
Quelques uns des salariés motivés sur le site de Gerzat
Seize mois et maintes péripéties plus tard, des salariés syndiqués de Luxfer tiennent encore vigoureusement l’usine gerzatoise, anciennement Péchiney . Elles et ils se battent pour le maintien de leur activité mondialement reconnue.
Luxfer est une entreprise britannique qui produit tous types de bouteilles de gaz pour les hôpitaux, les pompiers sur le territoire et à l’international. Son site français , situé sur la commune de Gerza était composé de 136 salariés, avant sa fermeture, en mai dernier.

Axel , Phil et Adrien, ex- salariés expliquent » l’entreprise faisait du chiffres, avait un carnet de commandes rempli, nous sommes la seule usine à faire ces produits, la fermeture n’ a pas de sens ». La réponse face à cela des patrons dUne concurrence ? On est en droit de s’interroger. Luxfer est de loin le premier en terme de concurrence dans toute l’Europe. En fait d’après les salariés, c’est toujours la question de faire plus de bénéfices.
« C’est la qualité du produit qui rsique d’en pâtir »
« C’est la qualité du produit qui risque de pâtir de l’arrêt de l’usine » comme l’explique Axel Peronczyk. En effet, « des clients iront ailleurs. Mais ils ne trouveront pas, ils iront de nouveau à Luxfer mais à l usine de Nottingham qui leur proposera des produits de moins bonne qualité plus cher. À Gerzat, les produits sont adaptés à la clientèle tant au niveau du poids, des alliages, de la praticité » . Adrien et Axel disent aussi » les produits qui seront faits dans l’autre usine seront plus lourds, de moins longue autonomie et à bas coûts de production ».
En vérité, nous apprenons également que de fait les personnes handicapées, âgées ne pourront plus manier ces bouteilles, par exemple appareils pour la respiration. Quant aux pompiers , avec des bouteilles plus lourdes ils auront eux aussi un réel problème pour leurs interventions. Les risques de défauts de fabrication seront accrus. On vendra des produits de mauvaise qualité mais personne n’y pourra rien. Luxfer restera seul sur le marché.
Tout cela inquiète les salariés restant sur le site. Ce n’est pas seulement pour leurs propres situations que les occupants jour et nuit de l’usine se battent. Il sont solidaires des Ascoval, Vallourec, Aubert et Duval, Trelleborg et bien d’autres. Les salariés tiennent bon et ne baissent pas leur garde depuis ces 16 derniers mois. Ils en ont connu des péripéties depuis fin novembre 2018 où la direction britannique annonce au 136 salariés la fermeture pour mai de l’entreprise en France.
« L’incompréhension a été totale »explique Axel Peronczyk . « Si l’entreprise avait des difficultés financières, on aurait mieux accepté, poursuit le représentant CGT. »le cahier des commandes était rempli et le chiffre d’affaires est là », déplore le syndicaliste. Une envie de faire encore plus de bénéfices est confirmée tout au long des échanges .
Une fermeture qui prend de cours

Axel et Adrien ainsi que Phil et d’autres salariés nous expliquent comment cette direction a présenté cette fermeture sans crier gare. Luxfer travaille l’aluminium et en France depuis que le groupe a racheté le Français Péchiney, le site de Gerzat est la seule usine a produire les bouteilles de gaz, les cylindres et appareils pour l’armée. Au niveau concurrentiel, Luxfer est sans égale elle fabrique des outils de qualité reconnu de tous et permettant à nos hôpitaux et à nos pompiers d’être ravitaillés . Luxfer participe donc à ce que les patients en insuffisance respiratoire soit soigné grâce aux bouteilles à oxygène.
Quand un matin de fin novembre, la direction arrive pour annoncer que le site allait fermer le motif n’est pas très clair. Il est barraguiné un prétexte de concurrence, selon les salariés restant pour garder le site. Les représentants CGT et CFDT comprennent vite que les actions en bourses du groupe britannique n ont pas permis aux patrons britanniques basés à Nottingham de faire autant de bénéfices qu’ils voulaient. L’ennui en revanche c’est que le motif économique ne peut être invoqué compte tenu les millions de chiffres d’affaires et le carnet de commandes totalement plein. A partir de là les 136 salariés vont se battre avec Axel Peronczyk à leur tête.
L’inspection du travail en janvier 2019 leur donnera raison. Ils vont connaître une belle victoire mais cela ne sera que le début d’ une longue bataille.
Le combat se met en marche

L’usine employait 136 salariés avec des personnes avec plus de 25 ans de boîte. Le désarroi est là: comment pour les plus anciens retrouver du travail? Les salariés se pourvoient aux Prudhommes alors que la direction fera de la pression, des menaces et des insultes aux salariés lors des premières occupations de L’usine. Le manager de transition délégué par la direction est un homme aux dires des salariés occupants le site »qui prend plaisir à virer des salariés ». Des plans peu avantageux pour les salariés sont proposés tandis que un certain nombre d’entre eux proposent un projet de reprise en Scop( entreprise coopérative) validée par les professionnels du secteur mais rejeté par la direction et l’ État.
Alors que l’ Inspection et la Direction du Travail cassent la décision des patrons de licenciements pour raison économique du fait d’ une compétitivité avérée de l’entreprise, le cabinet du ministère du Travail ne suivra pas. Les 14 salariés protégés occupent l’usine depuis le 20 janvier pour empêcher la direction de venir détruire le matériel . Les patrons n ont pas hésité à venir au matin du 20 janvier avec des bulldozers prêts à tout détruire arrêtés dans leur élan par les salariés. Ce site pourtant est un site contenant du matériel dangereux qui en cas d explosion pourrait faire quasiment autant dégâts qu’ AZF . Les liquides étant susceptibles de s’écouler dans le ruisseau alentour.
Les dirigeants voulaient tout détruire afin que les occupants ne puissent refaire partir. Cette direction qui n’ a pas hésité à espionner , à humilier les ouvriers défendant l’entreprise qui se battant pour retrouver des repreneurs. Il y a eu des repreneurs. Mais, ils ont dû décliner à cause d’une mauvaise santé financière. Au début de l’accoupation, seulement, 15% des ouvriers ont retrouvé du travail. Les représentants syndicaux se déplacent encore régulièrement pour démarcher de potentiels entreprises pour reprendre le site.
Une direction devenue illégitime
Le projet de Scop aurait permis de garantir 55 emplois. Mais la direction britannique au lieu de s’en intéresser , n’a tenu ses engagements de reclassement et a passé son temps à insulter et harceler les 14 représentants. Selon les salariés interrogés, elle aurait même provoquer un risque environnemental, sanitaire et sécuritaire, évité par les salariés.
» Les patrons ne connaissent eux mêmes pas les composants toxiques présents sur le site et sont parfaitement incompétents », explique, Axel Peronczyk. « En voulant placer en bourses l’ entreprise a voulu jouer dans la cour des plus gros qu’ eux ». Et les résultats ne sont pas ceux escomptés, soulignent les salariés présents. Pour autant le site de Gerzat est le seul en Europe qui produit ces produits. Et les décisions des britanniques peut mettre en péril tout le secteur médical en péril. C’est aussi la perte de ce marché au profit d’autres et rendre la France et l’Europe dépendant des Chinois ou des Américains. Ce choix est jugé irresponsable par les ouvriers résistants.
.L’Etat semblait ouvert à la revitalisation du site . Mais à ce jour, il ne donne pas de nouvelles. Le covid – 19 suspens toute avancée dans le dossier. Quant à la direction elle refuse d’acter les propositions de l’accord pourtant signé en février 2019. Mieux, elle impose de nouvelles tout à fait inacceptables:
– Elle interdit 90% d’ une production sur le marché même si c’est pas Luxfer qui produit
– Elle veut vendre ou détruire le matériel .
– elle veut revendre le terrain à un sans payer le coût d’assainissement dû à la pollution.
En définitive, les responsables, selon les représentants syndicaux, refusent toute possibilité de reprise du site des salariés mais même de repreneurs potentiels. Toutefois, les salariés restants y croient encore et leur lutte ne meurt pas.
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