Matzneff: une affaire de pédophilie « ordinaire ».

Nos confrères du Parisien ont pu joindre ce dimanche 29 septembre, l’auteur Gabriel Metzneff. Alors qu’il a pourtant publiquement tenu des propos pédophiles condamnables, ce dernier a répondu et évoque « des attaques injustes et excessives ».

Vanessa Springora, avait 14 ans , quand le prédateur sexuel auréolé de titre d’écrivain intouchable, a abusé d’elle. Oui nous disons bien abusé d’elle et non séduite comme le font certains nos confrères. Elle n’avait que 14 ans, elle était seule, c’était lors d’un diner parisien, au début des années 80. L’écriivain pédophile fait d’elle son « amoureuse » alors que lui, a déjà la cinquantaine. Pour Bernard Pivot qui a pris hier la parole sur l’affaire « il s’agissait d’une autre époque ».

Des propos douteux

Ces propos ne convainquent pas tout le monde, et notamment pas la toile des réseaux sociaux. Si le Ministre de la Culture Franck Riester a condamné aujourd’hui les moeurs de l’homme accusé, et défend les victimes de ce genre d’individus, pour autant des internautes sont indignés par le fait qu’on découvre ou feint de découvrir ce qui était dans les années 70- 80 assez banal. On ressent une certaine hypocrisie et on demande « justice ».

Le soutien d’un milieu littéraire parisien

On applaudit aussi Vanessa Springora, qui a à travers son livre « Consentement », dénonce l’homme qui ne s’était jamais caché de son appétences pour les mineurs de moins de seize ans, filles et garçons. Dans son livre, elle insiste sur les appuis que l’homme dans le milieu de la littérature parisienne avait. On se souviendra qu’il avait répondu en 1990 à Bernard Pivot, où toute le monde s’était amusé ,et avait été fasciné par les propos du prédateur sexuel hormis, une autre faute courageuse, Denise Bombardier, écrivaine québécoise.

Une pédophilie banalisée

L’homme expliquait une chose perçue sur le plateau comme normal, « une filles de 15 ans ou très jeune est plus gentille » en parlant bien entendu de relation amoureuse. En 1974, Gabriel Metzneff publiait « Les moins de seize ans » ou « Mes amours décomposés » en 1990. Des éditeurs acceptaient de vendre des œuvres ou l’auteur parlait de plaisir avec des enfants de moins de quinze ans.

Une pédophilie enfin dénoncée

Après les révélations d’Adèle Hanenel, une actrice, qui a mis en cause le réalisateur Christophe Ruggia et avant Flavie Flament qui leva le voile sur le photographe David Hamilton, la pédophilie semble enfin ne plus être une chose normale. Les élites, les intouchables , vont devoir rendre des comptes, du moins c’est ce qu’on aimerait . En effet, en France les actes s’étant produit il y a plus de trente ans ne sont plus condamnables par la loi. Mais les réseaux sociaux s’activent et la toute puissance de ces hommes de pouvoirs, s’effondre et on peut s’en réjouir.

Une femme qui peut faire la différence.

Vanessa Springora écrit selon nos confrères de la Dépêche « Depuis tant d’années , mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente comme une évidence: prendre le chasseur à son propre piège, l’enfer dans un livre ». Dans un monde de libertés sexuelles débridées, son livre à paraître (le 2 janvier) fait l’effet d’une bombe dans le microcosme parisien qui s’emballe à l’heure où l’on écrit et les autres victimes de ce prédateur se passant « tout-puissant » vont se manifester . Si son âge et nos lois ne lui permettront pas de passer sa vie en prison, une chose est désormais sûre sa notoriété elle en a pris un coup.

Pour autant comme le dit Denise Bombardier, qui avait aussi dénoncé trente ans plus tôt cet homme en parlant de » petites filles de 14 ou 15 ans qui ont été non seulement séduites mais qui ont aussi subi un abus de pouvoir », les victimes de cet homme sont flétries à vie.

La loi SCHIAPPA est elle amenée à évoluer vers une loi complète anti-pédophilie? Parler de consentement n’est-il pas déjà cautionner la pédophilie dans une certaine mesure? Ces jeunes filles mais et aussi jeunes garçons abusés par ces personnages influents sont-ils consentants ? Il demeure particulier même d’utiliser l’expression de séduction quand il s’agit ni plus ni moins d’abus sexuels sur mineurs de moins de 15 ans.

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