Journaliste indépendant, et fondateur de l'association Eclair d'Auvergne, futur média et promoteur d'activités culturelles et artistiques, et missionnaire en insertion sociale.
Chrétien, bon vivant, j'aime le rock et le cinéma, la cuisine, communiquer, échanger sur divers sujets de société.Non professionnel et en demande pour le devenir.
Vous habitez Paris, et vous avez besoin de consulter pour vos pieds? Et si vous vous rendiez dans le cabinet de cette femme dévouée, bienveillante ?
C’est une femme pleine d’énergie, une femme pleine de charme et d’humour, c’est Inès Carpin.
C’est pas une star mais à son niveau, elle fait le buzz des réseaux sociaux. Nous avons décidé de rencontrer la plus populaire des pédicures – podologues de France.
« C’était pour faire marrer les copains »
« Au départ c’était pour faire marrer les copains », nous explique la praticienne de quarante ans . Si c’est surtout après le confinement qu’elle se fait connaître de Facebook, tout commence pourtant dès 2012.
Elle avait un patient. » C’était un homme âgé, plutôt cru. Mais je l’aimais beaucoup », se souvient Inès. Elle a décidé de raconter ses anecdotes de travail avec lui. A l’époque ça s’appelait : » Vis ma vie de podo ».
Et le confinement, le couvre-feu ont fait que son activité à été mise en berne. Alors que faire? Regarder des comptes de personnes qui parlaient de leur métier.
« J’ai voulu faire passer un message sur mon métier de pédicure et podologue », déclaré la soignante. Et comme elle aime le théâtre, elle en a fait un an, mais aussi la peinture: elle en a fait entre ses 6 et 11 ans, c’est tout naturellement qu’elle a choisi de faire des vidéos sous forme de sketches . Ça fait du bien à regarder, tout en faisant comprendre mieux ce métier finalement assez peu connu.
« Du soin et non de l’esthétique »
» La podologie c’est la fabrication des semelles, des appareillages, du moulage en résine pour réparer un ongle tombé par exemple », explique Inès. Ce que l’on apprend également c’est que les pédicures- podologues peuvent s’occuper des genoux et des douleurs dans le dos een appui , dans un travail multidisciplinaire.
C’est un métier très différent des prothésistes ongulaires. Elle tient à la rappeller, elle fait du soin et non de l’esthétique. Et des soignants lui parlent, et aiment découvrir des choses qu’ils n’imaginaient pas. C’est pas qu’une soignante des pieds!
Et avec le rire ça fait toute la différence. Ses personnages telles que la » blonde un peu cruche » ou » la belle fille exécrable », témoignent que Inès Carpin a un talent certains pour le théâtre.
« Je prends des cours »
» Je prends des cours » confirme-t-elle. Plus que la passion de petite fille, c’est sa passion et même si elle affirme ne pas faire de one woman show, que c’est un autre, métier , depuis déjà 3 ans, elle cartonne vraiment sur le net, au point que TF1 lui a fait une promo. Et oui bien que peut-être, une femme de notre vie quotidienne, la jolie Inès est aussi la plus connue des podologues de France et de Navarre.
Mais pour autant. C’est pas à elle qu’elle jette les fleurs mais à une amie qui a eu l’idée de son pseudo. Inès Carpin, quel meilleur nom quand on est pédicure que cela?
Ses vidéos sont droles, parfois désopilantes, mais parfois c’est des critiques, des coups de gueule . Jamais dans la malveillance, car Inès c’est une femme altruiste et bienveillante en plus d’être une maman attentionnée. Son compagnon est un musicien et publicitaire.. « Il travaille dans la publicité , Tous deux parviennent à faire vivre leur famille, ce qui n’est pas toujours facile à Paris
Avec la tête sur les épaules, les yeux dans les étoiles d’une scène peut-être dans quelque temps, Inès Carpin, serait-il elle une nouvelle star de l’humour?
Vous avez Facebook? Inès Carpin vous fera oublier vos soucis. Et vous apprendra plein de choses.
Vernissage le jeudi 22 octobre de l’exposition Phil et Anne, au CCAS de Clermont-Ferrand, 19 rue Georges Clémenceau. Elle se tient du 22 octobre au 13 décembre 2024.
« Ça peut heurter les sensibilités »
» Ça peut heurter des sensibilités », c’est ce que le service culture de la Ville, a dit à deux photographes animant des ateliers au CCAS de Clermont-Ferrand .
De quoi est-il question? Phil et Anne, sont deux photographes talentueux et exposent dans le centre depuis le 24 octobre et ce jusqu’au 13 décembre 2024. Tous deux avaient fait une belle photographie jouant sur le noir et blanc, peint en partie en noir et blanc.
Mais voilà ce n’est pas correct selon des bien- pensants , pensant à la place des autres. Ces représentants d’opérette de la cause anti- raciste, ont décidé sans consulter des personnes concernées que c’était offensant. On a crié au » black facing ».
Ce qui est aberrant c’est que ce sont certainement les mêmes qui s’offusquent quand on explique que des personnages historiquement blancs n’ont pas à devenir noirs dans des oeuvres actuelles. Le fameux deux poids, deux mesures qu’on attribue trop souvent à la gauche. Mais au delà de la question du clivage politique, c’est surtout l’expression de mauvais analystes des conditions réelles des personnes minimisées.
» C’est incompréhensible, c’est le politiquement correct à toutes les sauces », s’indigne Anne l’artiste. Surtout que le message était au contraire le symbole du vivre ensemble, du partage, mais comme le rappelle Phil: » l’Art ». Oui c’est une exposition artistique, où l’art et la culture devraient passer avant des considérations faussement politiques. Derrière cette polémique, on peut s’interroger sur la sincérité du discours municipal sur la culture.
Mais heureusement, nos deux artistes ainsi que les membres des ateliers, ne se sont pas laissés démonter par cette déconvenue et ont su présenter leurs œuvres exceptionnelles.
« Phil c’est la technique et moi l’artistique »
« Phil c’est la technique et moi l’artistique », déclare Anne. En effet ce dernier utilise des pratiques presque scientifiques inimaginables pour nous éblouir les yeux .
Anne c’est l’esthétique qu’elle recherche et ça donne des résultats tout aussi exceptionnels. » Moi cela dure quelques minutes seulement », explique l’artiste. Alors que Phil va travailler des heures.
Complémentaires, ces deux passionnés de l’image sont complices, se respectent et se reconnaissent. Loin des clichés des artistes jaloux, nous rencontrons de bons amis. Et avec eux, des personnes des services du Centre Communale d’Action Sociale et, Anne présente une personne phare dans l’organisation de cette belle exposition, Madame Gidel.
Madame Gidel , une assistante sociale engagée
Elle est contente et fière des bénéficiaires. C’est une assistante sociale, très engagée dans la culture et la valorisation des publics fragilisés. Pour rappel, même si les photographies exposées sont vraiment magnifiques, et très travaillées, ce sont des bénéficiaires qui les ont réalisées dans un atelier d’action solidaire, qui permet à chacune et chacun de témoigner de leurs capacités de créer, d’entreprendre et produire des oeuvres .
Valoriser et rompre le quotidien amère des précaires c’est aussi la mission des CCAS. Et à Clermont- Ferrand, c’est une priorité toute particulière.
C’est un moment agréable de contemplation, de découvertes, de surprises à découvrir seul ou en famille. N’hésitez donc pas à vous rendre au CCAS pour admirer les oeuvres.
Elles se sont battues pour leur droit, elles ont hissé leur banderole, découvert la lutte, elles se sont soutenues et aujourd’hui, elles sont là pour en parler
Au Trait d’Union Saint-Alyre, à Clermont -Ferrand ,14 rue Sainte -Claire, trois anciennes salariées d’une épicerie marseillaise sont venues exposer du 5 au 13 juillet . En effet, dans ce nouvel espace de vie sociale , ouvert depuis un peu plus de trois ans, ces trois jeunes femmes ont témoigné de leur grève menée en 2021.
« C’est une épicerie paysanne qui vend des produits locaux et de saison ».
« C’est une petite épicerie paysanne qui vend des produits locaux et de saisons, surtout de petits producteurs », expliquent Emma, Louise et Bethsabée. C’est une Scop , un lieu où habituellement personne ne s’attend à un managérial toxique et pourtant l’expérience qu’elles décrivent est tout autre . » Il ne voulait pas embaucher des personnes qui vont s’impliquer dans le magasin mais plutôt des personnes qui recherchent des jobs alimentaires « , poursuivent nos trois ex- salariées. C’est ce qui les a amenées dans ce lieu. L’offre correspondant à leurs attentes.
Le gérant en question, Y, recherchait visiblement à garder le pouvoir en tant que membre sociétaire. Voilà ce qui expliquerait d’après les jeunes femmes ce qui explique son choix de recrutement. Des personnes qui ont une autre activité c’est le bon plan . Et Emma artiste, Bethsabée étudiante en philosophie et Louise ancienne étudiante en mathématiques, avaient besoin d’avoir un mi-temps.
De plus, ce dernier recherchait également des personnes qui ne connaissaient pas leur droit », affirme les ex salariées aujourd’hui dans une situation précaires, en fin de droit de chômage.
« Il avait un bouc- émissaire tous les trois mois »
Au départ pourtant tout se passait bien. »Il etait plutôt gentil et donnait même des cadeaux », dit Emma. Et ajoute Louise « Il parlait quand même assez mal . Il avait un bouc- émissaire tous les trois mois ». Toutes reconnaissent un homme qui avait apparemment de bonnes intentions mais qui est entré dans un management toxique. Cette épicerie était une association. » Il était bénévole et a co- créé la Scop. Mais l’équipe d’origine est partie. Est-ce cela qui a changé la personnalité de cet homme ou était-ce déjà sous jacent?
« On m’a viré, on m’a empêché d’avoir mon chômage », c’est ce que dit partout l’ancien patron selon Louise, 29 ans. Cette marseillaise, parisienne tombée comme Emma, amoureuse de Marseille il y a quelques années permet de mieux comprendre l’état d’esprit dans lequel se trouve l’ancien leader. Cet homme semble modifier les faits et vit dans le déni. Pour preuve il ne reconnaît » avoir harcelé que Touya, la manager ». Révélation qui fait sourire les 3 jeunes femmes. En effet c’est un peu original comme défense.
Pourtant, Bethsabée, la benjamine , venue à Marseille à 6 ans, essaie de nuancer son jugement sur l’homme. « Il travaillait beaucoup, en boutique, il s’est auto-exploité ». C’est d’après elle une des raisons pour laquelle il a fait de même pour les salariés. Pour autant, de l’avis général, Y. a toujours essayé de jouer le manager de gauche cool tout en se trouvant des souffres douleurs. Une des collègues en a payé les frais. « Elle était moins payée que les autres, alors qu’elle travaillait très bien », expliquent les ex-salariés de l’épicerie paysanne.
« On a entre 8 et 10 tonnes de port de charge »
« On a entre 8 et 10 tonnes de port et le magasin n’est pas adapté selon l’ Inspection du travail », ajoute Bethsabée. Cette salariée que Y a pris en grippe faisait la pire journée avec des ports de charge importants. Ce qui la mettait en danger en plus d’une exploitation manifeste. Cette Scop initialement agréable pour travailler était devenue un lieu toxique où les initiatives personnelles étaient sans cesse bridées, la bonne ambiance mise à mal, l’autoritarisme croissant…
Pour rappel. Les conditions s’étaient déjà dégradées depuis plus d’un an.Emma, Louise, Bethsabée ont donc décidé de mettre un terme à des conditions de travail devenu trop éprouvantes et face à un patron « se jouant parrain de la mafia ». Elles ne connaissaient pas leur droit mais ça devait changer. C’est en contactant des syndicalistes CGT aguerris, qu’elles vont mener le combat. Durant trois jours de grève, elles vont se battre pour leurs droits. Mais plus tard, elles vont découvrir aussi que leur ex patron avait contracté des dettes pour l’entreprise.
« On mettait l’ambiance »
Cet homme qui « s’était convaincu d’être une bonne personne de gauche », selon Louise, a géré en capitaliste et n’a pas cherché à améliorer la situation. Pire, il est parti en laissant la boutique aux jeunes femmes dont la gestion n’était pas leur métier. En plus d’avoir subi des temps de travail compliqués accompagnés de collègues hommes « qui n’en faisaient pas une », un travail physique sans protection de sécurité, des dénégations de la part de la hiérarchie, elles se sont retrouvées à gérer une épicerie.
Et pourtant comme le disait Emma: « On mettait l’ambiance ». Du moment où elle pouvait mettre la musique, rendant le travail sympa, où les salariés pouvaient boire le café ensemble, à cette grève , ces banderoles et ces piquets, du temps s’était écoulé. Un sentiment de trahison s’est installé car finalement Y n’avait pas les valeurs éthiques auxquelles elles aspirent. Loin de la solidarité, de l’horizontalité dans les rapports entre salariés, de l’égalité , l’épicerie paysanne s’est révélée guère différente d’une entreprise classique.
« J’ai perdu confiance », confie Emma. Il s’agit de confiance dans le monde du travail. Même si elle reconnaît que cette expérience lui a beaucoup appris, permis en revanche d’avoir une meilleure confiance en elle. De plus durant cette grève, des liens forts se sont créés avec Louise et Bethsabée avec qui elle est partie en Martinique, aujourd’hui faire encore confiance au monde du travail est très dur. Ce sentiment est partagé par ses deux amies. Bethsabée est même plutôt pessimiste pour l’avenir. La grande question se pose pour chacune d’elle : comment remplir le frigo? La fin de droit au chômage arrive.
« On peut compter les unes sur les autres »
Louise parle de manière plus positive. Et insiste sur l’apprentissage sur le droit du travail. « On peut compter les unes sur les autres », clament en choeur les trois amies. Et c’est important car c’est bien toutes les trois ensemble qu’elles ont organisé cette exposition.
Avec des photos, des extraits de conversation par textos, des compte-rendus de discussions avec les syncalistes, des documents d’archives, les jeunes femmes, dynamiques, drôles et inspirantes plongent les visiteurs dans une grève dans un lieu atypique. Cette exposition témoigne que toutes les SCOP ne sont pas forcément conformes à ce que l’on se fait de l’économie sociale et solidaire. Mais aussi d’une prise de conscience de leur exploitation et de la nécessité de défendre ses droits.
Pourtant, elles demeurent vraiment pleines de vie, et ont su ambiancer le Trait d’Union durant une dizaine de jours et à cet instant, elles ont le sourire et préparent de quoi ravir les visiteurs pour ce dernier jour. Avant de partir, Emma confie ceci: « J’aimerais faire un film, raconter d’autres éléments, avec les vrais salariés comme personnages ». Sans Y. l’ ex gérant précisent -elles avec humour.
Pour plus d’informations:
Emma, Louise et Bethsabée étaient en résidence artistique. L’exposition s’appelle Work! Work. Leur collectif c’est zel. Elles ne sont plus salariées depuis 3 ans et demi.
Il y a parfois des coins pour se reposer l’esprit ,et même en ville.
C’est lors du retour d’un déplacement chez un ami, que j’ai réalisé que la verdure se trouvait dans nos paysages bétonnés.
Oui le long du boulevard E Michelin, à Clermont -Ferrand, je vous invite à vous intéresser à ce phénomène de végétalisation environnant une route très fréquentée, un pont de chemin de fer, des murs noirs de la pierre de Volvic.
Et tout ceci c’est quelques minutes un dimanche après-midi…
Clermont-Ferrand. Du 27 mai au 1er juin, on parle de géants de béton.
Et le béton ça n’a pas la côte, ça enferme, c’est froid! Les critiques foisonnent envers ce béton qui est partout en ville, qui habille les immeubles que nos yeux contemplent. D’ailleurs , les édiles sont bien souvent attaqués pour leur politique urbaine faisant la promotion de ces masses granitiques.
Jérémie Corbeau pourtant, au 106 avenue Edouard Michelin , expose une cinquantaine de photographies envoûtantes qui parviennent à nous donner une autre vision sur nos immeubles bétonnés.
Un autre regard
Un autre regard , c’est bien ce que le photographe très qualifié nous propose dans l’église baptiste de Clermont-Ferrand. Le noir et blanc émotionne nos coeurs, et interroge notre esprit. Jouant tant sur les ombres, reflets que sur une prise de vue originale , l’artiste chrétien nous donne à remettre en cause notre perception première de ces géants de matériau non naturel .
Les travaux dans notre ville qui durent, qui durent, qui durent ici se reposent. Et à travers une cinquantaine de clichés pris à Clermont-Ferrand, Paris et Orléans, ces bâtiments immenses s’ humanisent. L’ oeil a cette impression particulière et singulière, de découvrir tout à fait d’autres immeubles.
Mais aussi de ne voir que des oeuvres splendides, esthétiques qui rendent ainsi ces constructions utiles et nous donnent une réhabilitation de ces immensités tant décriées.
Discerner ce qui n’était pas perceptible
Après avoir vu l’exposition il y a de fortes chances que les personnes voient le béton comme nécessaire. En effet on revoit les logements qui donnent un toit, des lieux de vie qui accueillent des gens divers et variés, des espaces de rassemblement et c’est bien ce que confirme Jérémie Corbeau lorsqu’on l’interroge. C’est donner à voir autrement ce qui habituellement nous agace, nous dérange.
Et dans une église finalement n’est ce pas une belle perspective : apprendre à discerner ce qui n’était pas perceptible au premier abord? Un pari difficile en ces temps troublés par les conflits dans notre monde; et voir un delà, n’est-ce pas ce l’on est en droit de chercher? A travers ces oeuvres photographiques, c’est un havre de paix momentané qui vous est offert.
Il vous reste encore aujourd’hui et demain pour visiter les oeuvres de 12h30 à 17h.
Indication: c’est au 106 avenue E Michelin, église Baptiste de Clermont-Ferrand.
La philosophie vous paraît lointaine, obscure, difficile à cerner?
Vous habitez à Clermont -Ferrand ou ses environs ? Ce vendredi de 15 à 18 h, vous ne saviez pas quoi faire?
Et bien Éclair d’Auvergne vous invite, et ce gratuitement à écouter un philosophe émérite, Christian Godin, un auteur qui sait rendre la philo plus joyeuse et accessible.
« La philosophie pour les nuls », ça vous a marqué et vous aimeriez connaître la personne derrière l’œuvre ? Et bien, c’est lui! Après la conférence vous pourrez lui poser toutes les questions en mangeant gâteaux et buvant boissons.
Ce vendredi de 15h à 17h , une conférence, « Par delà nos représentations médiatiques mais qu’est-ce que vraiment la philosophie ? », et ensuite un temps détendu et festif.
C’est à la salle Poly, au 20 rue de la Rodade à Monfterrand.
Le 21 février dernier, Clermont-Ferrand comme l’ensemble des villes de France rendait hommage à Mélinée et Missak Manouchian, orphelins du génocide de 1915 en Arménie.. A Paris, ce couple arménien rentrait au Panthéon. Dans la mythologie romaine, c’était la plus haute distinction des12 principaux dieux ,et le lieu dédié à ces derniers.
« Un caractère hypocrite »
Le Panthéon signifie donc quelque chose d’important : une poignée de personnes, illustres y entrent . Et en ce jour particulier, on célébrait les 80 ans de l’exécution de Missak au Mont Valérien. Le couple arménien sont les premiers étrangers à entrer dans cette glorieuse institution fondée quelque temps après la Révolution en 1791.
A Paris, le Président a fait un discours qui a ému même parmi ses opposants. C’est Winnie Picard, à Clermont-Ferrand qui rend hommage à Missak,le résistant communiste arménien, et l’époux amoureux, à travers la très attachante lecture de sa dernière lettre à sa bien aimée Mélinée. Moment intense fort, accompagné de solennité . Sous préfet, élus, militaires, citoyens et militants du PCF ont rendu rendu témoignage à la mémoire de ce couple, illustre dans la grande résistance française..
C’est la réjouissance de voir ce couple enfin panthéonisé aux côtés des 81 autres personnalités . Des étrangers qui sont reconnus c’est quelque chose et pourtant ça un caractère « hypocrite » comme il été souligné par certains . Oui hypocrite car n’a-ton pas fait voté le 11 décembre dernier une loi anti-immigration? Une loi votée avec le total soutien d’une extrême-droite galvanisée des députés LR euphoriques? Certes amendées par la censure du Conseil Constitutionnel le 26 janvier 2024, il n’en reste pas moins, que cette loi questionne quant à notre réel amour pour les exilés, ces personnes venants de loin comme Missak et Mélinée.
Alors qu’on célébrait ce 21 février ces étrangers morts pour la République française, on expulsait également des migrants au même moment. Morts pour la République? Tout au long de la cérémonie c’est ce que les officiels ont dit. Et pourtant, doit-on leur rappeler que cette République n’était plus? Pour ne pas froisser les vichyssois ,on a parlé du gouvernement de Pétain et pourtant il serait bon de rappeler ce que tout historien parle, le gouvernement de Vichy. Oui ce gouvernement qui a fait tomber la3 e République par l’entrevue de Montoire, d’ une politique xénophobe et violente à l’égard des opposants qui s’en suivie.
« Ils ne sont pas morts pour la République mais pour la liberté »
« Non, ils ne sont pas morts pour République, mais pour la liberté », s’indigne une élue. Au-delà de la disparition de cette notion tant galvaudée au mépris de la justice sociale, c’est bien la liberté qu’avait en tête ces héros étrangers! Morts pour la France, morts pour la Liberté!
« Paris évoquait en lui tout un univers de choses possibles, d’espérances vécues, de reves réalisables, Centre de la culture de l’humanité entière, capitale de la Révolution », expliquait Mélinée au sujet de son compagnon mort en février 1944( selon le livre « Missak et Mélinée Manouchian, un couple de résistance », de Gérard Streiff).. Oui la France pour ces étrangers quittant les dictatures et exactions en tous genres, c’était le pays des délivrances, de l’espoir, du renouveau!
Mais avec 17 000 expulsions d’étrangers l’an dernier et, à Trégastel ,Niort, Chalon sur Saône, Mialet , des familles arméniennes menacées d’expulsion, l’idéal du résistant Manouchian, mort en martyr, tend à se fendre, voire à voler en éclat. La France de demain n’ expulserait -t-elle pas celui qu’elle adule aujourd’hui, celui qui a été fusillé avec 22 de ses camarades au Mont Valérien, le 21 février 1944?
« C’est émouvant »
« C’est émouvant », se sont émerveillés des participants. Alors finalement qu’importe à cet instant les critiques . La dernière lettre de Missak, laissée à sa bien aimée impressionne, force le respect. Tous trouvent cet homme qui pardonne, qui aime sa femme et lui demande de refaire sa vie ,incroyable. Et de plus ce n’est pas qu’un résistant mais aussi un de nos grands poètes, reconnu par Pierre Seghers, qui publiera trois de ses poèmes dans son anthologie » La résistance et ses poètes »
Une centaine de personnes se sont déplacées et malgré le mauvais temps. Des citoyens clermontois sont venus nombreux dans ce petit parc et ont eu du mal à entrer dans la salle allouée par la suite pour les prises de paroles plus politiques. Cela n’ a pas désempli, de l’hommage de la gerbe au parc en passant par le gymnase Verlaguet, quelles beaux moments, historiques et inoubliables. Et chacun a pu découvrir durant le buffet les spécialités arméniennes, se rappelant ainsi que aujourd’hui aussi se joue une guerre où des Arméniens sont encore déplacés, tués, 109 ans après le génocide perpétué par l’Empire ottoman.