Une forte mobilisation à Clermont-Ferrand pour dire non au patriarcat et aux violences contre les femmes.

Ce lundi, 25 novembre, à Clermont-Ferrand 300 personnes se sont réunies, place de la Victoire, à l’appel du Collectif 8 mars, pour commémorer la « Journée internationale pour éliminer les violences faites aux femmes ». Ce rassemblement fait également écho au Grenelle contre les violences faites aux femmes, qui s’est tenu plus tôt dans la matinée à Matignon. Les personnes mobilisées sont partie en marche et ont fini à 800 à l’issue de la manifestation.

Ce sont des féministes, des citoyennes et des citoyens qui se sont mobilisés afin de dénoncer les violences faites aux femmes. Les mesures du gouvernement comme la création de places de centres d’hébergement supplémentaires vont de l’avis des personnes présentes dans le bon sens. Mais elles ne sont pas suffisantes de l’avis générale. « Je pense qu’on pourrait aussi demander à des propriétaires de mettre leur camping-car, utilisés que deux mois par an, à disposition des femmes victimes d’agressions », propose Anne-Lise, une jeune militante.

Ainsi les femmes victimes de violences conjugales pourront aller à leurs rendez vous (tribunaux, hôpital, refuge) en sécurité sans avoir a dépenser d’argent.

Des mesures dérisoires

Toutefois ces mesures paraissent dérisoires et l’investissement financier pour ces mesures fait grincer des dents. On peut lire sur un panneau « nous méritons 1 milliard »!

De plus, malgré des mesures concrètes , il semble que les femmes n’ont pas été entendues .

Les discussions dans les réunions politiques sont insoutenables pour certaines, et le chiffre de 137 femmes mortes sous le coup de leur conjoint, ne semble pas avoir trouvé vraiment de réponse pour d’autres.

Certes une prises en charge du compagnon violent semble être un bon début, car on a, cette impression que la toute puissance de l’intimité familiale, semble voler en éclat .

Toutefois ce que l’on retient surtout c’est l’absence de mesures préventives, mais aussi de mesures éducatives d’envergure et le nombre assez restreints de personnels formés par les nouvelles mesures.

Des mesures qui vont dans le bon sens quant à l’hébergement.

Anne-Lise, une militante propose pourtant d’aller plus loin en proposant à des propriétaires : » Il faudrait leur permettre d’avoir accès à des camping , à des cars utilisés souvent que deux mois par an à disposition pour les femmes battues ou les femmes à la rue victimes anonymes des violences à leur encontre » . Elle explique que cela serait un moyen de les loger.

La non réquisition des bâtiments vacants municipaux de Clermont-Ferrand, n’est pas abordée par la municipalité clermontoise. Ni par l’ État à l’échelon national.

Du personnel sera formé et mis en place . Une militante témoigne qu’une amie à elle a été mal reçue par les agents médico-légaux qui lui ont demande »mais que faisiez vous à cet endroit toute seule »?

Ainsi le Grenelle ne semble pas avoir pris en compte la formation de ce personnel que rencontre la femme victime de violences sexuelles ou physiques.

D’autres femmes rappellent aussi que malgré les mesures prises, on peut noter la baisse de dotations pour le Planning familial. Alors que doit-on retenir au final de ce ce Grenelle et de sa trentaine de mesures?

Une première étape mais surtout un blabla pour les personnes mobilisées. Le gouvernement ne remet pas directement en cause ce qui a été vivement scandé « le patriarcat ». Dans les faibles mesures éducatives comme la formation des enseignants et l’instauration d’un conseil de la vie collégienne (ou lycéenne), on note pas vraiment de mesures comme l’ABCD de l’égalité.

Les hommes et femmes engagées durant cette marche nocturne, ont pu montrer leur envie d’aller plus loin, de remettre en cause les consciences, la société qui ne permet pas aux femmes d’avoir le même salaire que les hommes, que les femmes restent toujours victimes de stéréotypes mais aussi de rappeler que la « route est encore longue » afin d’obtenir une société plus juste et égalitaire.

Il s’agit, d’après les mobilisés, de créer une révolution des consciences, qui prendrait pour des militants, la forme d’une remise totale du modèle néo-libéral et de recréer des solidarités populaires et citoyennes.

Une mobilisation en hausse

Karine Plassard, chargée de mission Egalité des droits

Huit cent personnes est un nombre qui fait plaisir. Karine Plassard, chargée de mission à la mairie de Clermont-Ferrand , souligne sa joie en et se souvient:  » J’ai fait des manifestations par le passé à vingt personnes ». Cette mobilisation est une belle mobilisation, dans laquelle des personnes habituées ont été présentes, mais aussi des personnes qui en ont moins l’habitude.

Des hommes comme Paul ou Simon se disent « concernés, féministes, et engagés pour l’égalité » et Manon explique  » je suis en accord avec les panneaux et les slogans ».

Le patriarcat ,les inégalités, les manifestants n’en veulent plus et l’ont exprimé dans la bonne humeur, le pacifisme et l’espoir d’une société meilleure. Les chants étaient rythmés, divers et variés, très frais, porteurs d’une colère mais d’un message positif de vivre ensemble.

Pour aller plus loin.

Aujourd’hui 137 femmes ont été tuées par un conjoint ou ex conjoint en France.

100% des femmes et jeunes filles ont, en France, subi harcèlements, violences, discriminations, insultes, des gestes déplacés ou des regards insistants dans les transports (l’Express).

93 000 femmes violées en 2018 de 18 à 75 ans (Libé, janvier 2019).

85% des femmes qui se prostituent sont des femmes et 38% d’entre elles ont subi au moins un viol dans leur vie. (Haut Conseil égalité)

En 2018, une étude dans le Parisien rappelle que 12% des femmes ont été violées au moins une fois.

Sur l’ensemble des femmes violées ou agressées, seulement 10% seulement portent plainte.

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