Les « Luxfer » se sentent abandonnés par l’Etat.

L’usine gerzatoise en lutte est-elle vouée à fermer définitivement? La décision de l’Etat de soutenir la décision de la direction semble le faire craindre.

Luxfer, employait 136 salariés à Gerzat et malgré les bénéfices records, la direction britannique a décidé de procéder à une fermeture pour licenciement économique. C’est un coup de massue qui s’est abattu le 26 novembre 2018 pour les 136 salariés de l’usine. Ces derniers apprennent aussi que l Air Liquid et Linde, les deux plus gros clients de l’entreprise vont fermer en juin. A ce moment là la direction publie un communiqué de presse en invoquant »l’environnement dégradé et la concurrence ».

« Les extincteurs distribués aux pompiers de Paris et de Marseille ne seront plus fabriqués par Luxfer mais par des entreprises étrangères employant à des coûts plus bas », s’inquièttent es représentants CGT et CFDT. L’ État semble ne pas s’en intéresser et ne propose pas d’intervention. Là préfecture se contente de demander la délégation d’experts pour la dangerosité des matériaux contenus sur le site.

En verite c’est une délocalisation qui ne dit à peine son nom selon les salariés protégés qui défendent le site gerzatois.  » Dans la missive de la direction on pouvait y lire aussi »la nécessité de simplifier son outil industriel en reorganisant son activité » sur ses deux sites américain et britannique », racontent les représentants syndicaux.

Comme le rapportait nos confrères de Libération « c’était froid, sans aucune délicatesse  » , d’après un des 136 salariés de Luxfer. Pourtant le carnet de commandes était bien rempli confiait un autre salarié au service approvisonnements. La nouvelle a été si terrible que ce dernier a du être arrêté par son médecin qui voulait le soigner pour dépression.

De nombreux arrêts maladies avaient été signés. « Il faut les comprendre. Il y a un minimum de respect à avoir quand on veut virer les gens qui vont font gagner de l’argent pendant des années. Là ça juste été du mépris »s’indigne Axel Peronczyk, représentant CGT.

C’était il y a 14 mois. Les salariés ont continué de se battre et sont sur un projet de Scop avec les salariés restants protégés par leur statut syndical.

L’occupation de l’usine.

Alors que rien n’avançait du côté gouvernemental, 10 salariés protégés ont occupé le site de Gerzat à partir du lundi 20 janvier pour défendre leur outil de travail menacé de destruction par leur direction. Ainsi, ils parvinrent à faire partir les entreprises et ainsi à préserver le site d’ un risque sanitaire et écologique.

Les Renseignements généraux ont prévenu la Préfecture tandis que la direction a porté plainte contre les salariés. Les salariés restant sur le site portent un projet de reprise d’activité en Scop avec pour objectif de monter l’ effectif de 10 à 55 salariés. Ce projet avait été présenté avant noël , il était reconnu viable par les différents spécialistes . Pour se faire l’entreprise devait se diviser entre production de gaz et développement armement et aeronautique et les salariés vendre le site.

L’ensemble du mouvement social contre la réforme ainsi que les étudiants mobilisés ont soutenu les salariés de Luxfer, des courriers ont été envoyés à madame la Préfète ainsi qu’ au ministère du Travail. L’ Inspection du Travail a aussi invalidé les licenciements . Tout était bien partie selon m Borie pour obtenir une solution positive.

Pourtant, le gouvernement n’a pas suivi.

L’Etat abandonna Luxfer au profit des patrons anglais.

Le 10 février , le Ministère donne une réponse au courrier du 6 février aux salariés de Luxfer mobilisés pour leur droit et leur projet de rachat de l’entreprise.

Cette réponse n’est pas satisfaisante pour les salariés en lutte. » L’ Inspection du Travail avait donné un avis défavorable envers la direction britannique » expliquent ces derniers. Mais l’ État ne semble pas tenir compte de cela et ce malgré son engagement de réindustrialiser le pays.C’est l’incompréhension sur le site où quelques salariés sont mobilisés. « Alors que Luxfer était en situation de monopole et dégageait un excédent de 10 millions d’euros », s’indigne Axel. « L’ exécutif de notre pays a fait une fleur à une direction qui avait largement bénéficié déjà du CiCe », précise le répresentant syndical.

Malgré la décision défavorable des hautes instances, les représentants syndicaux continuent à se battre pour sauver l’emploi de l’entreprise en cherchant des repreneurs potentiels. Des salariés doivent aussi trouver un autre employeur.

Plus d’articles sur le sujet chez nos confrères:

https://industrie.usinenouvelle.com/fiche/etablissement/luxfer-gas-cylinders-sas-67610764

https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/04/18/coronavirus-luxfer-une-lutte-dans-l-air-du-temps_6036999_3234.html

https://region-aura.latribune.fr/strategie/2020-03-25/industrie-l-usine-de-bouteilles-d-oxygene-luxfer-peut-elle-renaitre-843263.html