
Clermont-Ferrand, réputée pour être une ville tranquille, où l’on vit sans avoir à se soucier de graves troubles, devient pourtant une ville où être un étranger devient difficile. Recibe Zerici a pu le constater le 8 février dernier.Mais elle n’est pas la seule .
Omar Camara, né en 1999 entre en France en aout 2015, il fait un parcours de jeune migrant exemplaire, et il est pris en charge dès janvier 2016 par l’ASE. Il est un élève souvent félicité par ses professeurs qui obtient aisément un contrat d’apprentissage à ses 18 ans, pour subvenir à ses besoins financiers. A l’issue de celui-ci, il est même embauché, et il est apprécié de son employeur. Son comportement est remarquable à tous niveaux et il n’a jamais causé d’atteintesà l’ordre public.
« C’est un jeune homme bien intégré »
« C’est un jeune homme bien intégré », explique Jean, membre du RESF. Et tellement bien intégré et attaché à la France qu’après 4 ans d’obtention de sa carte de séjour, il décide de faire une demande de régularisation en 2022. Le service délivrant les titres de séjours n’a rien retrouvé à redire et ce malgré ses papiers faux. C’est un cas courant en Guinée, qui a incité le gouvernement du pays à limiter la délivrance de passeports.
Jusqu’à présent , Omar Camara était considéré comme un Guinéen exemplaire, au vue de son parcours exemplaire suffisamment fiable pour être régularisable. Mais voilà, il y a différents services dans la préfecture du Puy de dôme. Et pour la naturalisation, c’est le service immigration qui gère le dossier. Et le 13 décembre 2022, la cheffe de ce service va notifier au jeune de 23 ans, qu’il obtient une assignation à résidence. Celle-ci fait suite à une convocation auprès du service concerné.
« On lui a dit de dégager«
« Omar s’est rendu à ce rendez- vous, mais on lui a dit de dégager. Il n’ pas pu avoir un entretien, déclare le miltant des droits humains. On lui reproche de ne pas s’être rendu et on maintient l’accusation de non présentation alors qu’il pourtant un PV d’un fonctionnaire attestant sa présence. Il n’a donc pas pu expliquer sa situation comme prévu pourtant dans la lettre qu’on lui avait présentée le 14 septembre.
Mais le souci ne s’arrête pas là. « Dans l’OQTF qu’on lui a délivré, il n’est pas fait mention de son passeport et les dates d’entrée inscrites sont fausses. Tout est mensonger », s’indigne le membre trés actif du RESF. Il y a à ses yeux, un déni de justice flagrant. C’est en effet très étrange que les annotations de la PAF qui a authentifié le passeport ne soit pas prise par le service en charge des migrants. Et les allégation sur l’absence de lien du jeune homme semble assez grotesques: il a des amis, a fait sa vie, a un travail et tout le monde atteste de son sérieux. Comment peut-on croire que depuis 2015 , il n’a pas de liens avec la France, après avoir fait une demande de naturalisation?
« Une justice aux ordres »

Et ce qui déroute encore plus le militant aguerri, c’est la procédure accélérée demandée par le service de la préfecture qui tente vraiment d’expulser Omar Camara: un seul juge sans délibération. Et pour couronner le tout, la Préfecture lors du recours au Tribunal Administratif ne daigne pas se faire représenter et le juge unique malgré l’illisibilité du rapport de la police aux frontières statue en suivant les recommandations du juge.
« On peut affirmer sans exagération que c’est une justice aux ordres de l’Etat », affirme l’engagé, marqué par la fatigue. L’OQTF est confirmée avec une assignation à résidence et une IRTF (interdiction de retourner sur le territoire français). Omar est bien entendu désespéré, et parce qu’il a vraiment besoin de travailler, on lui conseille de ne pas aller signer au commissariat son assignation. Il peut travailler mais à chaque instant, il a peur d’être expulsé et de devoir retourner dans un Guinée meurtrie par le pillage économique.

Omar, Recibe ne sont malheureusement pas les seuls. Le RESF 63 croule sous les dossiers de non régularisation et les OQTF de mineurs, d’adultes, seuls ou en couple. Bien que la non loi sur l’immigration et l’intégration des exilés n’est pas encore passé, on dirait que certains fonctionnaires de la Préfecture font du zèle sans se soucier des vies, des situations de guerre, de famine, d’exclusion que subissent des gens . Ce n’est pas par plaisir qu’ils quittent leur pays.
Certains Guinéens meurent en mer, et d’autres sont obligés de retourner dans leur pays car le voyage ne se passe pas comme prévu. Les passeurs les vendent souvent comme esclaves en Algérie ou en Libye, placent des jeunes filles comme prostituées, les violent . Alors que des Ukrainiens sont ici bien accueillis , la réalité d’autres populations est très différente.
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