
C’est officiel, il n’y a plus de doute, Eric-Dupont-Moretti, ancien avocat médiatique français et actuel ministre de la justice, est mis en examen ce vendredi 16 juillet 2021 par la Cour de justice de la République ministre de la justice mis en examen, c’est une première. Cela mérité d’en dire quelques mots.
C’est un avocat français célèbre qui n’a jamais caché ses différends avec les juges. Et visiblement devenu ministre de la justice, il aurait eu envie de se venger de ces dernier. Mais voilà, sur son passage, une Cour de justice a relevé le défi aujourd’hui de lui tenir tête, c’est la Cour de justice de la République. D’ailleurs c’est la seule juridiction en mesure de juger un ministre. Cette Cour de justice de la République, institution contestée, représentant une justice spécifique pour les figures politiques de haut plan, souvent décriée, menacée de disparaître, n’a pas faibli. C’est ce qui explique que le Garde des Sceaux est mis en examen pour prises illégales d’intérêts.
L’homme de soixante ans, habitué aux tribunaux de par son ancienne fonction de ténor du Barreau , a été cuisiné des heures durant dans les locaux de la CJR, près des Invalides, dans la capitale. Puis ça tombe comme un couperêt, les juges le mettent en examen pour avoir utilisé sa nouvelle fonction de ministre de la justice en juillet 2020 afin d’ atteindre des magistrats avec qui il a eu des différends par le passé. Pour se faire, il aurait utilisé des attributions disciplinaires, le mettant directement en conflit d’intérêts.
EDM n’est pas intouchable
C’est tout un symbole qui aujourd’hui s’effondre: EDM, n’est donc pas intouchable. Mais il demeure encore innocent, rappelons- le, à ce stade de la procédure. Toutefois les accusations sont sérieuses:, il a utilisé ses prérogatives de locataire de la place Vendôme, pour faire pression sur des magistrats anti-corruption. Soutenu lors d’une allocution du chef de l’Etat, Emmanuel Macron qui affirmait à nos confrères de BFMTV que « la justice est une autorité pas un pouvoir , qu’il ne laisserait pas la justice devenir un pouvoir, ce dernier restera-t-il ministre?

Engagé à changer les règles, le candidat Macron s’était aussi engagé à ne pas laisser en place un ministre mis en examen. Alors appliquera-t-il la jurisprudence « Balladur », qui oblige tous ministres en place à démissionner? Pour être cohérent avec ses promesses de camapagne, le locataire de l’Elysée devrait demander la démission de son ministre. Mais rien n’est moins sûre. Et d’ailleurs qui pourrait remplacer celui qui a suscité un nouvel espoir pour la justice? Celui qui malgré les critiques, sait remettre à sa place un autre ténor du gouvrnement, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin?
Aucune démission à l’étude
Pour le moment, aucune démission ne serait à l’étude. Et les Français participent encore à un renconcement de promesses de l’homme qui oublie qu’en plus d’être une autorité, la justice est bel et ment bien un pouvoir inscrit comme tel dans notre constitution: le pouvoir judiciaire. Et c’est bien la preuve que c’est un pouvoir, puisque même son patron, peut être inquiété.
Rappelons un peu comment tout est arrivé: il y a un an, en juillet 2020, dès son arrivée place Vendôme, le cador des avocats, ouvre des poursuites administratives à l’encontre de trois procureurs du Parquet national financier. Ces derniers enquêtaient sur l’affaire « Bismuth » incriminant Nicolas Sarkozy. Et pour ce faire, ils avaient examinées des facturations téléphoniques d’avocats, dont Eric Dupont-Moretti. Et là commença la guerre contre les trois magistrats. De la dénonciation médiatique à l’implication contre ces derniers, ce dernier ne parviendra pas à faire oublier pour autant, qu’il a été vuen vacances en compagnie de maitre Herzog, et ce dans les colonnes de Paris-Match, selon nos confrères de Mediapart.
D’autres faits lui sont imputés selon Mediapart. Mais ce qui nous intéresse ici, c’est la situation particulière: un ministre de la justice qui est mis en examen. Même si rien n’est encore terminé à ce stade, cela entâche encore un peu plus le gouvernement. Et comme il semblerait que l’accusé reste en poste, ça laisse également un doute sur l’Etat de droit de notre pays. Avec des prises de décisions unilatérales sur la généralisation du pass vaccinal, l’annonce du maintien de la future réforme des retraites, ce dossier vient confirmer au peuple français sa défiance au président de la République.
La Macronie vacille encore. Tandis que les Français sont en colère et ne veulent pas de divisions entre eux, à Clermont-Ferrand, les habitants se mobiliseront donc demain à 14 h pour dénoncer la généralisation du pass sanitaire, place de Jaude.
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