
Le Roi du gag s’en est allé. Le 22 juillet 2021 à Vannes, Jean-Yves Lafesse, de son vrai nom Jean Yves Lambert, s’est éteint des suites de la maladie de Charcot à l’âge de 64 ans. Selon ses proches, son état de santé s’était brutalement dégradé ces dernières vingt-quatre heures.
L’humoriste avait créé le piège sous forme de canulars radiophoniques (exemple à l’hôpital psychiatrique) ou de caméras cachées (dans les rues). « Pourvu que ça dure », une série de sketchs montrant des passants piégés, l’avait rendu célèbre de tous les Français dans les années 80. Mais pourvu que ça dure, c’est également ce que disait Letizia Bonaparte, la maman de l’empereur à chaque victoire de son fils. C’est ce que l’artiste a découvert par la suite.
« J’ai passé 43 ans à Paris mais la Bretagne me manquait. Ma relation avec la région est naturelle et très forte », disait celui qui nous a quitté hier. C’est avec une certaine émotion que nous faisons cet hommage à un grand parmi les humoristes. Et fidèlement à ses premiers gags, malgré la maladie, il a « duré » puisque la veille, il publiait encore des videos drôles sur son post, selon un utilisateur de facebook anéanti par la nouvelle de osn décès.
Le déconneur
Il n’était pas passé inaperçu durant le confinement de mars 2020. « J’ai joué mon rôle, celui de déconneur professionnel. J’ai mis régulièrement des videos en ligne sur ma page facebook. Je suis passé de 180 à 300 000 abonnés durant le confinement. La preuve que le rire reste indispensable en toutes circonstances ». Ces propos sont rapportés par nos confrères de JV2.
Et oui, rire en ces temps difficiles n’est pas une masse à faire, mais lui a su le faire. Et les Français le connaissaient bien, pour son goût de la provocation sympathique à travers des caméras cachées ou des canulars à la radio ou là a télévision.
C’est en 1981 que Jean Yves Lafesse débute ,en tant qu’animateur sur des radios libres Carbone 14, Kiss FM et Nova. Nous parlons d’un autre temps, où la subversivité à l’intar de Coluche ou Balavoine était acceptée sur les ondes et les antennes. Un temps, où les milliardaires ne viraient pas leurs salariés à cause d’une blague (cf Canteloup évincé de Europe 1 . En 1985, TF1 ,France 2, Paris Première et la RTS, il poursuit sa carrière dans Lafestival. C’est bien entendu, Radio Carotte sur France 3 qui marque le plus les esprits. L’artiste interviewait en tenant une carotte à la main en guise de micro, des personnes inconnues.
Le punk et l’auriculaire
Son signe distinctif particulier, son auriculaire comme micro succéde à la carotte. Et il pratique cette gestuelle durant une dizaine d’années. Mais c’est un homme qui avait également publié deux livres: Les grandes impostures téléphoniques EN 1992 et Le petit précis de l’imposture en 1994.
Le défunt voit le jour à Pontivy dans le Morbihan en 1957. Il quitte sa chère Bretagne en 1974. Sa vie sera entrecoupée de quatre ans de périples de Paris à Djibouti en passant par l’Italie et en Angleterre, où il est punk en 1976. C’est d’ailleurs bien ce style qu’on retrouve dans son humour décalé, hors normes, toujours en provocation. Mais le punk passe quand même son bac de lettres et cinéma de 1978 à 1981. Le regretté humoriste et homme de spectacle laisse derrière lui deux filles, dont la comédienne Jeanne Lambert et deux fils (nés de son union avec Marie-Eve Schoetl, fille du conseiller d’Etat Jean-Eric Schoetl.
La punk est monté sur scène la première fois en 2014 au Palais des congrès de Pontivy devant un public conquis de 700 personnes et livre aussi sa première répétition de « Lafesse en repet », son spectacle qu’il tourne de 2014 à 2015. Il est Pierre Dac dans La Guerre des ondes, un téléfilm de Laurent Jaoui et produit par Capa Drama. C’était donc un artiste complet qui a sûrement fait des émules comme un certain Greg Guillotin. On a pu écouter Jean-Yves Lafesse dans des livres audio adapté de Frédéric Dard « La rate au courbouillon » et « Voutez Bérurier ». Il y incarne le commissaire mythique San Antonio.
En 2000, c’est dans un camion, « Uniqueaumonde.com » qu’il s’est réfugié pour travailler ses pièges aux passants, invités à découvrir le lieu insolite, où trône sa majesté Internet mais sans modem mais avec cinq caméras connectées.Il se faisait appeler Jo Quartz.
Après un silence médiatique, l’artiste s’ installe à Saint-Germain en Laye puis à Poissy en 2019. Radio France Bleu Breizh le recrute par la suite de 2019 à 2020.
Grâce à se présence sur les reésaux sociaux, il était resté connu du grand public. Et pour conclure, pourvu que ça dure.
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