
Il existait un temps où la gauche dénonçait toutes les tortures, les violences , les guerres quelques soient les pays concernés, mais aujourd’hui tout a changé, notamment sur la géopolitique en Irak, en Syrie ou en Turquie. Nos chers représentants dit « humanistes » du Parti Socialiste à la LFI, se sont réjouis d’un accord entre ce qu’on appelle le monde libre (Occident) et l’Iran. Pourtant, nos confrères du Courrier International expliquent l’erreur de ces défenseurs des libertés qui soutiennent pourtant des régimes dictatoriaux.
Le 14 juillet 2015, les cinq Etats membres permanents de l’ONU, l’Union européenne, l’Allemagne et l’Iran s’accordent à Vienne pour encadrer le programme nucléaire de l’Iran. Ban Ki Moon qui était encore à l’époque secrétaire générale des Nations-Unis espérait y voir une meilleure coopération internationale sur les questions de sécurités au Proche Orient. Ce qui frappe, c’est que le démocrate Barack Obama, aux commandes de la première puissance mondiale à l’époque, a été à l’inititiave d’un projet qui rendait le tyran iranien Mahmoud Ahmadinedjad fréquentable.
Un tyran encensé
Et en Syrie, Bachar el Assad qui faisait massacrer son peuple à la même époque était encensé par les personnalités de gauche. La lutte ardente contre l’impérialisme américain de la gauche traditionnelle a fait oublier les autres impérialismes. A chaque fois qu’on permet de ne pas sanctionner un dirigeant hostile à l’Occident, on en oublie que ce dirigeant n’en demeure pas moins un dicateur implacable. Le soutien inaltérable d’un certain nombre de militants ou de dirigeants de gauche aux dictateurs iraniens, syriens ou même turcs surprend. En effet, ces personnages intégristes, niant le droit des femmes, prônant un islam radical et n’hésitant pas à menacer violemment leurs opposants, sont pourtant rarement contestés par les défenseurs de Droits de l’Homme. Comment dès lors expliquer ce phénomène qui frappe ?
L’intellectuel syrien Yassin-Haj Saleh, explique qu’il a rencontré un jour à Istanbul, un communiste turc qui a tenté de lui xpliquer le conflit…syrien. Et ce qui le frappe, c’est que ça se répète avec des Allemands, des Britannique ou des Américaines. Tous ont essayé de le convaincre qu’Assad était un anti-impérialiste. Et l’intellectuel syrien poursuit : « Ces derniers ont une approche qui repose sur trois points- le discours géopolitique, qui a pour principale préoccupation la stabilité régionale. Deuxièmement, le discours culturaliste, qui se focalise sur l’Islam, l’islamisme, le terrorisme et le droit des minorités. Troisièmement, il y a le discours droits-de-l’hommisme qui considère d’abord les Syriens comme des victimes (victimes de tortures, réfugiés), mais qui ne ss’attarde guère sur la dimension politique et sociale de leur lutte ». Selon l’intellectuel les deux premiers discours sont ceux de la droite, et le dernier c’est celui qui nous intéresse ici, c’est celui de la gauche.
Et pour le penseur syrien le problème de cette famille politique est qu’elle n’approfondit pas beaucoup son analyse. Elle se contente de ne voir que l’anti-impérialisme au travers d’un Israel occupant une partie du territoire syrien, donc sa vision se résume: Bachar el Assad, défend son territoire de son oppresseur israelien. Et du coup cet homme est un leader de la liberté, et Israeliens et Américains sont les méchants capitalistes. Voilà comment donc à travers une vision qui ne prend pas en compte les aspirations des peuples, les « donneurs de leçon », ne vont pas chercher à défendre les victimes du régime tyrnannique. La lutte pour la démocratie devient moindre, seule la question territoriale compte pour ces droits-de-l’hommistes patentés, d’après cet intellectuel, qui va jusqu’à affirmer que la gauche occidentale ferme les yeux sur les crimes abominables du régime syrien. D’ailleurs cette même gauche fait de même face au Hamas. En 2015, Ammesty International publiait dans un rapport un fait grave: l’organisation terroriste en 2013 a torturé et exécuté 23 Palestiniens, et elle aurait également enlevé et agressé des opposants du Fatah, anciens agents des forces de Sécurité de l’Autorité palestinienne. Si Europe 1 évoque à l’antenne cette information, elle ne sera toutefois pas relayée par les autres médias. Et absolument pas commenté par les dirigeants de la gauche. Alors qu’on constate pourtant que tous les faits d’Israel sont commentés avec véhémence. L’organisation humantaire parle pourtant de crimes de guerre: aucun militant ne défilera dans la rue pour demander que la Cour Internationale pénale (CPI) n’intervienne.
Pris à tort pour des anti-impérialistes
Bachar-el Assad est quant à lui responsable de pas moins de 380 000 morts et de millions de déplacés, selon l’Express du 15 mars 2020 . Après dix ans de crise, ces Syriens ont été déplacés en Turquie, en Jordanie, au Liban et en Occident. Et pour preuve que le dirigeant syrien n’est pas un anti-impéraliste: il a mis en place un système de discrimination envers les plus pauvres du pays. Et en période de pandémie, ces maheureux syriens sont laissés à eux même sans aide du gouvernement. Ils perdent espoir selon Urgence Syrie. A-t-on beaucoup de manifestations de droits-de-l’hommistes pour dénoncer leurs conditions dûs à leur dirigeant? Bien moins en tous cas que de manifestations pour la cause palestinienne ou plutôt anti-isralienne. Mieux que cela, on a des militants de la gauche radicale qui accusent l’Occident de cette crise. Que le jeu géo-stratégique au début des années 2000 a favorisé le maintien de Al-Assad, il est presque certain. Bien qu’encore pour le coup, la Russie et la Chine en sont beaucoup plus responsables. Car ces deux puissances pour assoier leurs propres intérêts ont su menacer voir parfois mettre leur veto (la Russie notamment) contre une intervention pour chasser le tyran. Dans l’absolu, il est clair qu’une intervention militaire , surtout en période de covid-19, apporterait plus de dégâts qu’autre chose.
Mais l’ennui, c’est que derrière le veto russe, des militants droit-de-lhommistes ont salué la Russie qui a décidé de ne pas agir pour sauver la population syrienne. Et ce qui frappe encore c’est que les reporters qui vont sur place, selon Saleh, ne sont pas solidaires. Ce dernier rappelle aussi aux anti-impérialistes que ce n’est pas dans les pays impérialistes qu’on peut être torturé, discriminé légalement. Et le légalement est important. Cela peut arriver parfois que les autorités policières dérapent aux Etats-Unis (cf George Floyd ) et en France (cf Michel Zecler). Mais les medias ont couvert largement, et les auteurs de violence sont passés devant la justice. En Syrie, en Palestine ou en Iran, ça ne se passe pas ainsi. Les peuples oppressés en ont marre de ce silence assourdissant de la gauche et des médias occidentaux sur la lutte pour la démocratie . Alors que les Syriens eux-mêmes appellent à un changement de régime, les communistes, socialistes, Verts et autre groupe de gauche du « monde libre » y voient une manipulation des impéralistes. Ce qui n’est malheureusemnt pas toujours faux, soyons clairs. On le voit en Afrique (Mali, Libye entre autres), en Irak avec deux guerres (1991) et (2003). Comment alors dans tout cela tenir un discours médian, acceptable pour tous?
Soutenir les aspirations démocratiques des peuples opressés
Pour la droite, le problème ne serait que culturel et géopolitique. Et il est certain que cela ne peut être une vision humaniste qui peut faire avancer le débat. En effet, faire croire aux gens que il faut s’installer sur place pour imposer la paix et détruire l’islamisme ne peut être crédible. Aucune intervention au Moyen Orient a vraiment permis aux habitants de vivre dignement. Car les régimes mis en place par les Occidentaux se sont révélés brutaux et ont conduit a toujours plus de violence (ex de Sadam Hussein, Khadafi). Les dirigeants s’affranchissent des dominations de leurs « marionnettistes » en coupant leur fil à travers une contestation contre eux, en les traitant d’impérialistes. Et en plus, ils le font à juste titre! Mais, ils finissent en général mal, sans que leur population trouve le repos et le confort que les populations occidentales ont. La Libye, l’Irak sont ravagés, instables et l’islamisme et la pauvreté y sont depuis trop longtemps. Aujourd’hui les troupes étrangères quittent sous a première impulsion de D. Trump le Moyen Orient. Et pour le Mali, c’est Macron qui a annoncé récemment la fin de la Mission Barkhane. La gauche crie victoire et c’est vrai que les armées impérialistes occupent plus qu’elles ne libèrent vraiment.
Et pourtant, les populations sur place continuent de souffir, de se battre pour la démocratie comme Yassin Al Haj Saleh l’explique pour la Syrie. Le discours serait donc de soutenir les aspirations des peuples du Moyen Orient à lutter contre la pour la paix, l’égalité, la justice sociale. Les medias doivent donc apporter cet éclairage comme le Courrier International ou l’Eclair d’Auvergne. Les journalistes, surtout quand ils travaillent dans de gros groupes de presse et qu’ils sont bien rémunérés ne devraient-ils pas confronter un peu plus les opinions? Peut-on vraiment lutter contre l’impérialisme si on ne reconnait pas les dictatures locales? Il est peut-être temps de ne plus soutenir des traités entre les puissances occidentales et l’Iran et d’aider les Iraniens à s’émanciper par eux-mêmes sans intervention militaire. Déjà en redonnant la parole aux personnes qui vivent dans ces zones de guerre, de pauvreté, de misère. Ensuite, considérer que les sachant c’est eux, pas nous. Et enfin, à ouvrir nos yeux sur les réalités du monde, en ne fermant plus les yeux sur ce qui nous dérange, met en danger ce qu’on pense par tradition politique. C’est en substance, ce que préconise Yassin Al-Haj Saleh.
Et vous, chers lecteurs qu’en pensez-vous?
Pour continuer sur le sujet:
https://souriahouria.com/a-nos-ennemis-anti-imperialistes-par-pascal-fenaux/
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