Retour sur le festival du Courts-métrages, édition 2020.

Temps de rencontre avec des professionnels.

Le festival du Court- métrage s’est achevé samedi soir . Cette année, Le pays à l’honneur était la Pologne et le thème, l’agriculture. Malgré la crise sanitaire liée au coronivrus,cette 42 e édition a réuni 170 000 spectateurs.

Ce festival est le premier festival international de court- metrages. En terme d’ audience et de professionnels , le Festival du court metrages de Clermont-Ferrand est le second de France après le Festival de Cannes.

L’association « Sauve qui peut le court métrage « , organisatrice du Court Métrage, est un collectif qui organise églament des projections en soirée.

Ce sont q pas moins de 320 bénévoles qui ont permis de rendre cet évènement exceptionnel. Il y a eu également 3600 professionnels accrédités, 58 pays représentés et 54 films nationaux et 80 films internationaux projetés . De plus, les spectateurs ont pu découvrir 43 fictions françaises ( dont 11 films d’animation) et 14 documentaires internationaux et et 10 animations internationales .

L’émotion a été au rendez-vous avec le film international « The Present » ou avec l’animation française  » Mémorable » qui ont reçu respectivement le premier prix et le prix du public. Bruno Collet , le réalisateur français rennais a pu se remettre de sa déconvenue hollywoodienne en recevant le prix « effets spéciaux » ;

Le premier film international, raconte, avec doigté et simplicité, les relations difficiles entre Israël et la Palestine. « The present » relate la décision d’ un homme d’ acheter un frigo pour célébrer leur anniversaire de mariage. Il part avec sa fille mais en chemin ils sont contrôlés sévèrement et au retour, le contrôle s’avère plus difficile et c’est là petite fille qui sauve la situation. Tout ne sonne pas toujours juste mais les interprétations font mouche ainsi que le parti scénaristique non stigmatisant de part et d’autre.

Le second, Mémorable trace le quotidien d’un homme, un artiste peintre ayant la maladie d’Alzheimer et de son épouse qui reste à ses côtés pour le meilleur et parfois le pire. Film fin avec un graphisme particulier mais qui fait traverser le spectateur de la peur à la tristesse sans pour autant tomber dans le sordide.

. Des personnes aux sorties des projections avaient un arrière goût de désespoir parfois mais semblaient accuser l’état du monde. Et oui notre monde peu rassurant produit des fictions qui en sont le reflet. Le film the « Loyal Man » traduit un aspect de ce monde: l’ exploitation de migrants clandestin et le choix décisif d’un passeur de sauver une immigrante. Le film nous fait plonger dans la mafia tamoule de Paris. Un film de Lawrence Valin.

L’ Éclair d’ Auvergne a rencontré Philippe Wong , producteur d’ un court- métrage  » City Hunter », non présenté dans cette 42 e édition du Festival . Nous avons également rencontré Alessandro Di Gregorio. Nous vous livrons quelques extraits de ces échanges.

Échanges et rencontres

Filip Wong, est un realidateur et producteur d’ origine asiatique. Il nous parle de son dernier film.  » Il n’est pas diffusé à cause de son format » explique- t- il. Ce film semble pourtant promoteur, « City Hunter ». L’homme semble un puriste du célèbre manga qu’il a voulu adapter pour les trente ans. Un film qui relate les aventures de Ryo Saeba(Nicky Larson) . « A la différence du film de Philippe Lacheau, ce film est violent, sombre et retrace les relations avec la pègre asiatique, explique le réalisateur. « Ce film revient aux origines du premier épisode de Tsukasa Hosho.

Sans détour, il dénonce aussi le film de Lacheau qui selon lui « enlève complètement ce qui fait l’âme du manga original: la culture yamakusa ». Il n’est pas fan non plus des allusions au Club Dorothée.

Filip Wong poursuit l’entretien en évoquant les chorégraphes qui ont travaillé avec Steven Seagal et avec Luc Besson sur le film Valerian. Un film visuellement correct d’ après les critiques et qui a mis trois ans et demi de réalisation, affirme celui-ci. Pour le réalisateur et producteu: » le cinéma doit être un divertissement. »

Nous avons abordé avec lui d’autres sujets comme le greenwashing au cinéma qui est pour lui « insupportable », des valeurs familiales qui se perdent avec les immigrés qui intègrent pleinement la culture du pays d’adoption. Cette discussion nous a permis d’aborder plus largement la question de l’integration et aussi du racisme anti chinois en cette période de crise du coronavirus. « Le nom lui- même est raciste et fait réfèrence à la plante corona utilisé en Asie de couleur jaune » raconte le producteur.

A notre question sur la montée du racisme anti-asiatique il nous repond » dans un transport en commun j’étais assis et j’ai vu une personne qui en me voyant est allée s’asseoir ailleurs. » Le racisme à l’encontre des personnes asiatiques progresse de manière assez inquiétante. Et nous avons abordé également la question des banlieues. Et du traitement médiatique lamentable et de de la dégradation des conditions de vie, de la perte des repères des jeunes.

Nous nous sommes entretenus avec Alessandro Di Gregorio.Ce dernier présentait son film fiction faisant écho à la tragédie de Lampedusa le 3 octobre 2013. Cinq cent migrants africains avaient fait le voyage sur l’île italienne près de la Sicile. Au total, 366 d’entre eux avaient péri dans la Méditerranée.

Ce court-métrage conte la rencontre d’un fossoyeur et d’un plongeur qui recueille les corps. Il n’ a certes pas reçu les honneurs à Clermont-Ferrand mais les avait reçus à Moscou en 2018. Le réalisateur italien n’était pas un engagé au départ. « C’est en lisant le journal et en voyant la tragédie à la télé que l’idée du film m’est venu ».  » Il fallait que je montre ce qui se passe », explique le cinéaste.

Cette 42e édition est record de participation selon e président du festival, Jean-Claude Saurel. » Il pourrait se réitérer par l’achèvement de la nouvelle Comédie qui permettra de gagner deux autres salles. », souligne celui-ci. Cela permettra aussi la fin des files d’attente durant plus d’une heure parfois

Cependant,des salles comme le Petit Vélo ou Lumière sont moins fréquentées et interrogent responsables de sites et spectateurs. Comment les remplir de nouveau? Cette question a été souvent posée par des bénévoles soucieux de rendre ce festival encore plus réussi pour les autres années. Qu’est ce qui motive les personnes à venir plus à telles ou telles séances ou dans telles salles? Le climat? Le bouge à oreilles sur les films à voir ou pas? L’emploi du temps de chacun(e)? Les organisateurs ont un an pour y répondre.

De l’avis de toutes et tous, spectateurs, bénévoles, responsables de sites et professionnels du cinéma ce festival international du Court Métrage est un événement incontournable à Clermont-Ferrand. Brasseries et barakafrites sont également aux bénéfices de cet événement tant attendu chaque année. La soirée de clôture, instant de nostalgie et espoir d’une édition à venir encore plus festive chaque année a été cette année un grand moment.

Des rencontres entre anciens et nouveaux bénévoles sont autant de raisons que les échanges avec les professionnels, le plaisir de voir des séances entre amis ou en familles, que de soutenir ce festival à visage social et humain. Un festival populaire qui toutefois selon certain(e)s peut gagner encore de sa proximité avec l’ensemble des Clermontois . Des pistes seront encore à creuser en ce sens par la Ville de Clermont-Ferrand et les organisateurs de ce merveilleux événement.

Pour plus d’ infos sur le festival et la programmatique, événements :

http://www.clermont-filmfest.org

http://www.afca.asso.fr

Le dimanche fut également la fête des bénévoles, le repas célébrissime de Salusse. Moment de partage, de convivialité et dernières instants passés entre bénévoles et responsables.

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