
Rassemblement en hommage à Anas, un étudiant précaire qui s’est immolé.
Depuis quelques années déjà les conditions de vie étudiante dégradent. Vendredi dernier, un étudiant de Lyon 2 s’est immolé suite à un refus du Crous de lui accorder une aide d’urgence. Plus d’une centaine de personnes, camarades , syndicalistes Solidaires et Unef et citoyens clermontois se sont réunis, mardi 12 novembre, devant le Crous de Clermont-Ferrand pour interpeller l’Etat sur la précarisation de la vie étudiante.
Drapeaux, banderoles, slogans de ses camarades de Solidaires, renforcent le caractère politique de ce rassemblement. Cet étudiant , militant, était dans une situation très précaire. Brûlé à 90%, il reste dans un état grave. Anas avait écrit une dernière lettre à ceux qu’il juge coupables: » J’accuse Macron, Hollande, Sarksozy et l’UE de m’avoir tué ».
Des milliers d’étudiants sont actuellement mobilisés à travers la France pour exprimer leur soutien à Anas et interpeller le pouvoir qui ne s’est à ce jour pas encore prononcé sur la précarisation étudiante.
Dénonçant des « violences « , l’Etat ne s’est pas exprimé sur le fond de la crise dans les universités, qui chaque année perd de sa dotation publique.
Une Etat sourd à la misère des étudiants.
L’observatoire national du suicide enregistre 20% d’étudiants auraient des envies suicidaires et 6 et 9% passeraient à l’acte.
Doit-on rappeler la hausse des frais d’inscription des étudiants étrangers, l’augmentation des loyers en résidence universitaire, et la progression du nombre d’étudiants mangeant aux soupes populaires ? « A Clermont-Ferrand, c’est une quarantaine d’étudiants qui dorment à la rue », selon Paco, syndicaliste à l’Unef-Auvergne.
Ce mouvement réclame des mesures rapides soient prises par le gouvernement afin de mettre un terme à la paupérisation étudiante, conduisant à de tels drames.
« Les budgets ont été baissés à tel point qu’ il n’y a plus un service social digne de ce nom », déplore la présidente de Lyon 2. Comme les représentants syndicaux étudiants, elle réclame le retour de moyens alloués aux universités.
» On n’oublie pas, on ne pardonne pas », « Hollande, Sarko, Macron responsables », scandent les manifestants devant le Crous. Venus dénoncer la société de profits qui marchandise l’éducation, étudiants, professeurs, syndiqués et personnels sont en colère.
Des solutions sont possibles
La raréfaction des logements étudiants, le coût des logements non conventionnés Crous et des logements vides qui ne sont pas mis à la disposition des étudiants mais loués sur Air’bnb’sont autant de raison de la paupérisation des étudiants.
Face à cette crise sociale, l’unef propose des pistes comme le pré-salaire ou la généralisation des bourses à tous les étudiants pour endiguer cette situation qui conduit chaque année des milliers d’étudiants au Secours populaire, ou aux Testos du Coeur. L’organisation syndicale propose également la construction, la rénovation et la réquisition des logements vides. A Clermont-Ferrand, le service social fonctionne mais ce n’est pas le cas partout, comme l’indique la présidente de Lyon2.
Etre visibles

Les mobilisés expliquent qu’ils sont là aussi pour être visilbes. Le cas d’Anas n’est pas le seul, la « précarité tue » comme, l’indique certains panneaux. « La couverture médiatique n’est pas assez forte » selon les militants de Solidaires63. « Les étudiant ne sont pas des privilégiés », selon leurs représentants. C’est ce message que le mouvement veut diffuser.
L’absence de réponses de l’Etat à ce jour veut-il dire que la France ne voudrait-elle plus de ses étudiants?
Ping : La lutte contre la précarité étudiante s’organise à Clermont-Ferrand. – L'ÉCLAIR D'AUVERGNE