
A Clermont-Ferrand, ce samedi 2 avril, une bonne trentaine de personnes se sont rassemblées place de Jaude, pour dénoncer la retour des expulsions locatives, après la fin de la trêve hivernale au 31 mars dernier. Mais ils ont tenu également à interpeller les différents candidats à l’élection présidentielle, notamment ce lui qui ne « sait même pas ce qu’est la trêve hivernale ». C’est deux ans après le terrible hiver, durant lequel l’abbé Pierre fit son appel, que nait en 1956 , la trêve hivernal. A cette époque, une dizaine d’années après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Français découvrent que des centaines de milliers de personnes ont froid, ont faim et qu’ils n’ont pas de toit.
La trêve hivernale permet à personnes logées dans des conditions difficiles et à des familles précaires de ne pas se faire expulser de leur habitation durant de novembre à fin mars. Elle permet aussi aux services d’hébergements de mettre plus de moyens à disposition en direction de personnes à la rue.
« Il y a 2,2 millions qui attendent un logement social en France »

« Il y a en France, 2,2 millions de personnes dans la rue », rappelle Robin Correia, membre du Dal63. Ce chiffre est énorme, c’est posé: l’association clermontoise qui suit actuellement une vingtaine de personnes actuellement, veut interpeller les consciences. Et pour enfoncer le clou, le militant précise que 2023 sera « une année noire » en France. En effet, il explique que « seulement 82 000 projets de logements sociaux n’ont été déposés par l’Etat alors qu’il en faudrait 150 000 rien que pour cette année.
L’heure n’est donc pas à la rigolade. « C’est un scandale qu’il y ait des logements vides alors que des personnes se retrouvent à la rue », dénonce Alain Bidet, trésorier de l’association. Lui et ses camarades ont recensé 1200 logements non occupés alors que pourtant le DAL63 suit une grosse vingtaine de personnes qui désormais ne sont plus protégées par ce moratoire qui leur permettait de ne pas être expulser du 2 novembre au 31 mars. Ces personnes ne sont pas de mauvaise foi mais ne parviennent plus à payer leurs loyers. Et pourtant, un candidat n’a pas hésité dernièrement à affirmer que « si elles ne paient pas leur loyers, c’est normal qu’elles soient expulsées ».
« Faisons simplement appliquer la loi »
Parmi les revendications demandées par les militants du droit au logement, figure la réquisition des logements vides. « C’est la loi », souligne Fatima, une des fondatrice du DAL63. C’est ainsi qu’Alain Bidet renchérit : « Faisons simplement aplliquer la loi. Pour comprendre à quoi font références les deux militants, il faut savoir qu’il s’agit de la loi sur la réquisition par le préfet de logements vides pour loger celles et ceux qui ne sont pas logés. Instaurée dans les ordonnances de 1945, le dispositif de réquisition sera complété par différentes lois, dont celle de 1956, faisant suite à l’hiver 54.
Lorsque le logement social est saturé et que le nombre de personnes dans le mal-logement est manifeste , le Préfet peut réquisitionner des logements vacants et le maire mettre à disposition aussi des logements en cas d’insalubrité. Aujourd’hui, les militants dénoncent donc des autorités qui ne font pas assez à leurs yeux et exigences plus de logements sociaux.
La trêve hivernale finie, ce sont quelques vingt familles suivies par l’association qui risquent donc l’ expulsion locative.

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