privilèges de vie immortelle et donc à vivre en Amman( ou Valinor, terre des Bénis et des Elfes de lumière). Arwen joue un rôle déterminant dans le film puisqu’elle va permettre que l’épée du Roi de Gondor soit réparée. C’est par le sacrifice de sa vie elfique, par amour, qu’Aragorn va, enfin, accepter de prendre le titre de roi et vaincre sa peur de faillir comme son ancêtre Isildur. Non sans peine après avoir convaincu l’armée déchue des hommes morts dans la trahison , il va avec ses compagnons Gimli le nain et l’elfe Legolas, mener l’assaut de renfort au Gondor. Il va combattre les Orques du Mordor devant la Porte Noire afin de donner du temps à Frodo et Sam pour qu’ils atteignent la montagne du Destin. Tout ceci dans le but que Frodo jette l’anneau de destruction dans les flammes du Mordor. Y parviendra-t-il?

« Je préfère partager une vie de mortelle avec vous que de devoir affronter tous les âges de ce monde toute seule ».

(Arwen fait le choix de ne pas suivre sa destinée en Terres Immortelles par amour pour pour Aragorn, Communauté de l’Anneau)

Pippin et Merry sont eux aussi héroïques à travers leur amitié et leur persévérance malgré leur condition de hobbit. Merry allume les feux d’alerte du Gondor( suite au fait qu’il ait regardé dans une boules de vision ou Palantir) et combat à la citadelle aux côtés de Gandalf tandis que Pippin combattra au côtés d’Eowyn et contribuera à vaincre le Roi sorcier d’Angmar , chef des Nazguls. Leurs maladresses passées sont vite oubliées grâce à leur sens de l’amitié, à leur bravoure et à leur courage. Ce qui est remarquable dans ce film et l ‘oeuvre original c’est que finalement le destin de tous va reposer sur des petits hommes sans apparence de noblesse et qu’on regarde habituellement à peine.

Tous les personnages vivent des aventures exceptionnelles et la force de la Communauté même séparée brise tous les obstacles . C’est un film qui donne beaucoup d’espérance. La victoire qui paraissait impossible pour les héros est finalement rendue possible. Il y a un caractère tragique dans cette victoire: Frodo ne jette pas l’Anneau et se laisse corrompre au dernier moment pas la puissance de celui-ci. Il faillit . On voit un héros imparfait qui se laisse consumer. Mais nous devons préciser que cet anneau est celui du Seigneur des Ténèbres et veut être retrouvé. Galadriel ( Cate Blanchett) pourtant la plus puissante et majestueuse des seigneurs eldar a failli succomber à son pouvoir et Gandalf le plus sage de tous lui même a refusé de prendre celui ci de peur qu’en lui un trop grand pouvoir se répande.

Enfin, que dire de ce perosnnage, ayant connu mille souffrances à cause de cet annau après tant de siècles? Ce personnage c’est Gollum, précédent porteur de l’anneau de corruption, ce méchant à l’aspect répugnant, mais qui pourtant jouera un rôle important dans la conclusion de cette trilogie. Je laisse les lecteur le découvrir. Si le film ne le montre pas, dans l’oeuvre originale de JRR Tolkien, Frodo garde la trace indélébile de l’anneau dans son coeur, des années durant. Il n’est pas le héros de l’histoire à ses propres yeux. Et son départ pour les Terres Immortelles marque cet élément dramatique: la séparation finale des 4 hobbits. Mais c’est aussi ce départ qui fera de Sam Gamegie un être autonome à part entière (cf la version littéraire).

La trilogie Seigneur des Anneaux( Communauté de l’Anneau, les Deux Tours et le Retour du Roi) est très actuelle si l’on veut la replacer dans un cadre politique. Jrr Tolkien dénonçait l’occupant et la dictature nazi durant la Seconde Guerre Mondiale. A l’heure du Nouvel Ordre mondial et de l’effondrement des démocraties remplacées par les intérêts d’argent, ce film résonne comme l’expression de la Résistance des peuples exploités par leurs dirigeants.

Jojo Rabbit

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Présenté au Festival international du film de Toronto, cette oeuvre cinématographique réalisée par Taika Waititi (Thor:Ragnarok), a recu le prix du public et l’oscar du meilleur scénario à Cannes. Jojo Rabbit, est un film qui peut destabiliser par le choix du surréalisme, parfois grotesque, pour relater des évènements tragiques, un régime de terreur: le nazisme.. On pleure et on rit, mais on ne s’ennuie pas . C’est une adapttion de « Le ciel en cage » de Christine Leunens.

C’est une comédie douce-amère, ,superbement portée par un jeune garçon très prometteur, Roman Griffin Davis, dans le rôle de Jojo, un jeune garçon allemand de 10 ans,candide, adepte d’ Hitler et la telentueuse Thomasin Mckenzie dans le rôle e Elsa Korr,’une jeune fille juive recueillie par les parents du garçon. Scarlett Johannson campe Rosie, la maman de Jojo. Hitler, l’ami imaginaire, est interprété par l’excellent Taika Waititi. Mais ce film ne serait pas si drôle sans la présence d’un autre jeune garçon , Archie Yates, alias Yorki, le meilleur ami maladroit mais sympathique du jeune héros. Et enfin Sam Rockwell, donne une touche surréaliste, dans le rôle du commandant K, dépassé par les évènements.

Original, frais, sombre, rocambolesque , et dramatique, ce long métrage américain retrace l’histoire de Johannes Betzler, un jeune garçon allemand, durant la seconde guerre mondial dont la passion est Hitler et le nazisme. Les couleurs sont très colorées et c’est certainement cela qui donne un ton décalé au film assez bouleversant.

Jojo Betzler , est maltraité par ses camarades lors d’ un camp de jeunesse hitlérienne. Parcequ’il est incapable de tuer un lapin, ses supérieurs vont le surnommer Jojo Rabbit. Son père est un soldat parti et jamais revenu. La rumeur dit que ce dernier serait un déserteur. C’est ce qui le fait adhérer aux thèses nazies àseulement . Mais ce père était un résistant, comme sa mère.

Ce petit garçon amoureux du Reich et de la nation a un ami imaginaire :Hitler en personne. Ce dernier lui sert d’instructeur et de père « putatif ». Mais son univers va basculer le jour où il entend du bruit dans le grenier de la maison familiale. Il va découvrir une jeune fille, Elsa Korr. Celle-ci , juive, est hébergée par sa mère. Peu à peu, l’enfant comprend que sa mère est une résistante, ce qui va créer en lui un choc émotionnel très important.

La mort de Rosie, pendue pour actes de résistance entraîne le film dans la tragédie. C’est aussi ce qui va permettre vrai un rapprochement entre Jojo et la jeune fille juive. Le petit garçon peut-il garder ses convictions?

Scarlett Johansson Jojo Rabbit
Jojo et sa mère

Entre sa rencontre avec Elsa dont il tombera peu à peu amoureux et son amour ardent pour le Fuhrer, la vie du jeune garçon va prendre un tournant complexe. Comment pourra-t-il composer avec son ami imaginaire antisémite? Il sera contraint de réaliser que la guerre n’est pas un jeu, que ses idéaux ne sont pas les bon.

Taka Waititit, a également écrit le scénario. Peut-on rire de tout? Oui, mais intelligemment. En effet, le film est fin dans son analyse du nazisme à travers les scènes du camp dans laquelle, on force un enfant à tuer un lapin de sang-froid. C’est d’ailleurs parce que Johannes Betzler, n’arrive pas à le faire qu’il est moqué et appelé Jojo Rabbit. Derrière le grotesque des situations, le scénariste et réalisateur montre l’abusrdité même du régime violent qui ne juge que sur la capacité à faire du mal. Ainsi décrit, le national-socialisme est montré dans ce qu’il a de plus horrible. Le film joue également très bien sur la caricature des Juifs dépeints comme cornus, ayant des pouvoirs maléfiques.

Ce n’est pas une simple comédie tendre, et loufoque comme on le voit durant la première partie. A la mort de Rosie , la maman de Johannes, tout bascule dans le tragique.Cet évènement va permettre aussi de montrer au candide enfant que la guerre n’est pas un jeu, que le nazisme n’est pas acceptable.

Retour sur le festival du Courts-métrages, édition 2020.

Temps de rencontre avec des professionnels.

Le festival du Court- métrage s’est achevé samedi soir . Cette année, Le pays à l’honneur était la Pologne et le thème, l’agriculture. Malgré la crise sanitaire liée au coronivrus,cette 42 e édition a réuni 170 000 spectateurs.

Ce festival est le premier festival international de court- metrages. En terme d’ audience et de professionnels , le Festival du court metrages de Clermont-Ferrand est le second de France après le Festival de Cannes.

L’association « Sauve qui peut le court métrage « , organisatrice du Court Métrage, est un collectif qui organise églament des projections en soirée.

Ce sont q pas moins de 320 bénévoles qui ont permis de rendre cet évènement exceptionnel. Il y a eu également 3600 professionnels accrédités, 58 pays représentés et 54 films nationaux et 80 films internationaux projetés . De plus, les spectateurs ont pu découvrir 43 fictions françaises ( dont 11 films d’animation) et 14 documentaires internationaux et et 10 animations internationales .

L’émotion a été au rendez-vous avec le film international « The Present » ou avec l’animation française  » Mémorable » qui ont reçu respectivement le premier prix et le prix du public. Bruno Collet , le réalisateur français rennais a pu se remettre de sa déconvenue hollywoodienne en recevant le prix « effets spéciaux » ;

Le premier film international, raconte, avec doigté et simplicité, les relations difficiles entre Israël et la Palestine. « The present » relate la décision d’ un homme d’ acheter un frigo pour célébrer leur anniversaire de mariage. Il part avec sa fille mais en chemin ils sont contrôlés sévèrement et au retour, le contrôle s’avère plus difficile et c’est là petite fille qui sauve la situation. Tout ne sonne pas toujours juste mais les interprétations font mouche ainsi que le parti scénaristique non stigmatisant de part et d’autre.

Le second, Mémorable trace le quotidien d’un homme, un artiste peintre ayant la maladie d’Alzheimer et de son épouse qui reste à ses côtés pour le meilleur et parfois le pire. Film fin avec un graphisme particulier mais qui fait traverser le spectateur de la peur à la tristesse sans pour autant tomber dans le sordide.

. Des personnes aux sorties des projections avaient un arrière goût de désespoir parfois mais semblaient accuser l’état du monde. Et oui notre monde peu rassurant produit des fictions qui en sont le reflet. Le film the « Loyal Man » traduit un aspect de ce monde: l’ exploitation de migrants clandestin et le choix décisif d’un passeur de sauver une immigrante. Le film nous fait plonger dans la mafia tamoule de Paris. Un film de Lawrence Valin.

L’ Éclair d’ Auvergne a rencontré Philippe Wong , producteur d’ un court- métrage  » City Hunter », non présenté dans cette 42 e édition du Festival . Nous avons également rencontré Alessandro Di Gregorio. Nous vous livrons quelques extraits de ces échanges.

Échanges et rencontres

Filip Wong, est un realidateur et producteur d’ origine asiatique. Il nous parle de son dernier film.  » Il n’est pas diffusé à cause de son format » explique- t- il. Ce film semble pourtant promoteur, « City Hunter ». L’homme semble un puriste du célèbre manga qu’il a voulu adapter pour les trente ans. Un film qui relate les aventures de Ryo Saeba(Nicky Larson) . « A la différence du film de Philippe Lacheau, ce film est violent, sombre et retrace les relations avec la pègre asiatique, explique le réalisateur. « Ce film revient aux origines du premier épisode de Tsukasa Hosho.

Sans détour, il dénonce aussi le film de Lacheau qui selon lui « enlève complètement ce qui fait l’âme du manga original: la culture yamakusa ». Il n’est pas fan non plus des allusions au Club Dorothée.

Filip Wong poursuit l’entretien en évoquant les chorégraphes qui ont travaillé avec Steven Seagal et avec Luc Besson sur le film Valerian. Un film visuellement correct d’ après les critiques et qui a mis trois ans et demi de réalisation, affirme celui-ci. Pour le réalisateur et producteu: » le cinéma doit être un divertissement. »

Nous avons abordé avec lui d’autres sujets comme le greenwashing au cinéma qui est pour lui « insupportable », des valeurs familiales qui se perdent avec les immigrés qui intègrent pleinement la culture du pays d’adoption. Cette discussion nous a permis d’aborder plus largement la question de l’integration et aussi du racisme anti chinois en cette période de crise du coronavirus. « Le nom lui- même est raciste et fait réfèrence à la plante corona utilisé en Asie de couleur jaune » raconte le producteur.

A notre question sur la montée du racisme anti-asiatique il nous repond » dans un transport en commun j’étais assis et j’ai vu une personne qui en me voyant est allée s’asseoir ailleurs. » Le racisme à l’encontre des personnes asiatiques progresse de manière assez inquiétante. Et nous avons abordé également la question des banlieues. Et du traitement médiatique lamentable et de de la dégradation des conditions de vie, de la perte des repères des jeunes.

Nous nous sommes entretenus avec Alessandro Di Gregorio.Ce dernier présentait son film fiction faisant écho à la tragédie de Lampedusa le 3 octobre 2013. Cinq cent migrants africains avaient fait le voyage sur l’île italienne près de la Sicile. Au total, 366 d’entre eux avaient péri dans la Méditerranée.

Ce court-métrage conte la rencontre d’un fossoyeur et d’un plongeur qui recueille les corps. Il n’ a certes pas reçu les honneurs à Clermont-Ferrand mais les avait reçus à Moscou en 2018. Le réalisateur italien n’était pas un engagé au départ. « C’est en lisant le journal et en voyant la tragédie à la télé que l’idée du film m’est venu ».  » Il fallait que je montre ce qui se passe », explique le cinéaste.

Cette 42e édition est record de participation selon e président du festival, Jean-Claude Saurel. » Il pourrait se réitérer par l’achèvement de la nouvelle Comédie qui permettra de gagner deux autres salles. », souligne celui-ci. Cela permettra aussi la fin des files d’attente durant plus d’une heure parfois

Cependant,des salles comme le Petit Vélo ou Lumière sont moins fréquentées et interrogent responsables de sites et spectateurs. Comment les remplir de nouveau? Cette question a été souvent posée par des bénévoles soucieux de rendre ce festival encore plus réussi pour les autres années. Qu’est ce qui motive les personnes à venir plus à telles ou telles séances ou dans telles salles? Le climat? Le bouge à oreilles sur les films à voir ou pas? L’emploi du temps de chacun(e)? Les organisateurs ont un an pour y répondre.

De l’avis de toutes et tous, spectateurs, bénévoles, responsables de sites et professionnels du cinéma ce festival international du Court Métrage est un événement incontournable à Clermont-Ferrand. Brasseries et barakafrites sont également aux bénéfices de cet événement tant attendu chaque année. La soirée de clôture, instant de nostalgie et espoir d’une édition à venir encore plus festive chaque année a été cette année un grand moment.

Des rencontres entre anciens et nouveaux bénévoles sont autant de raisons que les échanges avec les professionnels, le plaisir de voir des séances entre amis ou en familles, que de soutenir ce festival à visage social et humain. Un festival populaire qui toutefois selon certain(e)s peut gagner encore de sa proximité avec l’ensemble des Clermontois . Des pistes seront encore à creuser en ce sens par la Ville de Clermont-Ferrand et les organisateurs de ce merveilleux événement.

Pour plus d’ infos sur le festival et la programmatique, événements :

http://www.clermont-filmfest.org

http://www.afca.asso.fr

Le dimanche fut également la fête des bénévoles, le repas célébrissime de Salusse. Moment de partage, de convivialité et dernières instants passés entre bénévoles et responsables.

Enfin le festival du Court-métrage ! Clermont-Ferrand en fête!

L’affiche 2020 du festival international de Court métrage.

Attendu avec impatience , chaque année, l’affiche du festival du Court-Métrage s’est dévoilée au mois de septembre dernier et elle est magnifique comme très souvent. L’affiche du célèbre et incontournable festival du Court métrage à Clermont-Ferrand est l’œuvre de Susa Monteiro, membre du jury.

Susa Monteiro est une artiste venue d’un pays de soleil, le Portugal.

 » Après avoir découvert Clermont-Ferrand et assisté à une superbe édition du festival du Court-métrage 2019, j’ai voulu à travers cette image combiner le paysage volcanique unique et imposant qui surplombe la région, avec l’atmosphère colorée et chaleureuse créée par les festivaliers ».

Cette année est la 42 e édition et avant dernière avant déménagement dans des locaux flambant neufs (et beaucoup plus grands) . Du 31 janvier au 8 janvier 2020, il y aura 165 000 festivaliers habitués qui vont déferler dans notre capitale auvergnate.

Et pour continuer l’artiste portugaise  » le festival du court-métrage de Clermont-Ferrand , c’est ça: autant de films que de personnalités venus des quatre coins du monde, formant un bouillonnement culturel inédit, fait de curiosité, de moments de partage et d’allégresse. Ce que j’ai souhaité mettre à l’honneur dans cette affiche c’est l’ exotisme qui nait de la rencontre de ces différents univers autour de cette belle manifestation au cœur de l’hiver ».

Le Festival du court de métrages c’est également en chiffres:

– 9 400 films

– 3600 professionnels

– plus de 300 bénévoles

Le Festival du Court Métrage de Clermont est le second festival de films en France avec le festival de Cannes.

De l’avis de l’ensemble des bénévoles, c’est un moment magique cet évènement. A noter aussi qu’il y aura des concerts à l’Electric Palce (Maison du Peuple) et le 6 fevrier au musée Quillot. Aussi des buvettes dans la ville, des rencontres de professionnels, bref une semaine de fête!

Pour plus d’infos rdv sur le site:

https://www.clermont-filmfest.org