
Après la sortie du dernier Spiderman, les spectateurs du MCU attendaient avec impatience la sortie de Dr Strange in the Multiverse of Madness, ce mercredi 4 mai dans les salles françaises. En 2016, le premier volet avait été jugé sympathique mais pour autant, il n’avait pas non plus laissé un souvenir impérissable dans la mémoire des afficionados .Benedict Cumberbatch, l’acteur britannique de la série Sherlock a fort heureusement habillé son personnage depuis, au travers des autres films Marvel, tels Thor, Ragnarok ( 2017) , Avengers: Infinity War (2018) ou Spiderman: No Way Home( 2021). C’est ainsi que le dr Strange est devenu un super-héros incontournable pour la franchise. Mais le brillantissime Sam Raimi, le très célèbre réalisateur de la saga des Evil Dead (1981-1992), signe-t-il un film qui hissera les nouvelles aventures du puissant sorcier aussi que l’homme-araignée au box-office?
Considéré souvent trop joyeux, très immâtures, loin de l’univers sombre de DC, le MCU dirigé par les studios Disney, souffre de son image qui lui colle à la peau. Et c’est bien ce qui a poussé Kevin Feige , le grand manitou, à faire confiance à un réalisateur spécialiste du cinéma d’horreur américain. Et malgré notre scepticisme initial, lorsque Scott Derrickson affirmait vouloir diriger un film sombre estampillé Marvel, Sam Raimi qui a pris le relais,semble avoir donné une scénarisation et un visuel plus proche de l’horreur que les précédentes oeuvres de la franchise.Et pourtant, l’interrogation demeure encore, est-ce un film vraiment horrifique?

Un film modérément fou?

A son corps défendant, Sam Raimi , laissé libre dans son choix artistique, reste encore sous l’emprise d’un patron de Disney et ne nous attendons pas, à un film d’horreur. On découvre une jeune actrice époustoufflante, Xochitl Gomez (America Chavez) qui explose littéralement l’écran. C’est de loin l’interprétation qu’on retiendra .Son personnage, est une jeune fille qui a le don de travers les dimensions et qui est menacé des monstres qui veulent accaparer son pouvoir. Le long métrage commence par une scène forte, d’action, où la protagoniste doit sauver sa vie. Elle a besoin de dr Strange, mais on découvre un autre dr Strange qui pour sauver le multivers est prêt à la sacrifier.
Le ton est donné, le rythme est là. Danny Elfman, un compositeur de blocktbusters reconnu (les thèmes des Batman, la première trilogie de Spiderman, les Simpsons, Charlie et les chocolaterie) est de la partie et le film envoie dès le départ du lourd, du très lourd avec un visuel d’effets spéciaux qui décapent. Puis par la suite, c’est autour de Elizabeth Olsen d’entrer en action sous les traits d’une Wanda Maximoff, tellement traumatisé et manipulé par un livre sombre, le Darkhold, qu’elle en devient la plus puissante des antagonistes du MCU. Si certains vont jusqu’à penser qu’elle vole la vedette à Benedict Cumberbacht, fort de constater, que l’actrice semble totalement investie par son rôle, et elle montre le caractère assez sombre, violent, fou du film.
Dit ainsi, Wanda est donc la grande méchante du film. C’est aussi la plus puissante des sorcières, à elle seule, elle parvient à détruire une bonne partie des sorciers de Kamar Taj. (résidence des maitres de la magie qu’on avait déjà découvert dans le premier volet de Dr Strange). Thanos fait pâle figure face à elle. Pour la première fois, une super-héroine devient l’ennemie la plus terrible pour les défenseurs de valeur de justice. Le film est clairement différent des autres: le bien et le mal ne sont pas aussi lisses. Tout pourrait fonctionner à première vue. Mais ce n’est qu’un mirage. Et oui, à force d’insister sur l’action, Sam Raimi oublie en chemin les personnages. Si ils sont un peu esquissés, pour autant, c’est la destruction de bâtiment, de corps qui domine. Et même si on voit des morts, l’action nous fait assez vite oublier l’aspect horrifique.
Il ne suffit pas de montrer pour faire un film horrifique, il faut s’intéresser plus aux personnages. Certes on avait parler de Wanda Maximof dans la série WandaVision. Et le public avait découvert, son côté sombre: devenue la Sorcière Rouge, l’ex super-héroine est devenue une méchante de premier plan. Si les épisodes de Westview dans la serie Marvel sont inconnus du spectateur de ce long métrage, le spectateur risque bien de ne plus rien comprendre du tout. Et comme au final on creuse pas l’intrigue et ses personnages, le film devient trop complexe pour vraiment apprécier le caractère « cinema d’horreur ». D’ailleurs Sam Raimi au travers de ce dernier film ne parvient pas à nous plonger dans le gore. Du moins, lors des premières impressions…
Certes pourtant on y retrouve bien des aspects de ce genre cinématographique: une vilaine sorcière, des héros impuissants, des monstres, même un zombie. En effet, pour parvenir à vaincre Wanda qui a acquis tant de pouvoir que même les Illuminatis (super héros d’une autre dimension) sont assez facilement vaincus et littéralement tués sans scrupules, Dr Strange doit prendre possession mentalement de son double dimensionnel mort lors de son affrontement face au monstre du début du film. Et la façon d’achever les adversaires, font bien de Maximof, une antagoniste horrifique. Et même si le spectateur est prévenu depuis quelques années déjà, il s’étonne de voir comment Wanda est devenue aussi cruelle. Mais voilà, on reste dans le MCU. Et finalement, ce n’est pas la méchanceté qui anime la Sorcière Rouge, mais sa propre folie: elle est persuadé d’avoir deux fils ( et pour comprendre, il vous faut regarder la série assez moyenneWandaVision) et pour vivre avec eux, en paix, elle doit tuer America Chavez, porteuse du pouvoir de traverser les univers. Et sa quête se transforme en une folie meurtrière sans égale dans l’histoire du MCU!
Mais malgré tout, le film se tient bien. En effet, quand la première impression s’achève, il est indéniable , c’est un film finalement vraiment horrifique! Oui même si l’action fait perdre le goût de l’horreur propre à Sam Raimi, l’humour étant moins présent que dans d’autres films Marvel, et la course en avant, d’un monde qu’on a connu assez merveilleux, qui semble aller à sa perte et ce malgré la victoire finale des super-héros à la fin. C’est finalement à partir de cette analyse que l’oeuvre prend tout son sens.
D’ailleurs ce qu’on notera et qui est bien réussi c’est: Dr Strange est-il un super-héros? Face à la puissance de la Sorcière Rouge et à l’incompréhension qu’il semble avoir face au multivers durant tout le film, cet ancien Sorcier Suprême redevient assez mortel, et très vivifiant: on voit grandement les limites du concept de toute-puissance héroique. Il y a un côté Batman: le héros perd ses marques, se repères…
Alors, à la question ce film est-il réussi, la réponse est oui. Bien interprété avec notamment la jeune Xochitl Gomez et Elizabeth Olsen. Le visuel certes composé d’effets spéciaux est cohérent et malgré l’action omniprésente, il reste suffisamment entredécoupés de couleurs sombres, colorés, et de nuances pour symboliser la folie, tant attendue .
Une folie bouffée d’air

La folie reste modérée à cause du format Disney. Pour autant, elle montre de la mort différemment des autres films. Notamment à la méthode Sam Raimi. C’est pas Thor Ragnarok avec de l’humour sur des moments pourtant tragiques. On expérimente plus l’amusement. L’heure est grave: une super-heroine veut tuer une enfant pour simplement vivre avec ses enfants imaginaires. Wanda est sur un terme clinique: psychopathe. Et cela choque. Et pourtant ce qui fait Marvel reste intact: des scènes décalés.
En effet, décalés sont certains passages. America Chavez est une jeune fille qui ne manque pas d’humour. En perdant ses deux mamans, poursuivie par des mosntres, par une sorcière totalement folle, elle parvient à tenir la barre haute en dérision. Les scènes entre elle et dr Strange sont très cocasses. En effet, la surprise pour America que ce dr Strange ne parle pas espagnol avec une intervention assez amusante de Wong sur les capacités du héros à comprendre sa propre langue est frais. Oui si ce Marvel est plus sombre, on reconnaît la franchise.
Ce film composé par Danny Elfman est virevoltant et nous fait pour la première fois dans les aphtes du multivers déréglé. La touche Raimi se reconnaît à la capacité de montrer la mort de manière crue, le crescendo dans l’horreur et le personnage central qui laisse sa place aux secondaires. Les personnes qui étaient adeptes des series Hercule ou Xena doivent se souvenir des accolytes des deux héros: Iolas et Gabrielle. Ces deux personnages ont pris l’ascendant sur les personnages principaux. Ici on retrouve le même schéma. Wanda Maximoff et America Chavez dominent le film et elles feraient presque oublier l’ancien Sorcie Suprême.
Ce procédé a un avantage certain: ne pas focaliser sur un seul personnage. Toutes les personnes ont leur importance et cela permet d’étendre l’histoire. Et le spectateur en prend plein les yeux et voyage de surprises en surprises. Sam Raimi nous montre pas un film linéaire, vide et poussiéreux. Tant par l’attrait qu’il sait susciter par la présence de protagonistes dramatiques que par un jeu de chronométrie parfaitement géré: entrelaçant les tons vifs et obscures.
Enfin, ce film s’est inspiré des séries telles que Wandavision et What if. Ainsi on voit apparaître deux Wanda: celle prisonnière du Darkhold et celle manipulée par sa propre illusion où elle avait créé un univers dans lequel elle est mère de deux jeunes jumeaux. Ainsi, elle oscille toujours entre le réal et l’imaginaire. Pour autant, les deux sont pas contraires et semblent se compléter, rendant l’ancienne Avengers la plus terrible des antagonistes du MCU. Wanda est clairement devenue la plus puissante des Sorcières !
Une folie inarrêtable
On comprend très clairement que Docteur Strange, Wong et America ne peuvent pas arrêter la Sorcière Rouge. Sa folie a une emprise sur elle qui la rend incontrôlable. Qu’il s’agisse de notre univers ou des autres que le film passe en revue, aucun ne parvient à résister à résister à l’ancienne super-héroine qui a vu Vision, son grand amour mourir devant elle.
Se sentant bouleversée , elle a su déployer ses pouvoirs au point d’être en mesure de créer un monde alternatif, Westview. Dans ce nouveau monde, elle y a construit une nouvelle histoire, où elle évolue comme mariée à Vision , de nouveau vivant, et ensemble, ils ont eu deux jumeaux ,Billy et Tommy (serie WandaVision). Avec la force du Darkhold, un livre maléfique ancien qui peu à peu va contrôler son esprit mais aussi décupler ses capacités.
C’est ainsi et par l’intervention d’une sorcière ancienne , Agatha Hangness, qu’elle passe de statut de super-héroine à super-vilaine. Et Docteur Strange in the Multiverse of Madness reprend là où s’achève la serie. C’est le désir de Wanda de vivre avec ses enfants virtuels qui la fait vaciller dans la psychose meurtrière et destructrice. Pour parvenir au bonheur familial elle se persuade que tuer la jeune America, dont le pouvoir est de créer des portails multi-universels est la seule solution. Elle est prête à tout détruire pour cela. Pour échapper ux plans maudits de celle-ci, Strange et America Chavez doivent retrouver un livre qui peut vaincre les effets du Darkhold.
Ainsi, ils doivents parcourir le multivers. Et dans un univers, ils font la connaissance des Illuminati. Et là c’est la surprise totale: le Pr Xavier, Le roi des Inhumains,le baron Mordo, Captain Carter, une autre version de Captain Marvel et l’Homme élastique sont unis pour lutter contre les menaces de violation du contituum multiversel. Et c’est le choc, même Miss Marvel ou le pr Xavier s’avèrent tout à fait impuissants contre Wanda Maximoff. Les Illuminati envoyés par Mordo pour défendre leur univers sont tués de manière effroyable. Rien ni personne ne peut arrêter la Sorcière Rouge, pas même les plus puissants super-héros!
C’est un Marvel historique pour Marvel: il semble n’exister personne au monde pouvant arrêter l’antagoniste qui seul peut tout détruire. Thanos et son armée font pâle figure face à la Sorcière Rouge et tous les méchants précédents du MCU également. Jusqu’à présent, Marvel n’avait présenté aucun antagoniste suffisamment puissant pour faire douter le spectateur sur l’issue du long-métrage. On peut féliciter Sam Raimi qui est parvenu à mettre plus de suspense que les frères Russo dans les Avengers Infinity War et Endgame! Oui ce film est bourré de suspense. Et le public aime ça!
Sam Raimi réussit dans l’horreur

Pour vaincre ce puissant adversaire, Sam Raimi propose de plonger encore plus le film dans l’épouvante. Réalisateur extraordinaire des Evil Dead, ce dernier a recours à un personnage qu’il connait bien: le zombie. Et oui , même si ce directeur de films, qui dit n’avoir aucune sympathie pour le MCU, a pourtant bien révisé ses classiques. C’est bien dans la plus ultime référence à la serie What if, qu’il puise pour parachever un film angoissant, haletant, vibrant : l’arrivée d’une version zombifié du dr Strange. Zombifié, magique avec plusieurs bras en mode Shiva, le puissant magicien va affaiblir l’inarrêtable sorcière.
Visuellement effrayant, le long métrage avait déjà fait appel auparavant aux démons et aux monstres, aux meurtres violents, au troisième oeil, mais il semble y mettre sa dernière touche avec la figure mythique du mort-vivant. Et ce qui est sûr c’est que même Wanda va avoir bien du mal à vaincre le nouveau Strange. C’est une lutte épique qui pourtant ne se solde pas par la victoire du Super-zombie magique.
Non c’est bien la confrontation de la réalité créée par l’ouverture d’un portail par America , prête à sacrifier sa vie pour sauver les différents univers, qui va permettre un dénouement heureux de l’histoire. C’est donc un pari réussi sur l’originalité et l’horreur qui hisse cette oeuvre cinématographique aux sommets.
Au plus haut et ce malgré quelques points négatifs à signaler quand même. Les effets spéciaux sont très présents voire parfois trop présents. C’est un film qui bouge dans tous les sens et le spectateur a du mal à suivre le scénario. D’ailleurs, est-il vraiment cohérent?
Mais pour autant, ce film reste grandiose et pas que par son côté horrifique, atypique pour la franchise mais aussi pour son visuel impeccable et sa prestation. La jeune actrice Xochitl Gomez ( GI JO:Jose) crève l’écran et Elizabeth Olsen donne là sa plus sublime prestation de Wanda Vision. Quant à Rachel McAdams et Benedict Wong, eux aussi sont parfaits dans leur rôle respectifs de Christine et Wong. C’est ce qui frappe dans ce long métrage fantastique, d’horreur et d’action, c’est le jeu des acteurs. Et cela apporte un plus au film et corrige les points négatifs.
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